Marchés

Le lavage se fait « smart »

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La révolution des objets connectés n’épargne pas le Gem, le lavage en particulier. Une tendance qui ne doit pas faire oublier les « basiques » : offrir un nettoyage parfait, sans abîmer, et de la praticité. Les fabricants développent des appareils « intelligents ».

C’était une question d’honneur chez Samsung : « Nous voulions être les premiers à lancer du gros électroménager connecté », raconte Elen Taché-Corvoisier, chef de produit lavage de la filiale française du fabricant coréen. Un pari réussi en avril dernier avec la sortie en France de Crystal Blue, la première machine à laver pilotable à distance via un smartphone. Un mois plus tard, LG ripostait en présentant, en Corée, un lave-linge également pilotable à distance, mais capable, en plus, d’échanger des SMS avec son propriétaire, en ajoutant même des smileys !

Le connecté, nouvelle révolution dans le lavage ? « Nous y croyons et y viendrons dès 2015 en Allemagne, avec une solution connectée assortie d’une fonction de diagnostic en cas de panne. Le connecté ne doit pas être un gadget », répond Christophe Richez, chef de produits senior en charge du lavage et du froid chez BSH (Bosch, Siemens…). Une certitude que partage Yan Martial, directeur des marques et de l’innovation au sein de Whirlpool : « Au-delà de la connexion à distance, ces appareils “smart” doivent apporter une vraie valeur ajoutée. Nous voulons faire de nos appareils des “super-assistants”. » Le groupe américain lancera début 2015 en France la gamme 6e Sens Live, qui regroupera un lave-linge, un sèche-linge, un lave-vaisselle et un réfrigérateur connectés à une seule application permettant de les piloter à distance, mais aussi de renseigner différents critères (comme le tri par couleurs du linge) pour trouver le programme adéquat, et même de faire communiquer les appareils entre eux, le lave-linge indiquant, par exemple, le poids du linge qu’il vient de laver au sèche-linge.

Dépannage à distance

« L’application permettra aussi de faciliter la prise en charge en cas de panne et, comme les notices sont très peu lues, proposera des tutoriels en vidéo », poursuit Yan Martial.

Haier et LG ne sont pas en reste : alors que le premier a dévoilé en Chine une machine à laver connectée, le second développe sa technologie NFC, lancée dès 2012, permettant notamment de diagnostiquer les pannes à distance ou de télécharger des programmes de lavage spécifiques. « Mais il faut trouver les bons bénéfices d’usage. Et, surtout, ne pas oublier les fondamentaux du marché », note Raphaël Visseyrias, directeur de la division Home Appliance pour LG France.

Parmi les « basiques » du marché, l’efficacité et la facilité du lavage priment sur la connexion. « Si notre machine Crystal Blue a bien été accueillie, c’est aussi grâce à son système de dosage automatique, qui s’adapte au degré de salissure du linge, mesuré par des capteurs, en analysant le trouble de l’eau. Cette technologie était déjà utilisée pour les lave-vaisselle, mais nous l’avons étendue aux lave-linge », reconnaît Elen Taché-Corvoisier.

 

Souci de délicatesse

Une idée aussi développée par BSH pour sa gamme iQ700 de Siemens, connectée et bourrée de capteurs pour choisir automatiquement le meilleur programme. De quoi entrer davantage dans l’ère des appareils « smart » plutôt que des simples produits à smartphone.

Si la facilité d’usage et l’efficacité restent les principaux leviers d’achat, encore faut-il ne pas abîmer la vaisselle ou le linge ! Chez Electrolux, on garantit un lavage et un séchage parfaits de tous types de vêtements, même les plus délicats. « Lancée sous notre marque AEG, la machine lavante-séchante Okokombi sèche à basse température : on peut y déposer même les vêtements interdits de sèche-linge, comme la laine vierge », détaille Léa Ving, chef de produit soin du linge chez Electrolux. Le groupe suédois décline ce souci de délicatesse en lave-vaisselle avec la sortie, au printemps dernier, de Real Life XXL : un lave-vaisselle accueillant jusqu’à quinze couverts, et disposant de grips souples en plastique bleu pour enserrer le pied des verres à vin et autres flûtes à champagne. Une trouvaille, certes, loin du connecté, mais qui parle aux consommateurs ! « Nous planchons pour 2015 sur un mécanisme permettant de rehausser le panier inférieur afin d’éviter à l’utilisateur de se baisser pour charger son lave-vaisselle », ajoute Charles Leroy, chef de produit lave-­vaisselle chez Electrolux.

Autre axe traditionnel, le silence devient la norme. Whirlpool étendra l’an prochain à ses lave-linge à hublot son système « zen », tandis que BSH, détenteur du record de silence en lave-vaisselle (38?dB), démocratise sa technologie. « Pour les 50 ans de Bosch en lave-vaisselle, nous lançons un modèle plus accessible, à 40?dB, soutenu en publicité télévisée », annonce Laura Macchiavelli, chef de produit lave-vaisselle chez BSH.

Économie de temps

Même Beko s’y met et a présenté au printemps dernier un lave-linge de grande capacité (11?kg), à 69?dB en mode essorage. « Ce n’est pas le plus silencieux, mais nous passons ainsi sous la barre des 70?dB, avec un appareil également équipé d’un programme vapeur qui réduit de 30 % le temps de repassage », observe Valérie Rousseau, directrice de la communication de Beko. La marque turque, qui inaugure ses premiers spots télévisés, met aussi en avant son programme ultrarapide, qui lave 2?kg de linge en quatorze minutes seulement.

Gain de temps aussi chez LG, avec son programme TurboWash lavant 5?kg de linge en cinquante-neuf minutes. « Il permet, en plus, d’économiser 40 % d’eau, soit 31 litres par cycle », précise Raphaël Visseyrias.

Les économies d’énergie, autres leviers d’innovation, se démocratisent aussi. Alors que Beko étend sa gamme de sèche-linge avec pompe à chaleur, et de lave-­vaisselle économes en eau avec un modèle n’utilisant que 6 litres, Haier utilise moins d’électricité : « Notre gamme Intelius propose une machine de classe A+++ - 50%, et comptera en 2015 un sèche-linge A+++ - 10%, la meilleure classe du marché », confirme Élodie Verplancke, chef de produit lavage. Le chinois continue aussi à capitaliser sur son traitement bleu anti­bactérien, devenu sa signature. Le créneau des anti­allergènes intéresse également les acteurs historiques, comme BSH. « C’est un axe majeur pour nous : un institut d’études allemand a ainsi prévu que 50 % de la population sera allergique en 2030 », rapporte Christophe Richez. Une nouvelle révolution...

Véronique Yvernault

 

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