Le légume bio démarre doucement

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Malgré l'insuffisance de la production, quelques marques développent les gammes réclamées par une partie des consommateurs.

Apremière vue, c'est parti. Fin 1995, 3 500 hectares étaient alloués à la production de légumes bio. À la fin de l'année, on devrait atteindre 8 000 hectares. Les légumes bio ne représenteront pourtant que 0,5 % de la consommation totale de légumes dans l'Hexagone. Malgré les attentes des consommateurs : une étude récente place le légume en tête des produits bio les plus sollicités, devant les oeufs et les yaourts.

Au-delà de la structure même des producteurs - les maraîchers concernés ici travaillent sur des surfaces moyennes trop faibles (environ 3 ha) -, les freins semblent relever d'incertitudes sur la rentabilité : « Les essais sont restés sans suite, explique Frédéric Escalle, directeur général de Saveurs des Clos, un groupement de producteurs roussillonnais (salades, concombres, tomates). Les problèmes techniques sont trop importants et la rémunération trop faible pour que nos adhérents s'y engagent. » Même constat chez le champenois Parmentine, spécialiste de la pomme de terre, où l'on dit avoir stoppé l'expérience pour « une question de non-rentabilité ».

Prince de Bretagne y croit

Ces arguments tranchent avec ceux tenus chez Prince de Bretagne, l'une des rares entreprises d'envergure à faire du légume bio un axe stratégique à part entière sous la marque Carte Tradition. Gwenaëlle Royant, responsable de cette gamme, estime que « la fragilité en linéaires est une accusation infondée. Le taux de matière sèche d'un légume bio est supérieur à celui d'un légume conventionnel, ce qui lui assure au contraire une meilleure conservation ». Le développement supposé de mycotoxines pathogènes pour l'homme ? « Les études démontrent que les conditions de production ne sont pas en cause. Lorsque des champignons apparaissent, c'est sur des produits stockés dans de mauvaises conditions. »

Reste la question de la rentabilité. Chez Prince de Bretagne, Marie-Laure Erhel, responsable technique, apporte des précisions : « Les rendements obtenus en bio sont effectivement inférieurs, de 15 à 50 % selon le cas, à ceux du conventionnel. Mais, surtout, ils sont plus fluctuants. Un champ de pommes de terre attaqué très tôt par le mildiou peut, par exemple, donner un rendement nul.» Là aussi, les parades sont à l'étude.

En apportant, d'une part, une fertilisation ad hoc. En créant, d'autre part, des variétés adaptées à la production bio. Tel sera le cas en 2002 chez Prince de Bretagne, avec les premières semences de chou-fleur bio. La grande distribution ne pourra rester insensible à ces avancées. Selon Secodip, les GMS représentent seulement 30 % du CA généré par les légumes bio. Une filière plus efficace sur le double plan quantitatif et qualitatif contribuera à réduire cet écart avec les circuits traditionnels.
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Article extrait
du magazine N° 1738

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