Le Lidl de Chilly-Mazarin, modèle plus que laboratoire

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En banlieue parisienne, ce magasin pilote de l’enseigne allemande offre une panoplie assez complète de ce quise fait de mieux pour la protection de l’environnement.

«Il s’agit certes d’un magasin pilote. Mais notre supermarché de Chilly-Mazarin n’est surtout pas atypique. C’est un magasin modèle qui est parfaitement reproductible », assure Jean-Baptiste Léger, directeur RSE et affaires publiques de Lidl France. Au sud d’Orly, en Essonne, ce point de vente de 900 m² détonne par rapport à sa zone de chalandise et la route nationale où les camions ne cessent de se succéder. Car dès l’entrée du parking, on comprend vite que ce magasin est « bien né ». C’est ici que l’enseigne a testé et teste encore de nouvelles technologies.

Question de méthodes

« Avec le développement durable, nous nous posons souvent la question du retour sur investissement. Ce que nous faisons ici, c’est une écologie de la solution et non de la restriction. Et nous pouvons le faire, car nous affichons un bon rythme de croissance et parce que nous investissons dans des solutions innovantes et écologiques, qui soutiennent l’emploi et la compétitivité », souligne Jean-­Baptiste Léger. Et parfois, il s’agit plus de méthodes que de nouvelles technologies. Pour lutter contre le gaspillage, par exemple, Lidl a mis en place un arsenal. Dans le supermarché, les produits frais avec une date limite de consommation (DLC) de moins de trois jours sont vendus avec un rabais de 30 %. Et pour ceux dont la DLC n’est que d’un jour, les prix sont de 0,20 ou 0,50 €. Quant aux fruits, légumes et plantes défraîchis, ils sont mis dans des cagettes de 5 kg, chacune à 1 €, dont la moitié va aux Restos du Cœur. «Depuis le début de cette opération, nous avons vendu 14 millions de cagettes, soit 7 millions d’euros donnés à l’association », se réjouit le directeur RSE.

Pour le recyclage des emballages, là aussi des bonnes habitudes (le tri), mais aussi un peu d’investissement. À l’entrée des réserves, la presse à carton est inévitable. Elle a nécessité un investissement de 30 000 € avec un ROI sur dix ans en fonction des cours du matériau. « Lidl France traite tous les ans environ 200 000 tonnes de déchets d’exploitation, essentiellement du carton et un peu de plastique », détaille Jean-Baptiste Léger. À Chilly-Mazarin, deux balles de carton sont compactées par jour, chacune de 300 à 350 kg. À côté, les plastiques et déchets alimentaires sont triés.

Dans le magasin, on peut évoquer la gestion dynamique de l’éclairage avec, sur les rampes de leds, des capteurs de luminosité et de mouvement. Et donc un éclairage qui s’ajuste en fonction de l’activité. Pour fournir la ventilation, la climatisation et le chauffage, Lidl a installé un rooftop écoénergétique de Lennox. « Globalement, nous affichons 300 kg d’équivalent CO2 par mètre carré de surface de vente. Nous avons réduit ce bilan de 7 % entre 2018 et 2019 et j’attends les résultats de l’année 2020 », détaille Jean-Baptiste Léger.

Investir et impliquer

Sur le toit, 1 000 m² de cellules photovoltaïques fournissent 50 % de l’électricité du magasin. Lidl en compte 160 000 m² en France et veut multiplier ce chiffre par trois avant fin 2023.

Ensuite, direction le parking (160 places) où se trouvent trois bornes de recharge de véhicules électriques. Au total, l’enseigne recense 1 200 bornes, qui devraient atteindre les 2 000 avant la fin de cette année (avec 2 points de charge par borne). La grande difficulté étant de câbler entièrement les parkings afin d’alimenter ces bornes. Il faut en moyenne compter 18 000 € par borne. On peut aussi observer les panneaux solaires en haut des lampadaires extérieurs. Ils servent à les alimenter pour que chaque équipement soit complètement autonome.

À côté du parking, on ne peut manquer le potager et les ruches. L’idée n’est pas de faire de l’approvisionnement local en circuit court. « Nous voulons jouer un rôle pédagogique auprès de nos clients, des écoles et des associations », assure Jean-Baptiste Léger. Toujours ce souci d’investir mais aussi d’impliquer…

Jean-Baptiste Léger, directeur RSE et affaires publiques de Lidl France

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Article extrait
du magazine N° 2658

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