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« Le luxe alimentaire est un luxe accessible et généreux »

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À quelques jours de l'ouverture du Sial, le grand rendez-vous de l'alimentaire mondial, Isabelle Capron, la directrice générale de Fauchon, nous livre sa vision de la place du luxe dans l'alimentaire.

LSA - Cette année encore, Fauchon sera présent au Sial, où la clientèle est très internationale. Quelle image de la France véhicule Fauchon ?

Isabelle Capron - Nous avons fait le choix en 2004 de faire de Fauchon le référent alimentaire du luxe français contemporain. Nous avons restructuré l'entreprise de l'intérieur mais aussi son image, afin de parler aux nouvelles générations. Nous réalisons 75 % de notre chiffre d'affaires à l'international et je fais le pari que ce sera 98 % de notre activité d'ici à dix ans. Fauchon est l'ambassadeur de la culture culinaire française dans le monde.

 

 

LSA - Qu'entendez-vous par luxe alimentaire ?

I. C. - Le luxe, ce n'est pas que la mode et les cosmétiques. L'alimentaire de luxe de demain doit garder son statut de cadeau, être beau et bon et s'ouvrir à de nouveaux modes de distribution. Nous proposons d'ailleurs déjà 1 000 références sur notre site internet. Nous devons aussi gérer tous les paradoxes du luxe : l'exclusivité sans être excluant, l'augmentation nécessaire des ventes sans la banalisation...

 

 

LSA - Avez-vous constaté que l'alimentaire de luxe pâtissait de la crise ?

I. C. - Nous avions fini de nous rénover quand la crise est survenue. Nous avons même atteint l'équilibre à fin 2009. L'alimentaire haut de gamme est un secteur qui a mieux résisté, car c'est un luxe plus accessible. Pour 10 E, on peut offrir une boîte de chocolats en forme de coeur et dire à quelqu'un qu'on pense à lui. Un produit Fauchon reste un geste d'exception pour toutes les occasions. C'est un luxe non seulement accessible, mais aussi psychologiquement plus généreux, puisqu'il revêt une dimension de partage. L'alimentaire de luxe est à l'opposé du luxe non alimentaire, souvent très égoïste.

 

 

LSA - En termes de créativité, vous avez misé sur les éclairs. Sont-ils à Fauchon ce que les macarons sont à Ladurée ?

I. C. - Ladurée ou Pierre Hermé sont des représentants importants du luxe alimentaire, mais il n'y a pas vraiment de concurrence entre nous. Le macaron représente 30 % de notre chiffre d'affaires, c'est devenu le gâteau du XXIe siècle. Mais l'éclair est notre emblème. Nous l'avons effectivement renouvelé en remplaçant le dessus fondant par de fines coques chocolatées que nous pouvons imprimer à l'infini : nous avons imaginé un éclair Brigitte Bardot et, dernièrement, un autre avec les yeux de la Joconde, pour marquer notre identité française. Un véritable éclair de génie.

 

 

LSA - Vous ouvrez Fauchon à la franchise, quelle taille de réseau pensez-vous créer ?

I. C. - Nous sommes en ordre de marche pour nous développer. Soit en retail dans des univers dédiés, comme à Carrefour Auteuil, mais aussi en corners ou en duty-free. L'avenir et la croissance de Fauchon passent par des formats plus modestes. Nous ouvrons ainsi en propre à Monaco et en franchise à Bordeaux à la mi-novembre. Nous ciblons les métropoles régionales à rayonnement international. Il y a de la place pour une centaine de boutiques.

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