Le magasin du possible [Edito]

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yves puget

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Alors que la pandémie de Covid-19 s’éternise, que nombre d’entreprises rencontrent des difficultés et que trop de Français peinent à boucler leurs fins de mois, il nous paraît bon, parfois, de ne pas participer à ce concours des idées noires. C’est pourquoi nous vous proposons dans ce numéro de rêver un peu. Et plutôt que d’égrener les faillites ou les fermetures de magasins, nous dédions huit pages à la vision du cabinet de conseil Accenture et du cabinet de design Le Projet Hope sur le magasin de demain (lire pages 22 à 29). Un exercice qui n’est pas unique en son genre, mais qui reste périlleux. Certains trouveront que ce projet est trop digitalisé parce qu’ils attendent un point de vente humain avec plus de personnels et de services. D’autres seront déçus parce que, pour eux, il n’existe point de salut sans le digital.

Finalement, la force de cette réflexion n’est-elle pas d’abord de prouver qu’on peut concevoir un magasin autrement, en n’étant pas bridé par les contraintes économiques du moment et en répondant aux tendances actuelles ? Mais aussi de trouver un juste équilibre entre des demandes contradictoires. De satisfaire ceux qui veulent du « carrelage » et ceux qui réclament du digital. Ceux qui flânent et ceux qui courent. Ceux qui veulent toucher, voir et goûter, et ceux pour qui les courses ne sont que des corvées. Ceux qui pensent que l’information ne peut venir que du Net et ceux qui préfèrent les conseils d’une vendeuse ou d’un vendeur. Mais aussi de répondre aux attentes des distributeurs et des industriels, qui y trouveront une nouvelle forme d’expression. Car cette réflexion, qu’on l’apprécie ou non, n’est pas un magasin du futur qui nous projette dans la façon de faire nos courses en 2030 ou 2050. Toutes les solutions fonctionnent déjà. Elles ont quitté les labos et tournent dans la « vraie vie ». C’est le magasin du possible, un « couteau suisse » de l’existant. À condition d’avoir l’audace de se lancer dans une telle transformation. Sans oublier la question des investissements.

Ce point sera peut-être le plus sensible. La loi Climat, si elle est votée telle quelle, risque de freiner les possibilités de modernisation du parc et limiter les nouveaux entrants. Simplement parce que certains députés rêvent d’empêcher les ouvertures et les agrandissements et souhaitent alourdir les charges autour du commerce. Pire, pour quelques-uns d’entre eux, ce magasin rêvé n’est peut-être qu’un cauchemar, tant certains élus fantasment sur le petit commerce de centre-ville d’antan. Celui qu’ils ont eux-mêmes tenté d’enterrer en expédiant les emplois (entreprises, services publics…) et les habitations en périphérie et en rendant impossible la circulation et le parking en centre-ville.

Nous leur conseillons de lire ces huit pages pour comprendre quels sont les enjeux du commerce moderne. Même chose pour les industriels et les distributeurs, tant ces plans ou esquisses démontrent que l’avenir ne sera pas binaire entre le bon vieux point de vente et l’e-commerce, et tant ce magasin nouvelle génération ou s’en approchant valoriserait les marques et, espérons-le, préserverait les emplois. Oui, un peu de rêve fait du bien ! En attendant, malheureusement, le retour sur terre… et la gestion quotidienne de la pandémie. 

ypuget@lsa.fr @pugetyves

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Article extrait
du magazine N° 2650

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