Le marché français du disque chute en début d'année

Pour la première fois en France, les indicateurs sont au rouge. Aux États-Unis, Universal Music a déjà réagi en cassant ses prix. Et dans l'Hexagone ?

>L'état de grâce du marché du disque français a pris fin. Après deux années de croissance exceptionnelle (+10,8 % en 2001 et + 4,4 % en 2002), les ventes de CD en France ont accusé, au premier semestre 2003, un net repli, comparable à celui du marché américain (- 8,1 % sur la même période). Alors que les singles régressent de 17,5 %, les albums chutent de 10,3 % en valeur (à 431,8 millions d'euros) et de 5,5 % en volume.

« 2001 et 2002 avaient été des années exceptionnelles, portées par les albums de Renaud et de Bruel », indique Hervé Rony, président du Syndicat national de l'édition phonographique (SNEP). « Le trafic, cet été, a souffert de l'absence de locomotives, en plus de la canicule et de la morosité de la consommation », confirme Rodolphe Buet, directeur du disque de la Fnac.

Surtout, le « village gaulois » n'aura pas résisté à l'invasion des pirates. « Il y a eu un décrochement brutal du marché en octobre dernier, concomitant à la hausse des abonnés à internet à haut débit, qui facilite le téléchargement illicite », note Hervé Rony. « Le marché du disque avait un atout : celui de capter les jeunes à partir de 13-14 ans, tout en conservant les consommateurs les plus âgés. Aujourd'hui, les accros au téléchargement se situent essentiellement dans les tranches d'âges 20-29 ans, puis 30-40 ans. », précise-t-il.

Pour le président du SNEP, il y a donc urgence à développer rapidement les services de téléchargement à bas prix sur le modèle d'I-Tunes, développé par Apple aux états-Unis. Ceci afin d'opérer un transfert de revenu du disque vers la musique en ligne.

Chute record des prix aux États-Unis

Autre solution, la baisse des prix pour relancer la consommation. C'est le choix d'Universal Music aux états-Unis, qui a annoncé une baisse de 30 % de ses tarifs. Selon Dexia Securities, cette décision devrait avoir un impact sur les distributeurs, le prix du CD passant en moyenne de 19 $ à 13 $, et le prix grossiste de 12 $ à 9 $. La marge du détaillant par CD vendu devrait passer de 7 $ à 4 $. Pour maintenir ses marges, le distributeur devra donc voir ses volumes quasiment doubler.

En France, une telle baisse n'est pas à l'ordre du jour, affirme-t-on toutefois chez Universal Music France. Jugée dangereuse par le SNEP, qui redoute en contrecoup une baisse des investissements sur les jeunes talents, elle apparaît comme une opportunité pour la Fnac, à condition d'être gérée en bonne intelligence avec les distributeurs. Pour l'heure, le marché devrait bénéficier d'une rentrée musicale riche; avec la sortie d'albums anniversaires Brel et Piaf, les live de Johnny et Renaud et les nouveaux albums de MC Solar, IAM, et, pour l'international, David Bowie, Dido et Texas.

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Article extrait
du magazine N° 1827

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