Le marché laitier en plein retournement

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Après des années de surproduction laitière mondiale, les volumes sont parties à la baisse dans l’ensemble des zones géographiques, à l’exception des Etats-Unis. Si les prix aux producteurs repartent à la hausse, les pénuries de matières premières sont visibles.

Après deux années de surproduction, le marché laitier mondial est à la baisse
Après deux années de surproduction, le marché laitier mondial est à la baisse

Après deux années de surproduction laitière (2014 et 2015), le marché est en plein retournement avec des baisses historiques. Les raisons : la fin de la spéculation chinoise sur la poudre de lait, le recul de leurs importations, et l’embargo russe. Ainsi, toutes les zones du Globe voient leur production baisser sur les derniers mois de 2016 : en Europe, il y a eu 300 millions de litres de lait en moins en septembre 2016 versus septembre 2015, 400 millions de litres de lait en moins en octobre 2016 versus octobre 2015, soit environ 3 à 4 % de baisse. En Nouvelle-Zélande, en raison des conditions climatiques, la production a diminué de 5 à 6 %, en Australie de 10 %,  comme au Royaume-Uni, de 5 % en Allemagne et en Amérique Latine la situation est encore pire. Les Etats-Unis, sont les seuls à avoir augmenté la production (+2,5 %) en raison d’une demande intérieure forte sur le beurre et le fromage.

Des cours en forte hausse

Depuis juin 2016, le marché mondial est donc déficitaire en matière grasse. « Les filières n’arrivent pas à s’adapter à ces cycles rapides qui se succèdent », expliquent Olivier Picot, président de la Fédération Nationale des Industries Laitières (FNIL). Ainsi, qui dit pénurie, dit remontée des cours et problème de livraison auprès de certains clients sur des produits premiers prix. La tonne de beurre est passée de 2 400 euros en avril à 4 500 aujourd’hui ; le gouda-edam de 1 800 euros en avril à 3 400 aujourd’hui et la mozzarella industriel connait des hausses du même ordre. Le prix de la poudre de lait, en revanche, évolue peu en raison du surstock (600 millions d’euros immobilisés). L’Europe va donc procéder à une adjudication sur la poudre de lait à partir du 13 décembre. « La France s’est abstenue dans le vote car selon nous, les cours sont trop bas. Mais la majorité des pays européens a voté pour », détaille Gérard Calbrix, directeur des affaires économiques à la FNIL.

Inquiétude pour les négociations commerciales en France

Dans la plupart des pays européens, cette remontée des prix a été transmise aux produits de grande consommation lors des négociations commerciales qui se sont tenues de l’été à novembre et par la même aux producteurs. En France, les négociations avec la grande distribution restent à mener dans un contexte où les prix de vente sortie usine des produits laitiers de grande consommation sont toujours orientés à la baisse. « Nous sommes inquiets de ne pas pouvoir passer des hausses de prix à la grande distribution », ajoute Olivier Picot. Pour la FNIL les problèmes du marché sont, entre autres, dus à la réglementation européenne et à son manque d’évolution. « Il faut modifier le seuil de revente à perte, arrêter les discriminations dans les pratiques commerciales et donc revenir à l’ancienne loi Dutreil », stipule Olivier Picot.

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