Le marketing sexiste fait-il vendre ?

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Rue du Commerce a fait parler de lui avec son site interdit aux femmes (ci-dessus). Comme Darty ou Perrier, les marques usent et abusent d’un humour pas toujours léger au nom du buzz.
Rue du Commerce a fait parler de lui avec son site interdit aux femmes (ci-dessus). Comme Darty ou Perrier, les marques usent et abusent d’un humour pas toujours léger au nom du buzz.

«Désorientation, indignation et colère, jalousie, bouffées de chaleur… » Voilà ce que risquent les femmes qui s’aventureraient sur le site Rue du Commerce. Il s’agit d’une boutade, mais la dernière campagne marketing du site français pour ses produits réservés aux hommes n’a pas beaucoup plu sur la Toile. Sur Twitter, des réactions outrées n’ont pas cessé de pleuvoir, dénonçant une campagne sexiste. Mais Rue du Commerce n’est pas la première compagnie épinglée sur ce thème. Depuis quelques mois, les cas se multiplient. Il y a un an, c’était Darty qui déclenchait les foudres des réseaux avec sa campagne d’affichage, suivi quelques mois plus tard de Stabilo avec son marketing genré, puis de Perrier avec sa vidéo pseudo-coquine. Y aurait-il une tendance à la provoc sexiste dans la com ?

 

Politiquement incorrect

« Non, assure Vincent Leclabart, le patron de l’agence de pub Australie (Leclerc, Bonduelle...). Ce n’est pas une tendance, c’est un genre. Il y a toujours eu des pubs qui jouaient avec ces codes. La tendance actuelle est au politiquement correct. Donc, quand il y a des pubs qui le transgressent, on les voit davantage. » Et on entend aussi beaucoup plus les messages d’indignation avec les réseaux sociaux. Rue du Commerce s’est donc payé un bad buzz en bonne et due forme. Le site s’y attendait-il ? Non, à l’en croire. Sa directrice générale adjointe, Sylvie Latour, reconnaît que la campagne est « premier degré et un peu beauf », mais réfute le terme de sexiste, plaidant que « le site a toujours eu un ton décalé ». Pour éteindre l’incendie, le site a lancé une version pour femmes qui se moque, cette fois, des hommes. Mais, au final, quelle est la conséquence de ce type de bad buzz sur les marques et les ventes de produits ? Selon la direction de Rue du Commerce, sa fréquentation aurait doublé, et les commandes féminines auraient explosé. Le site a fait parler de lui, et c’est bien là l’essentiel. D’autant qu’il existe une constante avérée : le web n’a pas de mémoire. 

F. Bi.

 

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Article extrait
du magazine N° 2343

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