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Le melon, un incontournable difficile à valoriser

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Les Français aiment le melon, mais ne le veulent qu'en été. Il suffit d'une météo médiocre, comme en 2011, pour faire chuter ses ventes. Et il est compliqué à mettre en valeur sur les étals.

Melon

Vous le sentez ? Vous le pesez ? Vous le tâtez ? Le melon fait partie des fruits, pardon, des légumes-fruits que le consommateur met le plus de temps et de soin à choisir. Les deux principaux, et rivaux, producteurs français, établis dans les Deux-Sèvres, ont trouvé la parade : garantir un melon à maturité et censé être bon. Soldive et Le Rouge Gorge, qui produisent à eux deux 70 000 tonnes de melons par an, proposent chacun des labels qualité. « Les consommateurs ont besoin d'être rassurés, explique Christophe Couteleau, directeur marketing de Rouge Gorge, dont le grand-père a fondé l'entreprise dans les années 60. Notre label, c'est notre marque Le Rouge Gorge. » « Nous avons été les premiers à avoir le label Rouge, en 1992 », complète Maxime Fuzeau, PDG de Soldive.

Chiffres

  • 262 000 tonnes La production de melons*, à - 6% par rapport à 2010
  • - 11% La baisse de la consommation en volume*
  • - 8,5% La baisse de la consommation en valeur*
  • 2,08 € Le prix moyen d'un melon au détail au kg

Données 2011 France

Sources : Kantar et CTIFL

Les tendances

  • Le melon est un légume-fruit difficile à valoriser. Il suffit d'une légère hausse des prix, due à une contraction de l'offre pour que la consommation baisse, comme en 2011.
  • Le melon reste le troisième légume le plus consommé par les Français, derrière la tomate et la carotte.
  • La concurrence des melons espagnols, moins chers, est rude pour les melons français.

Production à distance et désaisonnalisation

Christophe et Maxime sont les petits-fils de Julien et Pierre, qui, en 1963, alors que les blés gelaient par un hiver particulièrement rude, ont eu la même idée : se diversifier dans le melon. Mais, depuis, il a fallu aller plus loin pour produire du melon plus tôt dans l'année et ne pas avoir besoin d'attendre la pleine saison, de juin à septembre.

Guadeloupe, Espagne, Maroc et Sénégal, depuis 2006, Soldive va récolter maintenant un tiers de ses melons hors de l'Hexagone. « Nous allons là-bas pour faire un melon aussi bon que le charentais jaune, raconte Maxime Fuzeau. Nous choisissons les graines avec les semenciers et veillons à ce que les exploitations utilisent la main d'oeuvre locale. » Résultat : le melon du Sénégal arrive sur les étals à Noël, comme la cerise du Chili, et deux à trois fois plus cher que celui de saison. Le Rouge Gorge fait la même chose, au Maroc, pour en proposer dès le mois de mars.

 

Capital sympathie

Mais aller produire loin n'empêche pas les crises conjoncturelles. C'est ce qui s'est passé en 2011, alors que la consommation était déjà stable en France. « L'offre a été limitée, ce qui a poussé les prix à la hausse, précise Matthieu Serrurier, chargé d'études au Centre technique interprofessionnel des fruits et légumes (CTIFL). Or, le melon souffrait déjà d'une consommation orientée à la baisse. »

Lorsque le meilleur melon, celui de Charente, à la chair juteuse et orange, est arrivé en juin, la météo peu clémente de l'été n'a pas incité les Français à se régaler du cucurbitacé. Sans compter que le coup de froid de juin-juillet a empêché beaucoup de fruits de se former. Le Rouge Gorge a dû jeter 30% de sa récolte.

Cet épisode n'explique pas tout. Le melon reste un légume-fruit difficile à valoriser : pas d'industrie, peu de possibilité de désaisonalisation. Contrairement aux fraises et aux cerises, le melon s'apprécie peu en dehors de l'été. Heureusement, il bénéficie d'un fort capital de sympathie : c'est le troisième produit du secteur le plus consommé par les Français, derrière la tomate et la carotte.

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