Le nouveau président de l'Ania veut sortir les industriels de « l'ornière »

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Jean-Philippe Girard, qui vient d'être élu à la tête de l'Ania, estime que l'industrie alimentaire est trop mise à mal, à la fois économiquement et du point de vue de son image, avec l'affaire du « horsegate »...

Le successeur de Jean-René Buisson à la tête de l'Association nationale des industries alimentaires a du pain sur la planche. Jean-Philippe Girard, élu à la tête de l'Ania après une campagne qui l'a opposé à Bruno Luisetti, ex-patron de Mondelez, a de lourds dossiers devant lui. Il doit restaurer l'image de l'agroalimentaire après l'affaire de la viande de cheval dans les plats cuisinés : cette crise a entraîné un véritable tsunami économique et social dans le secteur, dont toutes les conséquences n'ont pas encore été évaluées. Pourtant, l'ancien président n'avait pas ménagé sa peine pour rappeler que l'industrie alimentaire française est l'une des plus sûres au monde, bien avant les États-Unis. Les dirigeants semblent attendre beaucoup du nouveau président dans ce domaine. « Il est bien dans mes intentions de rendre aux industriels leur fierté de produire qui a été mise à mal. Je n'en connais pas un seul qui n'ait comme objectif chaque jour de veiller à la qualité des produits et à les améliorer », lance Jean-Philippe Girard.

160,9 Mrds € de chiffre d'affaires en 2012 13 500 entreprises dans l'industrie alimentaire

Source : Ania

 

Une « task force » en renfort

Mais c'est aussi sur son propre programme que ce dernier a été élu, par 28 voix contre 20 à Bruno Luisetti. Y aurait-il une fracture au sein de l'Ania entre les PME régionales - il est président fondateur d'Eurogerm, une entreprise du BtoB dans le secteur des ingrédients céréaliers basée à Dijon - et les multinationales ou grandes entreprises dont le siège est en région parisienne ? Il assure que non. « Les dirigeants qui n'ont pas voté pour moi s'inquiétaient de mon manque d'expérience dans les relations commerciales avec la grande distribution. C'est un fait. Mais la gouvernance que je propose, avec six vice-présidents dont l'un dédié aux relations commerciales, va répondre aux interrogations. Je vais mettre en place une task force rompue aux négociations, qui suivra l'application de la loi, les sanctions et la communication. »

Essentiel, alors que la loi Hamon est discutée au Parlement. Il souhaite aussi sortir du « frontal avec la grande distribution, qui n'est pas une solution ». Et mise sur les « contrats de filière », sous l'égide du gouvernement, auxquels deux ou trois enseignes souscrivent. Jean-Philippe Girard présente un autre avantage : avoir été président national des Banques populaires.

Or, en dépit de son rang de première industrie française, l'industrie alimentaire n'est pas prioritaire pour les pouvoirs publics. Il faut donc mettre un pied dans la Banque publique d'investissement, obtenir des fonds, et surtout mieux maîtriser l'ingénierie financière, telle que celle mise en place par le commerce associé, par exemple. « J'y réfléchis, peut-être avec la création d'un " fonds patient " », glisse le nouveau président. Alors que le commerce poursuit une mutation à marche forcée, et que les coopératives multiplient les restructurations pour retrouver de la compétitivité, l'industrie alimentaire privée semble en effet trop figée. Les entreprises n'arrivent pas à grandir. En Allemagne, une PME alimentaire compte au moins 2 000 personnes !

Taxes en embuscade

Le nouveau président devra aussi veiller à la fiscalité et aux taxes. Les boissons sucrées et les bières se sont laissé surprendre, alors que le sujet couvait à Bercy. Le danger est loin d'être écarté. Les termes malbouffe, tromperie, obésité, sécurité routière restent toujours des armes redoutables pour justifier des hausses d'impôts, droits ou taxes. D'autant plus que la baisse du nombre de fonctionnaires n'est pas à l'ordre du jour : le ministre de la Consommation Benoît Hamon, toujours furieux de l'affaire du horsegate, veut augmenter les effectifs sur le terrain...

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Article extrait
du magazine N° 2283

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