Le paiement sans contact arrive enfin

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monétique - Par carte bancaire ou avec un téléphone mobile, le paiement sans contact sera le thème phare du salon Cartes du 13 au 15 novembre. Des pilotes sont en cours d'expérimentation, pour une mise en oeuvre en France au début 2009... Si tout va bien !

Cela fait trois ans que les États-Unis s'y sont mis. Aujourd'hui, 30 millions de cartes bancaires sans contact y sont en circulation. En France, berceau de la carte à puce, le fameux « sésame » tardait à voir le jour. La technologie est pourtant éprouvée, et les avantages, reconnus. Une puce reliée à une petite antenne est intégrée dans le plastique de la carte, en plus de la piste magnétique (ou de la puce en France) utilisée pour le paiement traditionnel. D'utilisation simple pour le consommateur - il suffit qu'il approche sa carte à quelques centimètres du terminal de paiement ad hoc -, le sans-contact fluidifie le passage en caisses avec un temps de paiement record : quinze secondes, trois fois moins qu'un paiement par carte classique. Or, dans la distribution, le temps, c'est de l'argent. Une étude conduite par Mc Donald chiffre à 1 % le chiffre d'affaires supplémentaire pour six secondes gagnées !

Le mobile fait sa place

Aux États-Unis, c'est le volontarisme de Visa et de Mastercard qui a permis l'émergence du sans-contact. En France, les pilotes mis en place par les banques en 2007 devraient vite céder la place aux premiers déploiements : la Société générale a équipé un millier de ses salariés de Paris-la Défense pour qu'ils puissent régler leurs achats dans les commerces partenaires.

Également pressenti, le paiement par téléphone mobile, déjà très prisé au Japon, devrait rapidement arriver en Europe. « Il fallait le temps de mettre au point des procédés standards. Surtout, se posait la question d'un modèle économique qui satisfasse tous les intervenants », explique Jérôme Sion, responsable des activités mobiles sans contact chez Gemalto. Sur le premier point, l'adoption, il y a un an, du standard NFC (Near Field Communication) a donné un coup d'accélérateur au paiement par mobile. La carte SIM héberge une puce radiofréquence NFC et les données du client, tandis qu'une antenne intégrée dans le téléphone lui permet de communiquer avec le terminal de paiement.

Multiples applications

Quant au deuxième obstacle, les banques et les opérateurs mobiles, longtemps réticents à se parler, semblent enfin avoir trouvé un terrain d'entente. À Strasbourg, le Crédit mutuel et SFR travaillent main dans la main sur un pilote lancé en septembre 2007. En plus de la fonction de paiement, la carte SIM permet aux Strasbourgeois qui participent à l'opération de stocker leurs titres de transport. C'est le gros avantage du téléphone mobile sur la carte sans contact. Connecté et doté d'un écran, l'objet chouchou des Français permet en effet d'envisager beaucoup d'autres services : consulter le solde de son compte en banque ou, pourquoi pas, assurer les classiques fonctions d'une carte de fidélité. « On peut très bien imaginer que le téléphone enregistre les points de fidélité gagnés au moment du paiement », indique Jérôme Sion.

Les premiers téléphones dotés d'une antenne pour le sans-contact seront commercialisés courant 2008. Les déploiements pourraient être ensuite très rapides. « Dans un premier temps, le sans-contact devrait se limiter aux petits montants, et coexister avec les cartes traditionnelles », estime Jérôme Sion. Quant à savoir quelle solution l'emportera, de la carte sans contact ou du téléphone mobile, c'est le consommateur qui fera son choix.

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Article extrait
du magazine N° 2019

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