Le paiement sans contact expliqué à ma fille

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NFC, applis mobiles, cartes bancaires, terminaux de paiement, Google, Apple, PayPal… Difficile de s’y retrouver dans la jungle du paiement sans contact. LSA fait le point très concrètement sur cette technologie, son déploiement actuel, ses avantages, ses inconvénients… À la manière d’un question-réponse avec un enfant de 7 ans.  

Le paiement sans contact se généralise en France
Le paiement sans contact se généralise en France


« C’est quoi le paiement sans contact ? »

C’est un moyen de paiement rapide et dématérialisé. Concrètement, plus besoin d’avoir des sous dans son porte-monnaie, ni même de taper un code carte bancaire. Par exemple, je suis au McDo, mon menu « Best of » Big Mac pain complet est prêt, je n’ai qu’à passer mon téléphone ou ma carte devant un terminal. Et un « bip » plus tard, j’ai payé et je suis débité. Ça prend deux secondes.

 

« Comment ça marche ? »

Il suffit d’avoir une carte bancaire sur laquelle ce logo est dessiné dessus: 

Ou un smartphone doté de cette capacité (c’est-à-dire qui contient une puce NFC). Mais on reviendra sur le paiement avec le téléphone, c’est plus compliqué.

D’abord la carte bancaire. Il y a aujourd’hui en France 27,5 millions de cartes prêtes pour ce paiement. Tous les fabricants de cartes le proposent (Visa, MasterCard, American Express), mais encore faut-il que les banques qui fournissent ces cartes aux clients l’acceptent. Par chance, elles y sont quasi toutes. Parmi les grandes banques, seul LCL ne le propose pas aujourd’hui. Aujourd’hui, l’essentiel des transactions sans contact en France (5,4 millions d’achats en juillet pour 55 millions d’euros) passent par les cartes.

Le reste, c’est avec le téléphone. Il faut pour cela qu’il soit équipé d’une puce NFC. Et ça tombe bien, aujourd’hui 11 marques en proposent (bientôt 12 avec Apple, mais on va y revenir sur Apple). Soit 48 smartphones en vente en France. D’ailleurs 6,6 millions de Français en possèdent un, mais souvent ne le savent pas.

Pourquoi c’est plus compliqué qu’avec une carte ? Parce que la carte est émise par la banque qui a la maîtrise du compte. Évidemment, Samsung n’a pas accès à mon compte bancaire, il faut donc que je télécharge l’application mobile de ma banque. Et toutes ne le proposent pas. Seuls BNP Paribas avec KIX, et le Crédit mutuel et CIC avec M Carte, le font. La Société générale et la Banque postale le permettent, mais seulement pour les gens qui habitent à Strasbourg et Caen. Ça s’appelle un test et, en France, on aime bien tester longtemps avant de se lancer dans quelque chose, tu verras…
Autrement dit, si j’ai un le bon téléphone NFC et que je suis à la Caisse d'épargne, je ne peux pas payer avec mon téléphone… pour le moment.

Une troisième solution est possible sous forme de carte prépayée. C’est Orange qui la teste actuellement à Strasbourg et Caen. Ça s’appelle Orange Cash, et ça consiste à virer de l’argent sur un compte virtuel et de payer ensuite avec son téléphone dans les limites de l’argent mis sur ce compte, un peu à la manière de PayPal. Inconvénient : il faut penser à recharger régulièrement son compte…


« Où est-ce que je peux payer ? »
 

Dans 218 000 magasins actuellement en France : dans des magasins Leclerc, Carrefour, mais aussi au McDo. Il suffit de voir si le terminal de paiement au moment du passage en caisse affiche le logo: 

Et ça progresse vite, il n’y avait que 93 000 magasins qui l’acceptaient il y a un an.

 

« Je peux payer jusqu’à combien ? »

Il n’y a pas de limite mais, si on effectue un paiement de plus de 20 €, il faut entrer son code de carte bancaire. Ce n’est donc plus trop intéressant, puisque l’avantage du « sans-contact » c’est sa rapidité. Avec un réel intérêt pour les paiements à moins de 20 €, la technologie intéresse surtout les commerces dans lesquels on fait des petits achats (fast-food, petits commerces…).

 

« C’est gratuit ce paiement ? »

Oui. Ça ne coûte rien à personne. Ce sont les fabricants de cartes qui prennent leur commission habituelle sur chaque paiement. C’est transparent pour tout le monde. Le seul coût est pour les commerçants, qui doivent s’équiper en terminaux compatibles.

 

« Est-ce que c’est sûr ? »

Effectivement, c’est aujourd’hui un frein pour les clients. Imagine qu’on me vole mon téléphone ou ma carte et qu’on aille « biper » au premier magasin du coin. Ou pire, que des petits malins mettent au point des terminaux pirates et se baladent avec dans le métro, par exemple, pour voler les données en l’approchant de leur poche. Comme sur cette vidéo par exemple :


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Véritable passoire au début, la technologie NFC a fait des progrès. D’abord, de plus en plus de fabricants dotent leurs smartphones d'un capteur d’empreinte digitale. Pas de risque donc, en théorie, en cas de vol de mobile.

Concernant le vol de données, la Cnil a imposé ainsi que les informations personnelles (nom, prénom, historique d’achat) soient effacées à chaque transaction donc inutilisables par des fraudeurs. En revanche, rien de tel pour les données carte bancaire. La CNIL incite grandement les banques à se mettre d’accord sur un protocole de cryptage. Le plus sûr, aujourd’hui, est d’acheter un portefeuille muni d’une doublure en aluminium qui bloque les émissions d’ondes. Efficace contre une attaque dite passive. Mais inutile, évidemment, dans le cas d’une attaque active, c’est-à-dire lorsque l’utilisateur effectue son paiement.

 

« Et Apple dans tout ça ? »

Apple est arrivé tard dans la course mais va enfin lancer un téléphone NFC, l’iPhone 6. Son Apple Pay est très complet avec son système sécurisé, ses nombreux clients qui disposent d’un compte iTunes et dont un grand nombre ont enregistré leur carte bancaire, et ses accords avec les fabricants de cartes. Apple ne fait pas cavalier seul comme PayPal, par exemple, qui développe ses propres technologies pour contourner les bornes NFC des fabricants de cartes. Surtout avec le Passbook, Apple offre une solution complète. Dans cette application, les clients pourront retrouver tous leurs coupons de réduction directement intégrés dans le téléphone. Un service haut de gamme, donc, mais qui aura un prix : Apple va prélever sa dîme sur les paiements. Mais ni les commerces, ni les clients ne seront mis à contribution. Ce sont les sociétés de cartes bancaires qui paieront.

Voilà, d’autres questions ?
 

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