Le paiement sans contact s'accélère

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Tandis que l'encaissement en libre-service s'impose, les distributeurs parient sur le développement du paiement sans contact. Quant aux tickets de caisse, ils devraient gagner en lisibilité.

- Trouver un équilibre entre les caisses traditionnelles et celles en libre-service.

- Développer le paiement sans contact pour accélérer l'encaissement et réduire le coût de traitement de la petite monnaie.

- Rendre le ticket de caisse plus lisible en regroupant les achats par univers.

Le gain de temps lors du passage en caisse grâce au paiement sans contact

La part des caisses des hypers en libre-service, en moyenne

Source : Wincor Nixdorf

Prévoir l'affluence

Izac, un outil édité par Holy-Dis, permet de piloter les ouvertures de caisses en fonction de l'affluence. Il mesure de façon automatique les files d'attente aux guichets en magasins, et prévoit le nombre de caisses à ouvrir ou à fermer en temps réel, afin de réduire les files d'attente et d'optimiser les heures travaillées.

Sans contact

Pour régler les petits montants (en général moins de 25 E), de nombreux hypers et supermarchés proposent des caisses spécifiques équipées de terminaux de paiement avec une fonction sans contact. Il suffit d'approcher la carte de paiement ou le téléphone mobile l'objet à moins de 4 cm du terminal, qui enregistre instantanément la transaction.

Si le libre-service a conquis depuis longtemps tous les rayons, il s'étend à présent jusqu'aux caisses elles-mêmes. Désormais, les hypermarchés compteraient en moyenne 10 % de caisses automatiques avec, selon les magasins, des pointes à 40, voire 60 %. Deux technologies apportent leur écot à la fluidité du passage en caisses et de l'encaissement. Le self-scanning s'adresse aux gros clients qui parcourent le magasin avec une « douchette » en scannant leurs articles au fur et à mesure et passent ensuite par une caisse réservée, sans vider leur chariot. Le self-check-out, lui, sert surtout pour les petits paniers (automate pour scanner et régler les achats, en libre-service).

 

Le paiement par mobile en projet

Les automates font donc partie intégrante de la ligne de caisses, même si les enseignes tâtonnent sur l'équilibre entre le nombre de caisses traditionnelles et celles en libre-service. « En tout cas, ces systèmes sont adoptés par la majorité des clients, surtout en période de grosse affluence, observe Catherine Mengin, manager retail store solutions chez IBM. Et ce sans qu'on constate de " fracture ", par exemple entre la clientèle jeune et senior. En revanche, aux heures creuses, les clients préfèrent en majorité les caisses traditionnelles. »

Si les caisses en libre-service contribuent à accélérer la cadence en sortie de magasin, d'autres innovations creusent également ce sillon. Ainsi, les distributeurs font tous le pari du développement d'un nouveau mode de paiement : le sans-contact. En résumé, les clients n'auront plus besoin d'insérer de carte de paiement dans un terminal, de composer un code, puis de retirer leur carte. Il leur suffira d'approcher une carte de paiement ou un téléphone mobile, équipés de la technologie adéquate, à moins de 4 cm du terminal. La transaction s'effectuera aussitôt. Résultat : le temps d'encaissement pourrait être divisé par deux au minimum. Toutefois, le paiement sans contact ne concernera que les transactions inférieures à 25 €, comme le recommande le groupement des cartes bancaires. Pour des sommes supérieures, il restera nécessaire de composer un code. Mais cela est déjà suffisant pour dynamiser l'encaissement.

 

Des coupons dématérialisés

Ce sujet s'inscrit au menu de tous les distributeurs alimentaires en France. Ils se sont même associés dans un groupe de travail baptisé Ergosum (pour ergonomie des services sur mobile), en compagnie de Leroy Merlin, de Castorama ou de la Fnac. L'objectif est de réfléchir au fonctionnement de services mobiles sans contact dans les magasins. « L'utilisation du mobile, explique Annick Bodin, spécialiste du dossier à la Stime (Mousquetaires) va permettre de dématérialiser l'ensemble des éléments composant le passage en caisse. » Utilisation des coupons, activation de la carte de fidélité, prise en compte des chèques cadeaux... Autant de phases qui seraient regroupées en une seule séquence grâce au smartphone.

 

Les achats regroupés par univers sur le ticket de caisse

En attendant le décollage annoncé du paiement par mobile, les enseignes s'équipent en TPE sans contact (Carrefour promet que la totalité des supermarchés et des hypers en bénéficieront d'ici à fin 2010) et misent sur les cartes de paiement intégrant une fonction de ce type. Ainsi, depuis le début 2009, S2P, l'établissement financier de Carrefour, commercialise des cartes Pass Mastercard (qui représentent l'immense majorité des cartes en circulation aujourd'hui) sans contact. Et les Mousquetaires ou Auchan (Banque Accord) ont entamé le mouvement dès la mi-2009.

Ce grand chambardement ne devrait pas épargner le ticket de caisse. Première nouveauté, de grands écrans apparaissent devant les caisses. « On y trouve deux grands types d'informations, décrypte Catherine Mengin (IBM). D'un côté de l'écran, le ticket de caisse se constitue sous les yeux des clients. De l'autre côté, sous forme écrite ou visuel, les clients peuvent visionner des messages publicitaires ou promotionnels. » Sur ce dernier point, il s'agit en général de promotions prospectives : le magasin annonce aux clients les bénéfices qui découleront de ses achats, du cumul de points de fidélité, etc. Mais si le ticket de caisse à l'écran offre une sécurité supplémentaire aux consommateurs, qui peuvent le vérifier en temps réel, il n'envoie pas le ticket en papier aux oubliettes pour autant. « Cela reste un élément très important pour les clients », tranche Guillaume Dumarché, directeur du marketing de Système U.

Cela n'empêche pas de l'améliorer. Sur le contenu, d'abord, les Nouveaux Commerçants proposent un ticket de caisse plus lisible, avec des achats regroupés par catégorie (hygiène beauté...). Sur la forme, ensuite, des enseignes comme Colruyt, en Belgique, ont opté pour un format A5, libellant la liste de courses comme une facture. Ce format présente aussi l'avantage de rendre lisible une foule d'informations supplémentaires. Colruyt en a profité, par exemple, pour faire de la publicité comparative en indiquant, pour chaque magasin, la comparaison de ses prix avec ceux des concurrents de la zone de chalandise, avec l'écart de prix. Il fallait y penser.

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Article extrait
du magazine N° 2149

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