Marchés

Le papier, vert et technologique à la fois

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De la parfumerie aux liquides en passant par les sandwichs, le papier est, sous toutes ses formes, le roi de l'emballage « tout terrain ». Un matériau écologique et technologique, qui propose de plus en plus de fonctionnalités aux industriels.

Après usage, 75 % des emballages des papiers cartons redeviennent... des emballages papiers cartons. Mieux : le taux global de « valorisation » atteint 97 % ! Qui dit mieux ? Deux chiffres mis en avant par le Comité français de l'emballage papier carton (Cofepac) et qui, de fait, suffisent pour valider l'intérêt particulier que suscite ce matériau dans un monde de plus en plus sensible à l'écologie et au développement durable. Certes, ces deux taux ne témoignent pas vraiment d'avancées récentes. La recyclabilité et, au-delà, la bonne compatibilité avec les filières de valorisation des déchets du papier et du carton, sont connues depuis longtemps. Mais, depuis quelques années, les innovations se sont succédé qui permettent au matériau de se positionner sur un spectre de plus en plus large des applications d'emballages, et donc d'être présent dans un nombre croissant de rayons...

 

Une mutation indispensable entamée depuis quelques années

Pour cela, malgré ses qualités intrinsèques (noblesse, légèreté, coût, aptitude relativement facile au contact alimentaire...), le papier a dû (et doit encore) progresser pour gommer ses handicaps majeurs. Aux premiers rangs d'entre eux, le manque de souplesse (difficile d'étirer un papier sans le déchirer), la perméabilité (aux graisses et à l'eau), la relative incapacité à supporter la chaleur...

Et de fait, c'est probablement dans ces domaines que le papier a le plus progressé au cours de ces dernières années. Parfois, d'ailleurs, sans que l'on y prête vraiment attention : il emballe par exemple nos sandwichs (parfois très gras) en protégeant de mieux en mieux nos mains de la graisse. Résultat d'un traitement qui, dans certains cas, peut éviter d'avoir à utiliser un matériau mixte (papier + couche plastique) beaucoup moins apte au recyclage... Ainsi, parmi les innovations récentes les plus remarquées, celle de Billerud avec son papier « étirable, thermoformable ». L'industriel suédois l'a baptisé FibreForm. Il s'étire, se gaufre grâce à un traitement qui ne remet pas en cause les qualités environnementales du matériau. D'où une possibilité de « personnalisation » accrue de l'emballage. Traitement qui lui permet aussi - et surtout - de s'adresser à des marchés jusque-là réservés au plastique. Celui des barquettes de jambon, par exemple... Madrange a, semble-t-il, été l'une des premières marques en France à saisir cette opportunité de différenciation pour ses jambons labellisés.

Autres innovations très remarquées, celles de Greendustries, une société américaine spécialiste de l'emballage « vert » et bien connue des professionnels du snacking puisque ses deux solutions (Magic Bag et Pleatpack) ont d'abord été destinées à la restauration rapide. Deux solutions « papier » (et non plus carton) qui permettent d'emballer des produits de snacking chaud (burgers, frites...) en les protégeant mieux et plus longtemps, et de les consommer de façon plus aisée. Avantages : beaucoup moins de matière utilisée pour l'emballage...

 

Quand le packaging se met au service de la visibilité en rayon

Dans un autre registre, le pack lumineux (Gloryfire) signé Adam, société spécialiste du packaging en bois, illustre, lui, la capacité du matériau à accompagner les évolutions les plus surprenantes. Le Gloryfire est en effet un étui en carton qui, associé à un système lumineux à détection de présence, s'illumine lorsque l'on passe devant lui. Visibilité en rayon garantie... Autant d'innovations qui montrent, selon les termes d'Annette Freidinger, consultante spécialiste du packaging, que « le papier et, bien sûr, le carton sont directement ou indirectement des matériaux de base de plus en plus techniques. Des matériaux très prometteurs pour le packaging au sens large » affirme-t-elle, en faisant allusion aux barquettes de cuisson, ces emballages compatibles avec les fours classiques ou à micro-ondes. Et de fait, si le fromage à cuire au four Troubelín de Sedlcansky (République tchèque, groupe Bongrain) a obtenu l'an dernier un Sial d'or, c'est un peu à sa barquette, réalisée par FDR emballages, qu'il le doit... Une barquette évidemment « certifiée alimentaire », fabriquée en totalité à partir de papier économique et totalement recyclable.

C'est peut-être là que se situe le défi principal que doit relever le papier d'emballage, à savoir continuer à progresser dans ses fonctionnalités, sans pour autant remettre en cause ses qualités premières...

LE PAPIER CARTON, PREMIER MATÉRIAU D'EMBALLAGE

  • Le papier carton d'emballage est prépodérant dans l'industrie papetière mondiale, puisqu'il représente à lui seul 48% de la production. Il est également, en France en tout cas, le matériau le plus utilisé dans l'emballage. Il représente en effet 35% du poids des emballages produits dans l'Hexagone.

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