Marchés

Le petfood monte en gamme

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La crise n'empêche pas les amis des bêtes de prendre soin de leurs compagnons, bien au contraire. Si les ventes se tassent en volume, elles ne cessent de progresser en valeur. Les chats comme les chiens mangent peut-être moins, mais ils mangent de mieux en mieux.

pet foods

Procter & Gamble n'a pas l'habitude de faire de la figuration : simple challenger sur le marché de l'alimentation animale avec deux marques super premium (Eukanuba et Iams), le groupe vient d'annoncer le rachat de Natura Pet Products. Cette marque de petfood californienne, au positionnement original (naturel et « holistique »), devrait lui permettre de creuser encore son sillon sur le haut de gamme. Mais sur le seul circuit spécialisé.

 

Les circuits spécialisés orientés super premium

En effet, le groupe s'est retiré du circuit alimentaire en 2006. « Nous n'avons aucun projet pour y revenir », explique Isabelle Bellet, responsable France de Procter et Gamble France. Et pour cause, « dans les circuits spécialisés, l'offre super premium représente 75 % des ventes », observe Caroline Lavier, responsable des opérations de GfK Kynetec.

Les amis des bêtes qui souhaitaient donner une alimentation haut de gamme à leur compagnon ont longtemps dû se rendre chez leur vétérinaire ou dans les enseignes spécialisées. Jusqu'à ce que Nestlé Purina Petcare lance, en 2000, la gamme Purina One en hypers et supermarchés. « Nous avons ouvert un pan de marché qui n'était pas disponible jusqu'alors en grandes surfaces alimentaires (GSA) », explique Isabelle Taillandier, directrice du marketing. Tous les acteurs se sont engouffrés dans la brèche. Cette évolution explique pourquoi la grande distribution alimentaire défend aussi bien ses positions, avec 55 % du marché.

 

 Vertus de santé

Les circuits spécialisés n'en restent pas moins actifs, détenant toujours 45 % du marché : 5 % pour les détaillants indépendants, 26 % pour les enseignes spécialisées et 14 % pour les vétérinaires. L'alimentation haut de gamme valorise ses vertus en matière de santé (qualité du poil, hygiène bucco-dentaire, diététiques), ce qui passe par un véritable conseil, encore difficile à trouver à proposer en grandes surfaces alimentaires.

Cette tendance à la « prémiumisation » de l'offre semble inéluctable. À condition que les nouveautés apportent un vrai « plus ». « Une innovation produit ne trouve sa place que si elle répond à un véritable besoin et qu'elle est proposée au juste prix », estime ainsi Isabelle Taillandier. Avant de crier au succès, il faut donc s'assurer que les consommateurs sont prêts à payer en achat, mais aussi et surtout en réachat.

C'est pour cette raison que le marché propose essentiellement des innovations de façade : nouveau conditionnement, nouveau goût, nouvelle appétance... Les innovations de rupture restent rares. « Oui, les consommateurs sont prêts à dépenser plus pour une alimentation de meilleure qualité pour les animaux qu'ils chérissent, poursuit Isabelle Taillandier. Néanmoins, il faut rester attentif et ne pas aller trop loin dans l'humanisation, car l'animal doit rester à sa juste place. »

 

Faire preuve de pédagogie

La croissance du marché ne pourra donc reposer éternellement sur la premiumisation. Chez Mars Petcare, on croit beaucoup dans le développement des gammes complémentaires de biscuits, snacks, friandises, accessoires et autres produits d'hygiène. « Parmi les chiens de plus de 3 ans, huit sur dix ont des problèmes bucco-dentaires sans que leur maître en soit conscient », observe Delphine Cartier, responsable du marketing chien du groupe Mars Petcare.

Toutefois, faire décoller cette offre repose sur un véritable travail de pédagogie auprès des clients. « Nous organisons régulièrement des animations en magasins sur le thème de l'hygiène bucco-dentaire », poursuit Delphine Cartier. Cela ne suffit pas à convaincre Isabelle Taillandier de l'avenir de ce segment : « Les accessoires et friandises est un des leviers de dynamisation, mais il faut rester vigilant, car le marché est " rupturiste ". Il faut trouver un juste équilibre entre la partie petfood et le rayon snacks et accessoires. » Le débat est lancé.

723T

Les volumes d'aliments pour chiens et chats vendus en GSA en CAM à fin février 2010 (- 1,2 %)

Source : Iri

3,4 Mrds €

Le chiffre d’affaires du petfood tous circuits confondus en France en 2009, (+ 3,2 % par rapport à 2008), dont 1,56en GSA (+ 2,1 %)

Source: Iri

61,6M

Le nombre d'animaux domestiques en France dont 10,7 M de chats (+ 6,5 %)et 7,8 M de chiens (- 3,3 %)

Source : Promanimal

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