Le plan de Boulanger et d'Auchan pour "proposer une alternative" au couple Fnac-Darty

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Dans le sillage du rachat de Darty par la Fnac, après Conforama et Casino, voilà maintenant, en ce 27 septembre 2016, que Boulanger et Auchan annoncent à leur tour un partenariat aux achats non-alimentaires, sur les produits blancs, gris et bruns. LSA vous explique tout, et Bernard Layous, directeur des partenariats institutionnels pour le groupe Boulanger, livre son analyse.  

L'alliance nouée aux achats non-alimentaires entre Auchan et Boulanger porte sur un volume d'affaires de 2,1 milliards d'euros.
L'alliance nouée aux achats non-alimentaires entre Auchan et Boulanger porte sur un volume d'affaires de 2,1 milliards d'euros.

Pourquoi ce qui est valable pour une boîte de petits pois ne le serait pas pour un réfrigérateur ou une télévision ? Un an après les alliances aux achats dans l’alimentaire, avec coup sur coup des mariages, plus ou moins de raison, entre Auchan-Système U, Intermarché-Casino et Carrefour-Cora, voilà que le non-alimentaire connaît à son tour le même bonheur.

Acheter plus pour acheter mieux

Dans le sillage du rachat de Darty par la Fnac, élément déclencheur s’il en est, et une semaine tout juste après l’union entre Conforama et Casino, ce sont en effet Boulanger et Auchan qui annoncent la conclusion d’un partenariat aux achats. Lequel « porte sur la négociation à l’achat des marques nationales et internationales de produits électrodomestiques blancs, bruns et gris, destinés au marché français », ainsi que le précise le communiqué conjoint des deux groupes. Soit, mine de rien, la bagatelle de 2,1 milliards d’euros de volumes d’affaires hors taxes, quand Mano – le petit nom de l’alliance Conforama-Casino – pointe à 1,3 milliard d’euros.

Dans tous les cas, quelle que soit la taille des entités ainsi créées, l’ambition est évidemment la même. D’une certaine manière, d’ailleurs, aussi vieille que l’idée même de grande distribution : acheter plus, pour acheter mieux. A savoir, comprendre : moins cher. Avec, in fine, deux axes clés de développement : grappiller un peu de marges supplémentaires, si possible, mais aussi et surtout mieux se positionner sur les prix. Un troisième élément a également son rôle à jouer : les services, tout ce qui concerne l’expérience clients.

Bernard Layous, directeur des partenariats institutionnels pour le groupe Boulanger, livre pour LSA son analyse de cet accord.

LSA – Dans le détail, Auchan Retail confie un mandat de négociation à vos équipes, chez Boulanger, pour mener à bien les négociations sur les achats des marques nationales et internationales de produits électrodomestiques blancs, bruns et gris. Comment cela va-t-il s’organiser ?

Bernard Layous Une organisation conjointe va se mettre en place avec les équipes d’Auchan pour mener à bien ces négociations 2017 qui vont très vite débuter. Un comité de pilotage commun va être spécialement chargé de coordonner ces opérations avec, comme objectif, d’être bien placé aux achats, évidemment, mais aussi d’offrir à nos clients des magasins plus beaux, des produits mieux présentés, des services optimisés. Le tout en faisant en sorte que chacune des deux enseignes conserve une totale liberté pour piloter sa politique commerciale. Les promotions continueront par exemple à être gérées indépendamment, de même que toutes les spécificités propres à Auchan comme à Boulanger, aussi bien dans les catégories de produits proposées que dans les largeurs de gammes exposées.

LSA – Nous avons donc un partenariat qui concerne tout « l’amont », mais ce qui se passe justement en amont doit avoir des répercussions sur l’aval. Concrètement, en magasins, pour le consommateur, à quoi peut-on s’attendre ? Des baisses de prix ?

B.L. – Nous serons évidemment particulièrement attentifs aux services rendus au consommateur. Le prix facial sera meilleur, le service sera meilleur. L’expérience clients est un élément capital pour nous. Ainsi, plus globalement, l’idée de cet accord est clairement de pouvoir proposer aussi des services optimisés à nos clients. J’entends par là la livraison à domicile, le click & collect, la possibilité de pouvoir davantage encore tester les produits en magasins. La réactivité et la mobilité sont des facteurs primordiaux à prendre en compte dans ces métiers du non-alimentaires. C’est aussi tout cela que nous voulons améliorer.

LSA – Dans ce contexte, à quoi doivent s’attendre vous fournisseurs avec cette nouvelle entité qui va peser à hauteur de 2,1 milliards d’euros de volume d’affaires ?

B.L. -  Ce partenariat à l’achat entre nos deux groupes, Boulanger et Auchan, a aussi pour volonté de rééquilibrer le marché pour nos partenaires fournisseurs. Pour dire clairement les choses, nous voulons leur proposer une solution alternative au poids important pris par l’ensemble Fnac-Darty en formation. Cela participe à rééquilibrer les choses, sans compter que nous leur offrons, aussi, des débouchés nouveaux, qui chez Boulanger, qui chez Auchan.

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