Le poids des normes

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Dossier Les nouvelles réglementations, obligatoires depuis le 1er janvier 2013, concernent le bien-être porcin. Un objectif louable qui représente toutefois un coût important pour les éleveurs.

Les porcs doivent être élevés en groupe et sans attache sur des sols lisses.
Les porcs doivent être élevés en groupe et sans attache sur des sols lisses.

Il ne fait pas bon être éleveur en France. Avec la hausse des prix des matières premières servant à l'alimentation des animaux (voir évolutions page précédente), les coûts des éleveurs augmentent... mais pas les gains. Le blé constitue la principale denrée de l'alimentation des porcs (80%) ; les protéagineux composent les 20% restants. En 2012, l'ensemble de ces matières premières a augmenté de 31%. « Depuis six ans, avec le premier pic des matières premières, les éleveurs perdent de l'argent, il devient difficile pour eux d'être rentables », note Jacques Poulet, directeur du pôle animal de Coop de France.

23 000

Le nombre d'élevages porcins en France

23,2 M

Le nombre de porcs produits en France en 2012

Sources : Ifip, Coop de France

Coup de massue

Le dernier coup de massue sur la tête des éleveurs est tombé il y a peu. Certes, la directive européenne remonte au 23 octobre 2001, mais 95% des porcheries françaises ont attendu le dernier moment pour se mettre aux normes, c'est-à-dire, le 1er janvier 2013. Cette loi vise le bien-être animal et prévoit donc tout un arsenal de mesures qui vont en ce sens (lire ci-contre). Les plus onéreuses d'entre elles concernent d'abord l'élevage en groupe, qui est imposé avec un espace minimal évalué selon le poids des porcs et des truies qui composent l'élevage.

Pour satisfaire à ces nouvelles exigences, les travaux au sein des exploitations se sont faits tardivement, faute de rentabilité et d'argent à investir. « Le problème, c'est que ces normes supposent des investissements, et qu'actuellement, les éleveurs ne peuvent pas espérer un retour sur investissement », observe Jacques Poulet. De plus, la taille des exploitations en France reste modérée, le coût est donc d'autant plus dur à amortir. Difficile, aussi, de réaliser des économies d'échelle. Et compte tenu du prix du porc au kilo acheté par les abattoirs, à 1,63 € en moyenne en mars 2013, selon l'Institut du porc (Ifip), pas de quoi pavoiser... L'autre exigence de Bruxelles se situe au niveau des sols. La directive prévoit des sols lisses et adaptés à la taille et au poids des porcs, pour éviter que les animaux ne se blessent. Or, beaucoup d'élevages sont équipés de sols avec espaces (caillebottis). D'où un coût supplémentaire dont se serait passée la profession.

 

Abandon du métier

« Face à cette nouvelle contrainte, certains n'ont pas suivi. Des rumeurs courent : 10% des éleveurs auraient abandonné à cause de cette nouvelle directive de Bruxelles », confie un professionnel. Face à l'ensemble de ces contraintes, la production française de porcs est en recul, avec - 2% à - 3% en volume en dix ans. Outre-Rhin, à l'inverse, les chiffres sont en hausse de 20% en volume. Les éleveurs français ne voient pas l'avenir en rose...

Principales mesures de la directive européenne

  • Les animaux sont obligatoirement élevés en groupe, sans attache
  • Les surfaces accordées aux animaux sont fixées selon le poids de l'animal : un mètre carré par animal de plus de 110 kg, 2,25 mètres carrés par truie
  • Tous les porcs doivent pouvoir accéder à l'alimentation en même temps que les autres animaux du groupe
  • Les sols doivent être lissesmais non glissants
  • L'aire de couchage doit être confortable, propre et sèche
  • L'éleveur doit mettre en oeuvre des mesures destinées à prévenir les agressions au sein du groupe

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Article extrait
du magazine N° 2275

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