Le pouvoir d’achat "ressenti" va encore plonger en 2014 selon le BIPE

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Le pouvoir d’achat «arbitrable » doit connaître une chute drastique de 1,6 % en 2013, suivie d'une baisse de 0,4 % en 2014, selon le BIPE, cabinet de conseil en prospective économique. Les dépenses contraintes ne cessent de progresser.

Le fameux débat sur le pouvoir d’achat et les dépenses contraintes refait surface. Le BIPE, qui avait mis au point cet indicateur en 2004, en retranchant les dépenses contraintes pour analyser de plus près le « pouvoir d’achat ressenti » par les ménages, n’avait rien publié sur le sujet depuis 2008. Au début réticente, l’Insee a même consenti à créer un indicateur presque semblable, baptisé « Pouvoir d’achat par unité consommateur ».

Les dépenses contraintes selon le BIPE ont un périmètre un peu plus large que celui de l’Insee. Sont  intégrés notamment les loyers et crédits immobiliers, les assurances, la santé, l’éducation, les transports collectifs, les abonnements téléphoniques et internet. « Ces dépenses subies, où la capacité d’arbitrage des ménages est réduite, représentent 45 % des dépenses des ménages et sont en augmentation de 4 % depuis 2000 », analyse Julien Salles, manager chargé de la consommation au Bipe.

Résultat, les dépenses « arbitrables » par unité de consommateurs - intitulé Pouvoir d'achat Ressenti par le Bipe - plongent depuis 2011 (-2,2 %), puis de - 0,4 % en 2012, et, selon des prévisions, de 1,6 % en 2013 et encore de 0,4 % en 2014 ! Un plongeon qui n’avait pas été observé même après la crise de 2008.

 

 

 

Parmi les catégories les plus touchées, les familles monoparentales « parent actif », les personnes seules «actives », les personnes seules retraitées, et les couples bi-actifs avec enfants. Ceux qui voient leur pouvoir d’achat progresser sont les bi-actifs sans enfant, et les couples retraités sans enfant…

 

 

Ces données pourraient être fort utiles pour ajuster les politiques publiques. Le débat sur le pouvoir d’achat ne cesse en effet de monter, en raison des inégalités croissantes selon la structure des ménages. On savait que les familles monoparentales étaient en grande difficulté, mais il s’avère que les familles avec enfants sont bel et bien touchées par les politiques menées et que leur situation va encore se dégrader, avec la suppression du quotient familial et de l’aide à l’éducation. Pour gagner en pouvoir d’achat actuellement, il faut tout simplement ne pas avoir d’enfants….

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