Le prix de l'électricité pénalise les comptes de la distribution

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Deux ans après la libéralisation du marché, un lobby milite pour que les points de vente pénalisés par les tarifs libres puissent revenir au marché régulé.

>Quand certains magasins font leurs comptes, ils pâlissent : la facture d'électricité a grimpé de 50 à 70 % par rapport à juillet 2004. Ces perdants sont ceux qui ont choisi de quitter le giron des tarifs régulés pour bénéficier de tarifs libérés. La majorité a opté pour EDF, à peine plus de 4 % des sociétés ont migré vers des fournisseurs alternatifs, comme les hypers Carrefour avec Poweo. Aujourd'hui, tous dressent un constat amer. La facture, salée, absorbe une bonne partie des marges. « La différence de tarif a un impact énorme : le poste électricité pèse plus de la moitié des dépenses de fonctionnement d'un magasin », estime Bernard Théobald, président de Perifem, commission technique du commerce. Pis, pour les entreprises qui ont franchi le pas, un retour en arrière n'est pas possible, même à la fin du contrat signé avec le fournisseur.

Deux revendications

Perifem (pour Carrefour, Auchan, Casino et Cora), PPR, France Télécom, TDF et Accor viennent de constituer le Comité de liaison des entreprises ayant exercé leur éligibilité au marché libre de l'électricité (Cleee) pour se faire enten-dre du Parlement. Ce Cleee a deux revendications. D'une part, il souhaite que les entreprises passées au tarif dérégulé puissent bénéficier des tarifs du marché réglementé. « Je ne vois pas pourquoi la France ne pourrait pas lancer ce mora- toire, comme l'Espagne et le Portugal », commente Bernard Théobald. De manière générale, le Clee en appelle à « un marché libre fonctionnant de façon transparente et véritablement concurrentielle ». Il cite le président de la Commission de régulation de l'énergie indiquant qu'« il semble que les grands opérateurs ne soient pas en situation de concurrence réelle » et qu'il existe « des risques d'ententes et de manipulations des prix ». Sur ce dernier point, le comité a confié le dossier au cabinet d'avocats Latham & Watkins en vue d'éventuelles suites judiciaires.

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Article extrait
du magazine N° 1959

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