Le prix des carburants va augmenter "de 8 à 12 centimes" selon Michel Edouard Leclerc

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L’impact de la guerre en Ukraine devrait s’ajouter à un contexte déjà inflationniste vis à vis du prix des carburants. De quoi entraîner de lourdes répercussions sur le prix à la pompe selon le patron des centres E.Leclerc.

Le prix des carburants, déjà sous tension depuis des mois, va augmenter compte tenu de la forte hausse du prix du baril du pétrole dernièrement.
Le prix des carburants, déjà sous tension depuis des mois, va augmenter compte tenu de la forte hausse du prix du baril du pétrole dernièrement.

Le prix du baril de pétrole ne cesse d’augmenter ces derniers mois, entre reprise économique, et une offre limitée de la part des pays producteurs. Si l’on y ajoute le cours de l’euro, qui s’affaiblit, et les incertitudes liées à la guerre en Ukraine (la Russie est un très important pays producteur et exportateur de pétrole), l’impact va se faire durement ressentir à la pompe. Sur son blog, Michel Edouard Leclerc, patron du comité stratégiques des centres E.Leclerc, a déclaré le 4 mars dernier que "le marché est déjà très tendu, mais avec le conflit Russie-Ukraine, ça va flamber. Dès la semaine prochaine (donc à partir d’aujourd’hui, NDLR), la plupart des stations-service françaises vont afficher des prix en hausse de 8 à 12 centimes."

Il a ajouté qu’"en tant que distributeur, et même si c'est pas dans mon caractère, je dois avouer qu'on ne va pas pouvoir s'opposer à cette lame de fond. Comme vous le savez, le prix des carburants résulte essentiellement des marchés internationaux, puis des taxes. Les marges des grandes surfaces, c'est "que dalle" dans ce dispositif, au maximum quelques centimes". Le 3 mars, c’est un autre patron d’enseigne, Dominique Schelcher (Système U), qui prévenait d’une "hausse brutale du carburant dans les jours à venir" sur BFMTV, également d'une dizaine de centimes d'euros.

E.Leclerc vend plus de 10 milliards de litres de carburant par an

Il y a plusieurs mois, bien avant cette situation de guerre à l’Est, la hausse du prix des carburants avait déjà fait couler beaucoup d’encre, et entraîné des réactions des distributeurs, fatigués d’être pointés du doigt. Certains d’entre eux avaient alors décomposé publiquement leur prix de vente, pour montrer que la marge finale tournait autour de 1% seulement. Les opérations de vente à prix coûtant de carburant se sont d’ailleurs multipliées ces dernières semaines dans toutes les enseignes, au fur et à mesure que l’addition grimpait. Michel Edouard Leclerc a donné quelques renseignements sur Siplec, la société coopérative du groupement qui achète le carburant et approvisionne les stations-service de l’enseigne. La structure "met en concurrence des raffineurs comme Total, ExxonMobil ou même Neste (Finlande), elle fait appel aussi à des traders. (…) Mine de rien, c'est un travail de titan : imaginez, E.Leclerc - qui a aussi une filiale avec Système U - achète et revend 10,3 milliards de litres par an".

Et du haut de sa position de défenseur du pouvoir d’achat, E.Leclerc a parfois des surprises : "en période de grosse inflation, les enseignes les moins chères épuisent très vite leurs stocks et doivent le renouveler au prix du jour, et quelquefois à un prix plus élevé que celui pratiqué par leurs concurrents dans la même zone. Oui c'est un paradoxe : celui qui est le moins cher peut devenir pendant quelques heures plus cher."

 

 

 

 

 

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