Le progiciel nouveau est arrivé

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informatique - Le marché des progiciels dédiés au retail n'a jamais été aussi dynamique depuis le boum de l'an 2000. Les besoins nouveaux des enseignes et l'arrivée de technologies telles que les web services favorisent l'émergence de produits radicalement novateurs.

Elles avaient connu un petit passage à vide après les investissements massifs liés au passage à l'an 2000, mais les ventes de progiciels (ERP) ont de nouveau le vent en poupe dans la distribution. D'après les estimations du cabinet IDC, les investissements logiciels dans le secteur commerce et distribution représentaient 1,2 milliard d'euros en France en 2006, soit une hausse de 5,3 %. « Nous sommes majoritairement sur un marché de " première monte " », indique Jean-Charles Deconninck, le patron de Generix/Influe. « 60 % des systèmes installés dans les enseignes sont propriétaires ou le sont devenus », appuie Patrick Buellet, responsable des produits chez Aldata.

Car, autant le savoir : un ERP sur lequel se sont greffés moult interfaces et développements au fil du temps n'a plus grand-chose d'un produit standard, réputé facile à faire évoluer... En clair : le réservoir de croissance est là, et bien là. D'autant que l'évolution des besoins des enseignes et des technologies (l'hébergement ou les web services) favorise l'émergence de produits radicalement nouveaux.

Externalisation

Première tendance : l'ASP, ou externalisation du système d'information. Déjà présente chez Carré blanc ou Watch Me (filiale des Galeries Lafayette), la solution « On Demand » de Cegid offre ainsi une alternative séduisante aux chaînes spécialisées qui n'ont ni le temps, ni l'argent pour maintenir et mettre à jour un système d'information de plus en plus complexe. Moyennant un loyer mensuel, toutes les données système sont hébergées sur le serveur de l'éditeur, auquel se connectent en temps réel (via le réseau ADSL) les caisses de tous les magasins. « D'ici à cinq ans, l'ensemble de l'informatique se fera en mode externalisé », prédit Nathalie Échinard, directrice des marchés sectoriels de Cegid. Patrick Buellet, d'Aldata, y voit aussi une tendance forte, mais tempère : « Les grandes enseignes de la distribution alimentaire, très sensibles sur la question de la confidentialité de leurs données, ne sont pas prêtes. »

Attachées aux systèmes propriétaires, les « vieilles dames » de la distribution n'avaient pas non plus pris le premier train des ERP, à la fin des années 90 - au contraire de leurs soeurs cadettes du commerce spécialisé. Mais elles se rattrapent aujourd'hui « en basculant massivement vers des solutions standardisées », selon Patrick Buellet. « Le progiciel est arrivé à la grande distribution via les filiales à l'étranger », raconte Nicolas Colardelle, directeur commercial grande distribution de Cylande. « Après avoir équipé leurs filiales, en Europe de l'Est, notamment, certains gros de l'alimentaire se sont aperçus que celles-ci collectaient leurs données opérationnelles beaucoup plus rapidement. » Mais contrairement à la distribution spécialisée, qui a tendance à préférer les systèmes « intégrés » qui couvrent aussi bien le back-office que les ventes en magasins, les enseignes alimentaires basculent peu à peu, application par application : la supply chain pour les unes, le réapprovisionnement des entrepôts pour les autres...

Du « modulaire intégré »

Un détour qui ne dérange pas les éditeurs de logiciels. Avec la généralisation de la SOA (architecture orientée services), l'autre grande tendance du moment, la construction des ERP se met à ressembler à « un vaste Meccano », comme se plaît à expliquer Jean-Charles Deconninck, de Generix/Influe : « Grâce aux web services, ces petits composants qui peuvent se parler entre eux sur des modes standard, plus besoin de développer des interfaces lourdes. On ajoute ou on retire des pièces du puzzle à volonté. »

À l'instar de Generix, l'éditeur VCS Timeless propose désormais ses produits en mode SOA. « Nous faisons du modulaire intégré, explique Michel Ramis, directeur général. Chaque client peut acheter une partie, ou l'ensemble de la solution. » Une politique qui a permis à l'éditeur historiquement positionné sur le commerce spécialisé de mettre un premier orteil dans la distribution alimentaire. « Nous avons vendu le module " optimisation du réassort " pour le rayon textile d'un grand distributeur », relate Michel Ramis.

De plus en plus, les besoins des deux mondes, spécialisé et alimentaire, convergent. Tout comme les solutions des éditeurs. Aldata, plutôt positionné sur l'alimentaire du fait d'une solution historiquement orientée supply chain, clame sans complexes son intention d'investir le marché des spécialistes. « Depuis l'intégration, en 2006, de l'offre front-office à notre solution supply chain, nous pouvons offrir une solution complète à l'univers du spécialisé. » Parmi les besoins qui unissent les deux univers, la gestion de la relation client, ou CRM, dont Cegid vise clairement le leadership depuis le rachat, en avril 2007, d'As Infor (qui a notamment développé le support informatique du réseau fidélité de Yves Rocher), mais aussi une demande croissante de mobilité.

Des outils plus pointus et mobiles

Chaque éditeur - ou presque - y va de son offre sur PDA. Fini les vendeurs qui disparaissent en réserve pour vérifier la disponibilité d'un produit : « Les terminaux mobiles ramènent les personnels dans les rayons », commente Nicolas Colardelle. Pour réagir au plus vite, les PDA équipés par Aldata peuvent même recevoir une alerte si tel produit ne se vend pas depuis deux heures... Mais, coût des terminaux oblige, ces solutions mobiles devraient d'abord se déployer dans les rayons à forte valeur ajoutée.

Les outils d'optimisation, enfin sortis de la sphère strictement financière, ont également la cote et permettent le pilotage en finesse de toute la chaîne opérationnelle. La solution « Colombus.next » de VCS Timeless calcule les ventes perdues et propose le meilleur réassort magasin. Chez Aldata, l'outil d'optimisation organise carrément le réapprovisionnement automatique du magasin... À vrai dire, l'imagination des éditeurs n'a de limite que le porte-monnaie de leurs clients distributeurs ! Demain, les ERP permettront aux enseignes de piloter à distance et de façon complètement centralisée l'éclairage et la musique diffusée dans les magasins (FuturStore de VCS Timeless). Mieux : ils leur fourniront le « taux de conversion » de chaque point de vente, grâce à un savant ratio « nombre de clients passés devant la vitrine/nombre de clients effectivement entrés dans le magasin » (FuturStore). Mais jusqu'où les éditeurs iront-ils ?

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Article extrait
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