Le rapport Chalmin fait apparaitre des marges faibles sur les rayons frais

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Pour la seconde année consécutive, Philippe Chalmin a remis au ministre de l'Agriculture le rapport destiné aux parlementaires sur la formation des prix et des marges dans la filière alimentaire. La FCD fait valoir sa volonté de transparence, ainsi que les faibles marges réalisées sur les rayons, et appelle l'industrie alimentaire à publier ses marges...

Rapport Chalmin

Le rapport Chalmin nouveau est arrivé. L'économiste, président de l'Observatoire des prix et des marges, a remis son rapport ce matin au ministre de l'Agriculture. Il faut surtout apparaître que les hausses des produits agricoles en amont ont été absorbées par la distribution et l'industrie, au bénéfice du consommateur. "L’effet sur les prix au détail de ces hausses en amont des filières des produits carnés a été amorti, - avec des nuances parfois importantes selon les produits -, par l’industrie ou la grande distribution, voire par les deux maillons,comme en témoigne le suivi des marges brutes de 2011 à 2012 ou entre le 1er semestre 2012 et le 1er semestre 2013. Selon les produits, les marges brutes baissent, ou augmentent moins que l’ensemble des charges qu’elles doivent couvrir.Dans les industries des viandes, cette situation se traduit par des bénéfices faibles, représentant de 0% à 2% du chiffre d’affaires selon les secteurs, et en baisse dans l’abattage-découpe de porcs et de bovins ou dans la charcuterie-salaison." indique le rapport.

Mais la grande distribution, contrairement aux accusations des producteurs, ne capte pas non plus la valeur ajoutée sur ces produits. " les résultats par rayon en 2012 apparaissent contrastés, entre la boucherie, qui présente une marge nette négative (-1,3% du CA, avant impôt) après répartition des charges communes entre tous les rayons, et les rayons « volailles » et « charcuterie » qui bénéficient des taux moyens de marge nette rapportée au chiffre d’affaires les plus élevés des rayons alimentaires frais (8% à 9% du CA, avant impôt).Dans la filière laitière (lait de vache), depuis 2008, le prix du lait à la production se situe nettement en dessous de celui qui aurait maintenu à son niveau antérieur la marge moyenne des élevages sur leurs consommations intermédiaires. Au détail en GMS, on note, sur la période 2012-2013, une relative stabilité des prix des divers produits laitiers suivis par l’observatoire ; selon les produits et les périodes, l’amortissement des hausses des prix est assuré plutôt par l’industrie ou plutôt par la distribution, par le resserrement de leurs marges respectives. En GMS, le rayon des produits laitiers présente en 2012 une marge nette avant impôt de 3,7% du CA en moyenne, supérieure à la moyenne tous rayons frais (2,3%), précise le rapport.

La FCD se réjouit de ces résultats, qui tordent le cou aux idées reçues sur les marges. "Les résultats de l'observatoir confirment ceux de 2012, avec une marge nette moyenne de 1.5 %. Sur un caddie payé 50 euros par un consommateur, seulement 75 centimes représentent les marges de la distribution". Dans le détail, les étals de la marée et le pôle boulangerie-pâtisserie, les deux nouveaux rayons passés au crible de l’organisme, affichent respectivement -3.7% et -1.3% de marge nette, en raison des "frais importants de personnel inhérents aux rayons traditionnels", de l'ordre de 30.5 % du chiffre d'affaires. La boucherie reste aussi dans le rouge avec -0.8%, mais affiche des progressions honorables (-4.4% en 2011), et cela "malgré la hausse des coûts des matières premières dans ce secteur", commente Philippe Chalmin, président de l'Observatoire.

Volailles et charcuterie toujours en tête

Enfin, les fruits et légumes sont légèrement positifs, avec une marge de 0.9% (contre -0.7% en 2011), les deux rayons à marge restant la volaille (5.3%) et la charcuterie (5.8%) . "Les enseignes de la distribution poursuivront ce travail de transparence avec l'Observatoire et regrettent que les grandes industries agroalimentaires continuent de refuser la publication de leur marges nettes en France", ajoute le lobby dirigé par Jacques Creyssel. Sans doute un appel du pied à Jean-Philippe Girard, le nouveau président de l'Ania...qui n'a pas encore réagi.

En revanche, la FNSEA n'est pas du tout d'accord avec la vision de la FCD. "Le rapport met clairement en évidence que la hausse des prix des matières premières agricoles, observée de nouveau sur la campagne 2012/2013, n’a eu que peu ou pas d’impact sur les prix au détail.En clair, cela signifie que l’amortissement du coût de l’aliment se fait d’abord au maillon de l’élevage, au détriment du revenu des producteurs, et que la répercussion vers l’aval apparaît insuffisante pour un partage équitable de la valeur ajoutée entre les acteurs économiques. Les marges nettes négatives observées cette année encore sur le rayon boucherie et sur le rayon boulangerie des GMS posent question, alors même que des outils industriels cessent leur activité et que la production agricole recule. Ces rayons traditionnels ne feraient-ils pas office de rayons d’appel dans la guerre concurrentielle à laquelle se livrent les enseignes ?, interroge le syndicat agricole présidé par Xavier Beulin. Bref, le rapport Chalmin ne sert pas qu'à éclairer, il permet aussi de soutenir... des visions différentes selon que l'on soit à un endroit ou à l'autre de la filière...

 

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