Le régime de l’auto-entrepreneur se montre résilient, malgré les freins

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La Fondation Le Roch-Les Mousquetaires et l’Union des auto-entrepreneurs a fait réaliser un sondage par Opinion Way qui montre que le régime résiste bien, malgré les contraintes. Emmanuel Macron devrait en améliorer le dispositif.

François Hurel, président de l'Union des auto-entrepreneurs, souhaiterait un régime social pour les autoentrepreneurs
François Hurel, président de l'Union des auto-entrepreneurs, souhaiterait un régime social pour les autoentrepreneurs

Le régime des auto-entrepreneurs, qui compte aujourd’hui plus d’un million d’entreprises - dont 200 000 dans le commerce, et la majeure partie dans les services - pour un chiffre d’affaires de 12 milliards d’euros, se montre résistant, malgré les barrières que le gouvernement a mis en place au début de la législature, et qu’Emmanuel Macron devrait revisiter à l’occasion de la loi qu’il présentera en janvier. La Fondation Le Roch-Les Mousquetaires, présidée par Marie-Thérèse Le Roch, épouse de l’ancien fondateur du Groupement des Mousquetaires, et l’Union des auto-entrepreneurs, a fait réaliser un sondage par Opinion Way pour mieux cerner leurs profils et leurs besoins.

Les auto-entrepreneurs sont devenus des acteurs économiques majeurs : 19% des français et 27% des dirigeants d’entreprises ont déjà fait appel à eux. Et ces derniers sont 68% à affirmer que le recours à des auto-entrepreneurs par les entreprises va se développer à l’avenir. L’auto-entrepreneuriat semble s’inscrire dans des tendances fortes de l’évolution des modes de travail en France. Avant les considérations économiques, c’est d’abord le désir d’indépendance qui les motive (46 %), contre 30 % pour sortir du chômage ou compléter un contrat à temps partiel.

Ceux dont le régime constitue l'activité principale a doublé 

Autre tendance marquante, la montée en puissance de l’auto-entrepreneuriat  en tant qu’activité principale : c’est le cas pour 14% des auto-entrepreneurs en 2015, un chiffre doublé par rapport à 2014, même si la coexistence entre plusieurs activités demeure la règle. Dans le cas d’une activité secondaire (47%), le cumul se fait pour 43% d’entre eux avec le salariat (36% dans le secteur privé, 7% dans le secteur public). Enfin et surtout, le développement de l’économie numérique et collaborative s’appuie de plus en plus sur l’auto-entrepreneur via notamment les plateformes de mise en relation. 52% des auto-entrepreneurs pensent que son développement va accroître leur nombre et 68% des dirigeants que le recours à un indépendant ou un auto-entrepreneur va se développer à l’avenir.

« S’il y a plus d’un million d’auto-entrepreneurs aujourd’hui, c’est que le régime répond à un double mouvement de l’économie française : l’essor d’une volonté d’indépendance et d’entrepreneuriat mais aussi l’avènement de l’économie numérique et collaborative dont le développement nécessite des contributeurs indépendants » analyse François Hurel, président de l’Union des auto-entrepreneurs. Laquelle milite pour un régime de protection sociale qui réduirait la crainte de se lancer et favoriser la création d’un million d’entreprises de plus. Il existe actuellement environ 200 000 commerces exerçant sous ce régime. L'essentiel reste les services, notamment les petites entreprises de transport pour répondre à la demande du commerce en ligne, d'après la hausse constatée par l'Insee il y a peu. 

Que prévoit Emmanuel Macron ? 

Reste également à savoir ce que prévoit Emmanuel Macron dans la future loi qu’il doit présenter en janvier. Il a promis de lever des verrous qui empêchent les candidats à devenir des entrepreneurs, prenant l’exemple de l’obligation d’un BEP coiffure pour les coiffeuses “afro” alors qu’il n’y a pas de formation à la coupe afro. Ce qui les obligent à travailler pour “des tenanciers de salon de coiffures qui ont le BEP”, selon la formule du ministre, au lieu de travailler pour elles-mêmes. Voilà qui décoiffe…

La Fondation Le Roch-Mousquetaires est bien fondée à soutenir l’entrepreneuriat. Jean-Pierre Le Roch a crée le groupement et son enseigne Intermarché, puis les satellites (Bricomarché) lors d’un scission avec le mouvement E.Leclerc. C’est d’ailleurs lui, un peu contre l’avis d’Edouard Leclerc, aux tout débuts du mouvement, qui a fondé le Galec, la centrale d’achat de Leclerc. Le groupement des Mousquetaires compte aujourd’hui 2900 chefs d’entreprises exploitant un ou plusieurs points de vente, possède une filiale agroalimentaire qui pèse près de 3 milliards d’euros, ainsi que le plus gros armement de pêche en France. Le soutien de la fondation à l’auto-entrepreneuriat n’a rien d’illogique...

 
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