Marchés

Le régime minceur des emballages

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En matière d'emballages, la recherche de légèreté est depuis longtemps, et reste, l'une des priorités des industriels. Ces dernières années, l'essentiel des progrès accomplis est dû à des substitutions de matériau.

Entre 1997 et 2009, la population française a crû de près de 8%. Il aurait donc été logique de voir le tonnage des emballages ménagers progresser dans la même proportion. Une étude coréalisée par Conseil national de l'emballage, l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe) et Éco-Emballages1 et publiée voici quelques semaines suggère pourtant fortement le contraire. De fait, l'examen de dix marchés de grande consommation, représentant à eux seuls environ 25% des emballages ménagers, fait apparaître un recul estimé par l'étude à 20% !

Principale explication : des substitutions d'un matériau par un autre pour emballer le même produit. Exemple avec les marchés des yaourts, eaux gazeuses et jus de fruits, où le verre, autrefois dominateur, est aujourd'hui beaucoup plus discret, au profit de ses concurrents : plastiques, briques, PET...

Autre raison d'une telle évolution, le développement ces dernières années des grands formats. C'est le cas du côté jus de fruits, des eaux plates, mais aussi des bières, avec l'apparition et le succès des canettes de 50 cl.

Les auteurs de l'étude s'en félicitent : « Cette réduction du poids des emballages ménagers, couplée à la progression du recyclage, permet, au global, de réduire tous les impacts environnementaux. » Mais elle ne constitue pas pour autant la solution ultime.

 

Encouragements bienvenus

Dans le cas des jus de fruits, « la baisse du tonnage d'emballages se traduit même par une augmentation des impacts environnementaux pour l'effet de serre, l'épuisement des ressources naturelles et la consommation d'énergie primaire... » Un message à l'attention des industriels (et des fabricants de matériaux) pour les encourager à poursuivre leurs efforts dans le domaine du poids, mais sans oublier l'ensemble des critères de l'écologie et du développement durable...

Un encouragement sans doute bienvenu, puisque, dans le domaine du poids, de nombreuses limites semblent sur le point d'être atteintes. Le PET, par exemple, ne semble plus disposer d'un grand potentiel d'amaigrissement, sans remettre en cause ses qualités de protection du produit et de praticité. À l'inverse, le verre, par ailleurs champion toutes catégories du recyclage (80%, contre 55% pour le carton, le PET, et seulement 39% pour les briques), paraît parmi les mieux placés pour encore progresser. Pur hasard ? Le souci de la réduction du poids et de la quantité de matériau utilisé ne semble pas avoir été particulièrement distingué par les experts du jury du Salon de l'emballage, du 19 au 22 novembre à Paris, qui ont déjà décerné leurs « Packs innovation awards 2012 ».

 

« Refermabilité pratique »

Parmi les onze innovations distinguées, seule une, les « préformes Preblow » de PDG Plastiques, permet un réel gain de poids de l'emballage final.

En termes de tendance, c'est davantage la « refermabilité pratique » qui a été distinguée (et donc la consommation fractionnée) avec deux innovations, l'Easy Lid de Sealpac, et le Gook d'Europlastiques. Deux nouveaux systèmes (ouverture et fermeture) de barquettes plastiques qui transforment l'opercule d'ouverture en couvercle. Valeur ajoutée : une fonction en plus et du matériau en moins. Après s'être inscrits dans la tendance du développement durable, les professionnels de l'emballage ont-ils décidé de prendre leur part de la lutte contre le gaspillage alimentaire ?

YAOURTS ET ASSIMILÉS : LE VERRE À LA PEINE

Les yaourts et assimilés (yaourts, yaourts à boire, laits fermentés assimilés yaourts et alicaments, hors fromages frais et desserts frais lactés) a progressent de 7,7% entre 1997 et 2009. Une évolution similaire à celle de l'évolution démographique. Le tonnage d'emballages est pourtant en 2009 inférieur de 7% à celui de 1997. Une évolution due aux progrès du carton et du plastique par rapport au verre.

 

LAIT FRAIS ET UHT : LA BOUTEILLE PLUS LOURDE QUE LA BRIQUE...

La consommation totale de lait (frais, pasteurisé, stérilisé et UHT, y compris lait aromatisé, mais hors lait infantile) est en baisse régulière depuis 1997 (- 20%). La diminution moindre du tonnage d'emballage (- 9%) s'explique par les gains du PEHD, plus lourd que la brique, mais aussi par le développement des petits formats. À noter, à partir de 2009, l'arrivée du PET pour environ 3% du tonnage...

 

EAUX PLATES NATURE ET AROMATISÉES : DES BOUTEILLES DE PLUS EN PLUS LÉGÈRES

Les eaux embouteillées plates (de source, minérales et aromatisées) progressent de 2% entre 1997 et 2009. Parallèlement, le tonnage d'emballages ménagers est inférieur en 2009 de 10% par rapport à 1997. Une baisse qui s'explique essentiellement par des gains sur le poids des bouteilles. Ainsi, la bouteille PET de 1,5 litre ne pesait plus que 33 g en 2009, contre 38,8 g en 1997.

 

BIÈRES : LA PERCÉE DES CANETTES...

Sur la période 1997-2009, la réduction de la consommation explique presque pour moitié la baisse de 20% du tonnage d'emballages. Parmi les autres facteurs, le développement des formats plus importants que le 25 cl traditionnel. Exemple avec les canettes de 50 cl en acier et aluminium. Des canettes qui, parallèlement, pèsent de moins en moins lourd. De 40 g en 1997 (pour le format 50 cl), à 37 g en 2009.

 

JUS DE FRUITS ET NECTARS : LE VERRE EN PERTE DE VITESSE

La consommation de jus de fruits (jus de fruits ambiants ou réfrigérés, nectars...) a fortement augmenté (+ 46%) entre 1997 et 2009, tandis que le tonnage d'emballages diminue sur la période considérée (- 21%). Cette baisse s'explique essentiellement par une évolution de la répartition entre les matériaux. Mais aussi, dans une moindre mesure, par le développement des grands formats (1,5 litre et 2 litres) brique et plastique. À noter que, pendant cette période, la bouteille de verre a subi elle aussi une cure d'amaigrissement. Au format 1 litre, elle pesait 423 g en 2009, contre 447 g en 1997.

 

POUDRES ET LIQUIDES DE LAVAGE DU LINGE : LES LESSIVES CONCENTRÉES ONT FORTEMENT CONTRIBUÉ À LA RÉDUCTION DES EMBALLAGES

Pour mesurer l'évolution des produits de lavage, les auteurs de l'étude, du fait de l'évolution des concentrations des lessives, se sont référés aux recommandations de dosage des fabricants, et donc à l'usage fait du produit plutôt que du tonnage proprement dit. Sur cette base, on observe une baisse de la consommation de 4%. En 2009, la lessive liquide domine le marché (68% des doses). Les doses unitaires représentent environ 10% des volumes. La baisse du tonnage d'emballages (- 25%) est surtout due à la concentration des lessives qui se répercute sur l'emballage... La progression du PEHD reflète la domination croissante de la lessive liquide.

 

 

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