Boissons

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Le rosé, une valeur sûre du rayon vin

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Les vins rosés pèsent 27% du marché du vin en 2011, contre 11% en 1990. Cette couleur poursuit sa fulgurante progression, portée par des ventes en voie de désaisonnalisation et des produits de qualité.

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L222604401_2Z.jpg© PHOTOS DR

Voici une couleur de vin qui, pour le moment, n'intéresse pas trop les Chinois. « Nous en exportons peu là-bas, explique Christophe Bernard, directeur général du Château Sainte-Roseline, le prestigieux rosé de Provence. Les Chinois considèrent que ce n'est pas un vin très viril. » Pas grave, car la France, premier pays producteur au monde devant l'Italie et les États-Unis, reste le premier consommateur de vin rosé au monde, avec 11,8 litres par habitant et par an.

À peine considéré comme un jus de raisin il y a encore quelques années, le rosé, qui pèse désormais 27% des ventes, a gagné ses galons au rayon vin, avec, même, des ventes qui se désaisonnalisent.

« Voici encore quatre ans, le rosé se vendait de mai à septembre, explique Bernard Magrez, propriétaire de prestigieux vignobles bordelais et de deux domaines en Provence (Château La Gueiranne et Le Clos des Muraires). Maintenant, si les mois chauds restent importants, il s'en vend toute l'année. »

 

Merci mesdames !

Un étalement des ventes qui se traduit dans les chiffres : en valeur, les ventes se sont envolées de 7,9%, pour atteindre 822,7 millions d'euros, tandis que l'ensemble du vin tranquille (3,6 milliards d'euros), soit les trois couleurs, n'a bondi que de 2,9% sur un an, selon SymphonyIRI (CAM au 29 mars 2012). En volume, même écart : le rosé a gagné 5,9%, contre 0,2% pour la catégorie.

La raison d'un tel engouement ? « Ce sont surtout les femmes qui font les courses et donc achètent les vins, analyse Bernard Magrez. Le rosé leur plaît, car il peut se boire de l'apéritif à la fin du repas. Les femmes se fient volontiers à la couleur d'un rosé plutôt qu'au millésime ou à l'appellation. Elles sont attirées par les teintes les plus pâles. » En effet, plus ce vin est clair, plus il est léger, dans l'esprit des consommateurs.

Si la couleur est une bonne clé d'entrée, il n'en reste pas moins qu'il leur faut se repérer dans le dédale des rosés. Car, au vu de ses performances, toutes les régions se sont mises à en élaborer. La Provence reste, de loin, la région phare des vins de cette couleur, avec 44,5% des volumes vendus. Toutefois, elle n'enregistre qu'une progression de 3,1% sur un an, car ses vins (prix moyen à 4,74 €) sont un peu plus onéreux que ceux des autres régions (3,14 €). La deuxième région importante, la Loire (22,4% des ventes en volume), s'envole de 13,3 %. Les autres régions ne dépassent pas les 10 % du marché, sauf la vallée du Rhône (11,9%) suite à une belle croissance (+ 11,5%).

Les vins rosés en chiffres

822,7 M € de ventes en valeur, CAM au 29 mars 2012, en hypers et supers census

+ 7,9% en valeur

+ 5,9% en volume

3,14 € de prix moyen 93,5 de références en moyenne

Source : SymphonyIRI

 

Rose pâle

Quand il a racheté le Château La Gueiranne, soit 9 hectares en Provence, Bernard Magrez a souhaité élaborer un rosé très pâle. Car les client(e)s associent facilement rosé clair avec légèreté du vin.

Les cépages en forme

Comme pour les autres couleurs de vin, les cépages gagnent du terrain. Ils représentent déjà 18,9% des ventes tandis que les rosés d'appellation (côtes-de-provence, cabernet-d'anjou, bordeaux rosé, etc.) restent leaders avec 41 % en volume et 58% en valeur. Les vins rosés de cépage s'envolent de 4,3% en volume et de 9,1% en valeur.

Dans le top 5, le cinsault - l'un des cépages les plus utilisés pour produire du rosé - s'arroge 58,4% du marché en volume. Cependant, il cède un peu de terrain (- 14,4%), ce qui profite au bicépage (+ 120,6%) et au grenache (+ 41,8%). Ce dernier a ceci de particulier qu'il permet de vinifier des vins des trois couleurs. Le Languedocien Gérard Bertrand a d'ailleurs lancé la marque Gio avec trois vins - un rouge, un blanc et un rosé - issus de ce cépage. « C'est le rosé qui tire les ventes des autres couleurs », assure Karine Hamelin, directrice marketing de Gérard Bertrand. Conclusion, pour qu'une marque réussisse un effet de gamme, ne pas oublier d'inclure un rosé.

100 % grenache

Le grenache est le seul cépage qui permet de produire des vins rouges, blancs et rosés. Gérard Bertrand a donc lancé Gio, une marque dédiée à ce cépage. Sur les trois vins de la gamme, le rosé est celui qui se vend le mieux.

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