Le salon de l'Agriculture se tiendra en pleine crise de volatilité des prix des produits agricoles

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Dossier Le ministre de l’Agriculture, Stéphane Le Foll, qui tenait une conférence de presse ce jeudi 7 janvier 2016 pour le lancement du salon de l’Agriculture, n’a pas caché ses craintes sur la forte volatilité des prix des produits agricoles au niveau mondial, qui pèse sur le revenu des agriculteurs.

La mascotte du Salon de l'Agriculture, Cerise. Le salon le plus populaire se tiendra à partir du  27 février 2015
La mascotte du Salon de l'Agriculture, Cerise. Le salon le plus populaire se tiendra à partir du 27 février 2015

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Le prochain salon de l’Agriculture se tiendra du 27 février au 6 mars. C’est le salon le plus populaire, avec 700 000 visiteurs en moyenne chaque année, et l’occasion d’une rencontre entre les urbains, qui viennent découvrir les animaux et les végétaux, et le monde rural, fier de faire valoir son savoir faire en matière d’élevage ou de produits de tradition, ou locaux. C’est la “plus grande ferme de France”, selon la formule consacrée.

Mais le ministre de l’Agriculture, Stéphane Le Foll, qui tenait une conférence de presse ce jeudi 7 janvier 2016 pour le lancement du salon, n’a pas caché ses craintes alors que sévit une forte crise des prix des produits agricoles. “Les crises de marché sont encore présente cette année, sur l’élevage mais aussi sur les céréales. Les prix sont sous la pression de l’offre et de la demande au niveau mondial. Partout en Europe, les producteurs de lait et de porc subissent une forte baisse de leur revenus, en France, mais aussi en Allemagne, aux Pays-Bas, et cette situation pèsera sur ce rendez-vous, même s’il doit rester un grand moment de convivialité”.

35 000 exploitations en difficulté

Pour faire face à la situation, le ministre appelle à une structuration des marchés. “Il y a encore un très gros potentiel de production dans le monde, dans le lait comme dans les céréales et les autres marchésx. Nous devons optimiser partout, dans l’offre locale et l’économie circulaire, dans la qualité - une exploitation sur quatre est sous indication géographique de provenance -, dans la traçabilité, qui permettent des prix plus rémunérateurs. Et aussi à l’exportation. Certains veulent un repli sur l’hexagone, mais notre potentiel serait alors réduit, rabougri”. Le ministre a indiqué que 35 000 exploitations étaient en grande difficulté, et qu’il fallait “orienter les aides” vers les plus fragiles.

Interrogé par LSA sur l’organisation des filières - de nombreuses enseignes seront présentes sur le salon, ainsi que des industriels de l’alimentaire, aux côtés des agriculteurs ou éleveurs, Stéphane Le Foll a dressé un bilan mitigé de l’évolution des interprofessions. “Une interprofession a été mise en place dans la volaille, il faut des organisations, je le sais pour avoir dû faire face à la crise de l’entreprise Doux. Mais il n’y en a pas dans le lait et on se retourne vers le ministre pour résoudre la crise. Dans le sucre, sans interprofession, je crains pour les producteurs lors de la sortie des quotas. Dans la viande bovine, je salue le dynamisme du président de l’interprofession, mais les difficultés ne manquent pas non plus”.

Une ferme connectée

Stéphane le Foll a enfin souhaité que les exploitants agricoles puissent aussi profiter des gains de productivité qu’ils dégagent. “Ces gains ont été distribués en amont et en aval. J’en appelle à la responsabilité de la distribution, mais aussi des entreprises en amont, de phytosanitaires ou d’intrants. Nous sommes au bout du processus, les exploitants ne peuvent pas continuer à tout distribuer, ils doivent pouvoir garder de la valeur ajoutée”. Le Salon de l’Agriculture sera aussi l’occasion de rendez-vous de business, y compris international - de nombreuses délégations étrangères ont été invitées, de dégustations ou encore de colloques sur l’avenir de l’alimentation, l’attente des consommateurs, la recherche, avec une “ferme connectée” qui doit préfigurer l’avenir.

 
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