Le secteur du commerce associé passe mieux la crise

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Une fois de plus, les quelque 38 000 points de vente recensés par la Fédération du commerce associé échappent à la morosité. Ils affichent en 2009 une croissance insolente de 0,9 %. Et ont même créé 9 500 emplois.

Selon Guy Leclerc,
président de la FCA,
la crise pousse
les entrepreneurs
isolés à l’entraide
et au partage
des savoir-faire.
Selon Guy Leclerc, président de la FCA, la crise pousse les entrepreneurs isolés à l’entraide et au partage des savoir-faire.© B.Martinez

Malgré une activité en dents de scie en 2009, notamment avec plusieurs mois difficiles (février, mai, août et novembre) et des périodes de soldes peu fructueuses, les enseignes du commerce associé ont connu en 2009 une croissance de 0,9 %, soit nettement au-dessus de celle du commerce de détail.

Le secteur du jouet et de la puériculture, essentiellement représenté par Joué Club et par Bébé 9, et celui de la culture, sont parmi les plus dynamiques.

Chaque année, c'est la même ritournelle. Le commerce associé, qui regroupe les coopératives, ou des modèles économiques proches, et des enseignes diverses et variées - de Leclerc à Système U, de Pantashop à Passion Beauté, de Monsieur Meuble à Intersport -, connaît sa huitième année de croissance ininterrompue. La crise a juste quelque peu atténué le succès de ce type de commerce.

 

Plus de points de vente

Selon les derniers chiffres livrés par la Fédération du commerce associé (FCA), ce dernier affiche une croissance en valeur de 0,9 % pour 2009, pendant que le commerce de détail chute de 2,2 %. Une progression à tempérer, sachant qu'elle tient compte des ouvertures de points de vente. Or, le nombre de magasins a crû sur la même période de 2,7 %. Il n'empêche, la performance est là, dans un contexte incertain, avec de mauvais mois de février, mai, août et novembre, et des périodes de soldes qui n'ont pas permis de rattrapage. « Ce regain d'activité se maintient sur le premier semestre 2010, mais l'activité commerciale est plus que jamais imprévisible », précise Guy Leclerc, président de la FCA. Et si la croissance s'est maintenue, c'est grâce à une hausse des volumes qui a compensé la baisse du prix moyen des produits.

À y regarder de plus près, les six groupements du secteur alimentaire, qui pèsent à eux seuls plus de la moitié de l'activité du commerce associé, tirent la croissance avec une hausse pourtant contenue de seulement 1 % de leur chiffre d'affaires. « Cela tient à la déflation qu'ont subie les produits alimentaires, mais aussi à la baisse importante du prix du carburant (- 14 %) », explique Alexandra Bouthelier, déléguée générale de la FCA. C'est mieux cependant que les réseaux non alimentaires, qui se contentent d'un maigre + 0,67 %. En cause, notamment, l'équipement de la maison (- 6,3 %), qui réunit des enseignes comme Ambiances et Style ou Culinarion.

 

L'impact de la LME

 Outre la conjoncture difficile, le commerce associé a dû aussi composer avec la réduction des délais de paiement, ramenés à quarante-cinq jours, au lieu des soixante habituels, par la loi de modernisation économique (LME). « Il y a eu un décalage entre les exigences des fournisseurs en matière de volumes et la rotation des stocks des commerçants, assure Guy Leclerc. Les délais sont encadrés, mais la rotation n'a pas changé et le besoin en fonds de roulement a augmenté. Pour arriver à réduire de vingt jours les délais de paiement, il faut aller chercher 5 % de chiffre d'affaires supplémentaire ! »

Malgré tout, le commerce associé peut se targuer d'avoir attiré de nouveaux venus, puisque les 75 groupements recensés ont gagné, en 2009, plus de 1 000 points de vente nets. Un gain qui se décompose en 1 553 entrées et 544 sorties. « En période de crise, et donc de plus grande fragilité, les entrepreneurs isolés ont besoin de se rapprocher d'autres pour partager leur savoir-faire », estime Guy Leclerc. Ces nouveaux entrepreneurs, dont le profil reste quasi inchangé depuis cinq ans, se recrutent parmi les secteurs de l'alimentaire et de la pharmacie. Dans le premier, le rapprochement de Mutant et de Système U Sud a rapporté pas moins de 250 nouveaux magasins. Dernier aspect positif, et pas des moindres, le commerce associé contribue à l'emploi. En 2009, il a généré 9 500 salariés de plus qu'en 2008. Autant d'arguments pour peser davantage face aux pouvoirs publics.

QUELQUES CHIFFRES


118,5 Mrds €

Le CA cumulé des points de vente TTC

+ 0,9 %

La croissance annuelle

75 Le nombre de groupements*

143

Le nombre d'enseignes nationales

38 145

Le nombre de points de vente (+2,7 %)**

452 762

Le nombre d'employés (+2,9%)**

*Stature nationale

**Évolution versus 2008

Source : Observatoire économique du commerce associé


 

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Article extrait
du magazine N° 2138

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