Marchés

Le système des profils nutritionnels se précise

|

Législation - Dans le cadre de la réglementation européenne sur les allégations santé, le principe des profils nutritionnels fait office de pivot central. Il doit permettre de définir quels aliments sont considérés comme sains et peuvent revêtir des promesses santé. Encore floue, sa définition s'éclaircit.

Le voile se lève. Le 5 juin, un document de travail sur les profils nutritionnels a été présenté aux États membres de l'Union. Une base solide qui permet d'avancer sur la réglementation européenne en matière d'aliments santé. En effet, le principe des profils nutritionnels est le pivot central du dispositif. Il s'agit de noter les produits selon leurs atouts et leurs points faibles en matière de nutrition (vitamines, acides gras trans...). Grâce à ce mode de calcul complexe, baptisé SAIN-LIM, chaque aliment obtiendra une note qui le placera dans une catégorie : éligible ou non aux allégations. « Tant que ce système n'est pas mis en place, les fabricants peuvent faire une allégation de type 0 % de sucre sur une huile, ce qui est aberrant », explique Béatrice de Reynal, nutritionniste qui participait la semaine dernière à un déjeuner débat du club PAI, une association de professionnels des produits alimentaires intermédiaires.

Le fromage en danger

Les acteurs concernés ont désormais six mois pour donner leur avis et remonter leurs critiques vis-à-vis du modèle SAIN-LIM. « Parmi tous les systèmes recensés permettant de juger un produit alimentaire sur son profil nutritionnel, aucun n'est parfait. Mais le SAIN-LIM est celui qui est le mieux placé », estime Béatrice de Reynal.

Sur la critique, certaines professions vont être plus actives que d'autres. En effet, le modèle proposé exclut de facto certains marchés de toute allégation : les fruits et légumes, les fromages, les poissons, les boissons sucrées ou les matières grasses animales. Des produits dont les avantages ne suffisent pas à éclipser les défauts (trop de gras, de sucre...). Si les fruits et légumes sont déjà sûrs de bénéficier d'une exemption, ce n'est pas le cas des autres. Un modèle qualifié de « restrictif » par Amélie Denis, de l'Ania : « Il faut réfléchir à placer la barre à un autre niveau : plus il y aura de produits qui ont le droit de faire des allégations santé, plus ils seront à améliorer leurs recettes. »

Côté produits laitiers, la riposte s'organise : « Le fromage est la principale source de calcium de l'alimentation française, mais tel que le projet est présenté, 90 % des fromages n'auraient pas droit aux allégations », affirme Éric Grande, de Lactalis. Sur ce point, il a l'appui de Béatrice de Reynal : « Exclure les crèmes desserts du système des allégations, ça me va bien. En revanche, pour le fromage, c'est très embêtant. Il faut ménager quelque chose de spécial pour les fromages et produits laitiers. » Le projet doit être entériné en janvier 2009, pour application définitive en 2011.

Testez LeMoniteur.fr en mode abonné. Gratuit et sans engagement pendant 15 jours.

Toutes les actus de la consommation et de la distribution

je m’inscris à la newsletter