Le Top 20 des coopératives agricoles et alimentaires en forte progression [Infographie]

|
Twitter Facebook Linkedin Google + Email Imprimer

La croissance des coopératives agricoles est légèrement inférieure à celle des années précédentes, d’environ 0,5 %. Mais la taille des vingt premiers groupes coopératifs a doublé en cinq ans. Et les fusions et acquisitions vont probablement reprendre en 2015. Philippe Mangin, président de Coop de France, veut que le mouvement se poursuive, y compris au niveau européen...

Philippe Mangin, président de Coop de France, veut que la concentration se poursuivre
Philippe Mangin, président de Coop de France, veut que la concentration se poursuivre© © Sylvie Humbert

Le chiffre d’affaires des coopératives, telles que Terrena (viandes et volailles), Tereos ( sucre), Sodiaal (lait) ou In Vivo (matières premières), s’est établi à 84,8 milliards d’euros en 2013, en croissance de 0,58 % contre environ 1 % les années précédentes. Le nombre de fusions aquisitions a un peu diminué de 78 en 2013 à 73 opérations en 2014.

« Le ralentissement s’explique par le cumul de la hausse du chômage, la baisse du pouvoir d’achat, la guerre des prix, qui provoquent une réduction des marges et un recul de l’investissement, a précisé Philippe Mangin, président de Coop de France. Mais si l’on compare à l’industrie alimentaire privée, nous ne nous en sortons pas si mal »

Restructuration à grande vitesse

Les coopératives se restructurent à grande vitesse. Plus de la moitié du chiffre d’affaires – 52,7 milliards d’euros précisément - sont désormais réalisés par le Top 20 des coopératives, contre 27 milliards cinq ans plus tôt. Il est probable que le mouvement va s’accélérer. Les plus grosses coopératives ont désormais la surface financière pour agréger les petites sociétés, coopératives ou privées, qui gravitent autour d’elles, ou pour renforcer les exportations, tout en gagnant en compétivité. Et les fusions et acquisitions vont probablement reprendre en 2015. Y compris au niveau européen. "Nous ne parlons pas assez avec les coopératives d'autres pays, allemandes notamment. Nous devons nous y mettre". Il observe que les coopératives américaines sont en plein essor. 

In Vivo s’inscrit ainsi à plus de 6 milliards de chiffre d’affaires, Tereos, Terrena, Sodiaal et Vivescia à plus de 4 milliards d’euros, Agrial et Axéréal les frôlent.  Elles ont les moyens de consolider leurs secteurs et plusieurs projets sont envisagés. Idem dans le vin, où la coopération devrait se concentrer, notamment à l’export. Les problèmes majeurs se situent dans la viande – notamment le porc - et la volaille, rudement confrontés à la concurrence européenne, où les coopératives  tardent encore à se concentrer.

Faire face aux baisses de prix dans le secteur laitier

Le secteur laitier pourrait lui aussi connaître des turbulences, avec la chute des cours mondiaux qui n’a pas encore touché l’Hexagone. «Les coopératives laitières investissent énormément pour gagner en compétitivité, et si un secteur a bougé au cours des dernières années, c’est celui-là, observe Philippe Mangin. Elles doivent anticiper la baisse des prix. Je constate que Sodiaal propose deux prix, le second s’appliquant à des volumes qui viendraient en surplus. C’est un bon mécanisme de maîtrise de la crise. En revanche, je trouve inadmissible que la distribution demande déjà aux acteurs laitiers des révisions de prix. Elle doit rester raisonnable, les entreprises laitières n’en ont pas les moyens. Et je prédis une révolution dans les exploitations laitières, les plus petites disparaîtront avec la crise qui se profile»

Côté pouvoirs publics et politique économique, Philippe Mangin se réjouit de la baisse des charges sur les salariés au SMIC qui va entrer en vigueur en janvier. « Nous employons beaucoup d’ouvriers, nous créons beaucoup d’emplois, c’est une bonne mesure qui devrait permettre aux coopératives d’économiser environ 50 millions d’euros de charges salariales». C’est la première fois qu’un secteur évalue le gain de la mesure issue du Pacte de responsabilité. 

Le débat fiscal non téléologique sur le tracteur

En revanche, il fustige «l’usine à gaz qu’est le compte pénibilité », quasi impossible à mettre en place. Et il veut rencontrer le ministre de l’Economie, Emmanuel Macron, pour lui parler…de tracteurs ! Très sérieusement. Car il y a un problème fiscal. « Quand un exploitant gagne de l’argent, son comptable lui dit qu’il faut investir pour éviter de payer des impôts. Du coup, il achète un tracteur tout neuf, même s’il n’en a pas besoin. Alors qu’il pourrait investir la même somme dans l’outil industriel de la coopérative qui transforme sa production. Le problème, c’est qu’il est alors imposé sur les dividendes, car ce n’est pas considéré comme un investissement dans son outil ! ». Le tracteur neuf mais inutile, ou moderniser l’usine à proximité et la rendre compétitive ? Voilà un sujet qu’Emmanuel Macron, défenseur du « pragmatisme et de la réalité » et contre « les débats téléologiques» quand il parlait hier de sa loi « sur l’activité », ne saurait tenir compte…

 

Retrouver en infographie le chiffre d'affaires des 20 premières coopératives

 

Testez LeMoniteur.fr en mode abonné. Gratuit et sans engagement pendant 15 jours.

Toutes les actus de la consommation et de la distribution

je m’inscris à la newsletter

Appels d’offres

Accéder à tous les appels d’offres

 
Suivre LSA Suivre LSA sur facebook Suivre LSA sur Linked In Suivre LSA sur twitter RSS LSA