Le transport poussé à se réinventer

Le transport poussé à se réinventer

Dossier Une fiscalité alourdie par l'entrée en vigueur de l'écotaxe, des astreintes réglementaires en vue, des prix en baisse... Dans un contexte difficile, le transport tente de se réinventer en appliquant les recettes historiques de l'optimisation, tandis que les nouveaux carburants font l'objet de tests prometteurs.

800 000

camions concernés chaque année.
Sources chiffres : enseignes, Ecomouv.

Entre + 3,5 et + 4%

de renchérissement des coûts de transport.

Le portique blanc bardé de caméras trône depuis quelques jours au-dessus de l'autoroute Lille-Dunkerque, à hauteur de la bretelle d'entrée menant à Armentières. Si les automobilistes « pilent » à proximité, craignant d'être flashés, ils ne sont pourtant pas concernés. Ce sont les poids lourds de plus de 3,5 tonnes qui seront bientôt au centre de l'objectif des caméras. Car il s'agit en fait de l'un des 173 portiques de contrôle qui vont être installés en France d'ici au 1er octobre, date d'entrée en vigueur de l'écotaxe poids lourds (lire encadré). Elle va grever de près de 4% des coûts de transports, qui pèsent déjà, dans la grande distribution, près d'un quart des budgets supply chain.

Comment fonctionne l'écotaxe

Fruit du Grenelle de l'environnement, elle va s'appliquer au 1er octobre prochain, selon des barèmes kilométriques, aux poids lourds de plus de 3,5 tonnes qui circulent sur le réseau national non payant (essentiellement les routes nationales, départementales et communales). Elle est due par le client du transporteur, selon un principe forfaitaire, les transporteurs pouvant majorer leur coût de transport. Au final, le surcoût pour un distributeur est évalué entre 3,5% et 4%. Chaque poids lourd sera équipé d'un boîtier qui l'identifiera lorsqu'il passera à proximité d'un portique implanté en bord de route. Avant son installation dans le véhicule, le boîtier doit être programmé au moment de l'enregistrement, afin de contenir plusieurs informations (immatriculation, classe Euro, PTAC...). Des points de contrôle mailleront le réseau routier. À noter que certaines régions excentrées (Bretagne, Midi-Pyrénées) ont obtenu une tarification « allégée », tandis que le transport laitier est exonéré d'écotaxe.

Une très mauvaise nouvelle

Ce dispositif, issu du Grenelle de l'environnement, va s'appliquer selon des barèmes kilométriques aux camions de 3,5 tonnes et plus qui circulent sur le réseau national hors autoroutes, c'est-à-dire, essentiellement, les routes nationales ou départementales. À chaque fin de mois, la taxe sera adressée aux transporteurs qui devront la répercuter à leurs clients chargeurs, par exemple le distributeur ou l'industriel. « Une très mauvaise nouvelle », se plaint-on à l'unisson chez les acteurs de la grande consommation, où la route reste archidominante dans les schémas de supply chain. De quoi plomber davantage un climat déjà pollué par la difficulté des négociations, entre les transporteurs laminés par la crise et leurs clients aux marges qui s'érodent. Sans compter que, au niveau européen, les prix du transport sont au plus bas depuis 2010, selon la quinzième édition de l'Indicateur du marché du transport (IMT) de Capgemini Consulting et Transporeon. Au premier trimestre 2013 (90,2), l'indice de prix a baissé de 2,7% par rapport à la même période de l'an dernier.

 

Tests grandeur nature fin août

Pourtant, si les atermoiements du gouvernement sur l'écotaxe furent nombreux, son application ne fait plus aucun doute chez les professionnels. « Nous serons prêts en octobre », affirme Michel Cornil, vice-président d'Ecomouv, la société chargée par l'État de la mise en oeuvre et de la collecte de l'écotaxe. « Nous commençons les enregistrements de camion, et nous procéderons à des tests grandeur nature dès la seconde quinzaine d'août », annonce-t-il.

Pour Pascal Olivier, responsable performance et développement durable chez DHL Supply Chain, si les acteurs déplorent cette nouvelle taxe, ils vont chercher à en contenir les effets en l'intégrant dans le schéma plus global de rationalisation du transport. « Nous travaillons depuis plus d'un an et demi sur le sujet écotaxe, et sur l'affichage CO2 qui va, lui aussi, devenir une obligation, si le chargeur le demande », indique-t-il. Objectif : s'offrir de nouvelles occasions de retravailler les schémas de transport. « Nous sommes par exemple déjà très régionalisés, avec des moyens logistiques au plus proche de nos clients », explique-t-il. Réduire les kilomètres à vide, optimiser le remplissage des camions, renouveler la flotte de véhicules pour bénéficier des modèles les plus vertueux aux normes Euro 5 ou 6, test de « backhauling » (partage de camions)... voilà les objectifs de DHL qui s'est aussi équipé de modules permettant de calculer les montants de la taxe et de simuler les itinéraires les plus « économiques ».

Côté distributeurs, la rationalisation des moyens logistiques se concrétise par une réduction des kilomètres qui ne pourra être que vertueuse, au vu des contraintes frappant la route et des perspectives de renchérissement du carburant. Auchan, qui vient d'inaugurer un nouvel entrepôt d'épicerie à Trappes (78), qui regroupe l'activité de deux plates-formes (Trappes déjà et Épône, dans la même région), va ainsi bénéficier d'un effet volume. « Nous réaliserons une économie de transport de 1 700 camions à l'année », annonce Ludovic Delcroix, le directeur approvisionnements et logistique francilienne d'Auchan. Un résultat bénéfique à tous les points de vue.

Comment fonctionne l'écotaxe

Fruit du Grenelle de l'environnement, elle va s'appliquer au 1er octobre prochain, selon des barèmes kilométriques, aux poids lourds de plus de 3,5 tonnes qui circulent sur le réseau national non payant (essentiellement les routes nationales, départementales et communales). Elle est due par le client du transporteur, selon un principe forfaitaire, les transporteurs pouvant majorer leur coût de transport. Au final, le surcoût pour un distributeur est évalué entre 3,5% et 4%. Chaque poids lourd sera équipé d'un boîtier qui l'identifiera lorsqu'il passera à proximité d'un portique implanté en bord de route. Avant son installation dans le véhicule, le boîtier doit être programmé au moment de l'enregistrement, afin de contenir plusieurs informations (immatriculation, classe Euro, PTAC...). Des points de contrôle mailleront le réseau routier. À noter que certaines régions excentrées (Bretagne, Midi-Pyrénées) ont obtenu une tarification « allégée », tandis que le transport laitier est exonéré d'écotaxe.

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Article extrait
du magazine N° 2281

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