Le transport vert pointe son nez

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Le transport propre va s’imposer dans les années à venir, sous l’impulsion des réglementations comme des projets portés par les enseignes. La logistique du dernier kilomètre est le principal maillon de la chaîne à évoluer.

Carrefour entend développer le transport propre.  
Carrefour entend développer le transport propre.  © © Carrefour

En février, la Mairie de Paris a pris une série de mesures pour limiter l’accès des poids lourds les plus polluants à partir du 1er juillet 2015 dans la capitale. Et d’ici à 2020, le maire Anne Hidalgo entend interdire tous les véhicules Diesel de la ville. Les autres métropoles françaises se penchent également sur une évolution de la réglementation pour faire la chasse aux CO2 et aux particules fines.

Pour autant, selon Nathalie Ortet, directrice déléguée d’Afilog, association réunissant l’ensemble des acteurs de la supply chain, « la distribution urbaine verte peine à se mettre en place. Nous avons publié un livre blanc en 2012 et peu de choses ont changé depuis. Quelques projets émergent, mais cette activité se développe plus lentement que prévu. Beaucoup de villes réfléchissent à faire évoluer leur réglementation, en lançant par exemple des appels d’offres pour la mise en place d’hôtels logistiques. »

Ainsi, à Aix-en-Provence, qui limitera drastiquement l’accès aux véhicules thermiques pour les livraisons à partir de septembre prochain. Vert Chez Vous, la filiale du groupe Labatut, a remporté l’appel d’offres pour la gestion d’un hôtel logistique chargé de livrer les 1 300 enseignes de l’hypercentre avec des véhicules électriques. Si les débuts se révèlent lents, tous les appels d’offres des enseignes portant sur la logistique contiennent désormais un volet développement durable, surtout pour les livraisons du dernier kilomètre.

Une nouvelle donne

  • Réglementation : le durcissement des réglementations oblige les enseignes à trouver des solutions de transport propre.
  • Hausse des livraisons  : avec l’e-commerce, le nombre de colis augmente et imposera une mutualisation des livraisons.
  • Conscience environnementale : les enseignes et les consommateurs se montrent sensibles aux questions environnementales et une proposition verte devient un argument différenciant.

« Pas simple de convaincre les clients »

En effet, sur les plus longs trajets, les moteurs thermiques restent prédominants. Quelques idées apparaissent toutefois sous l’impulsion des distributeurs, comme Carrefour et ses camions au biométhane qui possèdent une autonomie plus importante. Pour Star’s Service, spécialiste du dernier kilomètre, le défaut d’offres freine la montée de la demande, ce qui n’encourage pas les logisticiens à accroître leurs prestations… « Si nous avions moins de contraintes, l’offre transport vert serait plus importante, assure Nathalie Pourzand, directrice commerciale de Star’s Service et de la filiale verte La Petite Reine. Le manque d’infrastructures de recharge ou encore le peu d’espace disponible, à coût raisonnable, pour créer des espaces logistiques urbains freinent les projets. »

Du côté de Lyon, City Logistics a commencé, en février 2015, à livrer pour le compte des messagers comme DB ou encore Dacher, les magasins situés dans le centre de Lyon et à Villeurbanne. « Nous leur proposons des prestations au même prix que leur prix de revient grâce à la massification des volumes, explique Yves Guyon, président de City Logitics. Il n’a pas été simple de convaincre en premier lieu les clients, et nous avons passé beaucoup de temps à expliquer notre fonctionnement. Nous avons commencé à 5 tonnes livrées par jour ; nous ciblons les 50 tonnes jour dans l’été, et les 100 tonnes d’ici à la fin de l’année. Les enseignes, qui ne sont pas nos clients directs, se montrent en tout cas sensibles au fait d’être livrées en transport propre, et nous comptons d’ailleurs démarcher début 2016 les 60% d’entre elles qui gèrent elles-mêmes leur logistique. »

Stationnement et horaires en tête des priorités 

Top 5 des principales contraintes rencontrées par les acteurs de la livraisons, en note indicielle sur 4,5

Source : Afilog (2010)

 

 

 

 

 

 

 

 

Récompenser les bons élèves ?

Les évolutions des réglementations obligeront à court ou moyen terme les sociétés à s’adapter. Mais pour la représentante de l’Afilog, il faudrait aussi encourager les entreprises qui prennent d’ores et déjà des mesures pour utiliser une logistique verte. « Mettre en place ce type de logistique représente un investissement lourd sans avoir de rentabilité à court terme, explique-t-elle. Aujourd’hui, les modèles économiques restent d’ailleurs majoritairement déficitaires sans l’aide des pouvoirs publics. Il faut que les entreprises puissent en retirer un avantage compétitif, comme des horaires de livraison étendus ou un crédit d’impôt. Si les entreprises vertueuses ne sont pas récompensées, il convient alors de sanctionner les récalcitrantes. » Dans tous les cas, certaines sociétés n’attendent pas de bonus ou de malus. Comme l’a rappelé Georges Plassat, PDG de Carrefour et porte-parole du Consumer Good Forum lors du dernier Business & Climate Summit (les 20 et 21 mai à Paris), « le coût de la réduction des émissions de CO2 n’est pas un coût additionnel, cela fait partie de notre métier. »

Trois exemples de transport propre

  • Carrefour et GDF

Pour ses livraisons, Carrefour s’équipera de 200 camions roulant au biométhane (photo) dans les grandes villes d’ici à 2017. Ce mode de livraison permet de réduire de 90 % les émissions de CO², de 80% les émissions polluantes et de supprimer celles de particules fines, avec un niveau sonore inférieur à 65 dB. Le biométhane utilisé sera fourni en partie par les déchets du distributeur. Muji et Vert Chez Vous

  • Muji et Vert Chez Vous

Le réapprovisionnement des magasins urbains Muji se fait via des camions de 20 m3 roulant au GNV (gaz naturel véhicule), gérés par le logisticien Vert Chez Vous. L’enseigne propose ensuite un service de livraison à ses clients finaux par triporteurs électriques pour les petits colis, ou en véhicules électriques (Berlingo). Le logisticien adapte le véhicule selon le produit et la tournée réalisée.

  • City Logistics et le Printemps

Spécialiste du dernier kilomètre, City Logistics se positionne comme prestataire des messagers sur la zone Lyon centre et Villeurbanne, avec une flotte composée de camions au GNC (gaz naturel comprimé) de 12 t, 19 t, et 26 t. Le logisticien centralise les livraisons des messagers et organise les tournées selon les rues à servir. Il devrait bientôt livrer le magasin Printemps au centre de Lyon.

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Article extrait
du magazine N° 2369

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