Le tribunal administratif annule l'un des permis de construire de la Samaritaine

Le projet de façade ondulante réalisée en verre ne satisfait pas les critères d’insertion de la construction nouvelle dans la rue de Rivoli représentative de l’urbanisme du 19ème siècle, avec ses immeubles aux façades de pierre.

La Samaritaine
La Samaritaine© Wikipedia

Le tribunal administratif a annulé, ce mardi "l'un des permis de construire portant sur la rénovation du grand magasin parisien la Samaritaine". La mairie de Paris a indiqué qu'elle prenait acte du jugement et allait faire appel de cette décision.

Un style trop rupturiste pour la rue de Rivoli

D’après notre confrère Challenges, c’est plus précisément le permis de construire relatif à l’îlot Rivoli, déposé le 17 décembre 2012, qui est annulé. «Il concerne un ensemble de sept étages sur trois niveaux avec des commerces, des bureaux et 41 logements sociaux ». Pour l’avocat de la « Société pour la protection des paysages et de l’esthétique de la France », Arnaud de Chaisemartin, cité par Challenges «la justice reconnait que la Mairie de Paris en validant ce permis a fixé elle-même des règles pour des insertions nouvelles contraire au plan local d’urbanisme ». Dans son jugement le tribunal rappelle que les constructions nouvelles doivent s’intégrer au tissu existant. Or la rue de Rivoli est «surtout constitué d’immeubles de pierre construits au 19ème siècle et au début du 20ème ». Du coup «le choix d’une façade ondulante exclusivement réalisée en verre compromet l’insertion de la construction nouvelle dans une artère représentative de l’urbanisme du 19ème siècle bordée d’immeuble de pierre où la notion classique de façade n’a pas été abolie, et ne contribue guère à mettre en valeur les édifices environnants ». «Il ne ressort pas (...) des pièces du dossier que les ondulations de la façade reproduisent le rythme des bâtiments de la rue de Rivoli comme le soutiennent les auteurs du projet », ont considéré les juges administratifs..

En attendant une nouvelle mouture du permis de construire

Celà va retarder le projet Samaritaine qui depuis février dernier dispose cependant d’un premier permis de construire valide concernant l’îlot Seine. En effet, un premier jugement, rendu le 11 avril, avait validé le permis de construire de cet Ilot Seine, la partie de l’ensemble qui jouxte le fleuve parisien. Le jugement rendu ce mardi concerne l’Ilot Rivoli, c'est-à-dire la partie qui jouxte la rue de Rivoli. Reste que les travaux sont bien avancés, y compris sur la rue de Rivoli où trois immeubles sur quatre ont déjà été détruits. LVMH n’a pas précisé si le groupe allait faire appel de ce jugement. Si tel était le cas, cet appel ne serait pas suspensif. Les travaux, devant être stoppés. Dans l’attente d’une éventuelle décision de la juridiction d’appel, le groupe de luxe devra certainement élaborer une nouvelle mouture du projet de permis.

Du neuf déjà… sous Henri IV

Fermée depuis 2005, la Samaritaine fait l'objet d'une rénovation majeure, qui doit déboucher sur l'ouverture d'un nouvel espace comprenant des commerces, un hôtel de luxe Cheval Blanc, des bureaux, une centaine de logements sociaux et une crèche. Initialement prévue en 2013, repoussée à 2014, puis 2015, la réouverture du lieu pourrait ne pas intervenir avant 2016 ou 2017. Le projet implique un investissement d'environ 460 millions d'euros et plus de 2.100 emplois. Que de chemin parcouru depuis 1870 ! Où Ernest Cognacq créait la Samaritaine modeste petite boutique, devenue, en quelques années seulement, le grand magasin le plus vaste de Paris. Et qui se souvient que le nom de la Samaritaine trouve son origine dans une… pompe à eau contemporaine d’Henri IV ! Très innovatrice pour l’époque puisqu’elle était la première machine élévatrice d'eau construite dans Paris sur le pont Neuf. Du neuf qui fait aujourd’hui… débat !

 

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