Le vin bio prend corps

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RÉGLEMENTATION - On ne pouvait parler jusqu'à aujourd'hui que d'un vin issu de l'agriculture biologique. Demain, on pourra parler d'un vin bio à part entière. C'est le sens de la démarche initiée par la Fnivab. Ses premiers effets concrets voient le jour avec le millésime 2003.

Jusqu'à présent, nul ne pouvait se prévaloir, tout au moins en France, de faire du vin bio, mais seulement du « vin issu de l'agriculture biologique ». Une subtilité liée dans les faits à l'absence d'un cahier des charges officiellement reconnu quant au processus de transformation en vin des raisins issus de l'agriculture biologique. Comparé à d'autres pays, notamment les États-Unis, où la mention organic wine (vin bio) est octroyée dans des conditions de réglementation beaucoup plus souples que sur le Vieux Continent, et qu'en France plus particulièrement, le désavantage était évident. Et forcément préjudiciable sur le plan commercial quand on connaît l'essor pris par l'offre bio à l'échelle internatio-nale. Y compris concernant les vins, et notamment sur certains marchés d'Europe du Nord. Désormais, les producteurs français pourront prendre part à la compétition à armes égales.

>Un label qui sent moins le soufre

Après quatre années de travail intensif, la Fédération nationale des vins de l'agriculture biologique (Fnivab) a mis au point une charte de vin bio, la première du genre. Présentée en exclusivité en janvier dernier aux 170 exposants du 10e Millésime Bio, le salon international et professionnel des vins de l'agriculture biologique, elle a été finalisée tout récemment. Et c'est avec la vendange 2003 qu'elle entrera pleinement en action, signes de reconnaissance ad hoc à l'appui (lire ci-dessous).

Fruit d'une démarche privée, ce document établit des règles recouvrant toutes les étapes de fabrication : la vinification, la conservation et le conditionnement. En contournant notamment le paramètre qui a toujours constitué l'obstacle majeur pour une reconnaissance de vin bio en bonne et due forme, le recours à l'anydride sulfureux dans le processus de vinification. « L'idée n'est pas de se passer de soufre, car cela présenterait des risques évidents pour le produit fini en termes d'oxydation et de prolifération bactérienne », explique Thierry Duchenne, directeur de l'Association interprofessionnelle des vins biologiques (AIVB) du Languedoc-Roussillon, antenne de la Fnivab dans la région qui est à ce jour la plus impliquée dans la filière viticole bio. « Faute d'alternative crédible, nous avons évalué un seuil minimal d'utilisation techniquement sûr et acceptable. Il est inférieur de 50 % à celui du dosage maximal admis par le règlement conventionnel européen », poursuit-il.

>Définir une traçabilité digne de ce nom

Au-delà de cet aspect sensible, la Charte inclut toute une série de recommandations mais aussi d'interdits. Elle énumère les multiples conditions d'une traçabilité digne de ce nom : au chai, lors de l'embouteillage, pendant le transport, etc. En un mot, elle se pose en référentiel exhaustif d'un concept vin bio qui n'avait jamais bénéficié d'une telle précision, d'un tel encadrement : « Un comité de pilotage a été constitué qui garantira sa cohérence à l'échelle nationale », précise Thierry Duchenne.

Des dizaines de récoltants volontaires en possession du contrat Charte Vin Bio pourront donc dès la rentrée 2003 communiquer sur le logo créé à cette occasion. Normal, puisque cela correspond à une logique de production 100 % spécifique. Mais pour les responsables de la Fnivab, l'enjeu réel est plus ambitieux : « L'objectif était de jeter les bases d'une vraie négociation européenne en matière de vin bio », explique-t-on en substance. En fond de toile, la création, hypothétique à ce jour, d'une charte commune à la France, à l'Espagne et à l'Italie. Autant de pays producteurs qui s'appuient pour l'instant sur des dispositions qui leur sont propres. Pour combien de temps encore ?
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Article extrait
du magazine N° 1819

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