Le vin corse cherche des hectares

|

ENQUÊTE Pour réellement exister sur les marchés et pérenniser ses positions, le vignoble corse doit produire plus. Mais la réglementation s'oppose à l'augmentation des surfaces de production...

« Nous ne produisons pas assez de vin. C'est notre principal problème, affirme Bernard Sonnet, directeur du CIV Corse, Conseil

Les chiffres

340 000 hl La production annuelle de vins corses Source : Conseil interprofessionnel des vins de Corse

interprofessionnel des vins de Corse. Notre vignoble représente 6 500 ha en production. Nous devons absolument atteindre les 10 000 ha pour exister véritablement. » Un défi qui s'annonce difficile à relever au vu de la réglementation actuelle qui empêche d'augmenter les surfaces de production.

Une chose est sûre, le vignoble corse revient de loin. Après la phase du productivisme des années 60 au cours de laquelle il a dépassé les 30 000 ha, la crise est venue et, après elle, diverses phases d'arrachage qui ont ramené sa surface à 5 700 ha en 2010.

Enquête de reconnaissance

Si, il y a quelques années, l'île peinait pour écouler sa production, elle se retrouve maintenant dans une position complètement inversée. L'important travail de valorisation effectué a été payant. « Nous avons dépensé beaucoup d'énergie pour être reconnu comme un vignoble à part entière, reprend Bernard Sonnet. C'est chose faite aujourd'hui, grâce aux efforts effectués pour rehausser la qualité de la production. Laquelle est connue et appréciée par tous les acheteurs nationaux et internationaux. »

Et, de fait, malgré des coûts de transport qui constituent un vrai handicap - « 10 à 12% du prix de la bouteille », précise Jean-Marc Venturi, président du CIV-Corse -, les rayons des GMS illustrent à leur façon ce renouveau. Depuis 2005, les vins corses sont en progression de 40% en volume et 25% en valeur, pour une part de marché d'environ 1,2%. « Il y a une dizaine d'années, ces rayons ne proposaient qu'une ou deux références. Aujourd'hui, nous sommes proches de la dizaine, avec des IGP, des AOC... », souligne Bernard Sonnet.

Le scénario des prochaines années semble s'imposer : continuer de valoriser au mieux la production, et tenter d'accroître les volumes pour plus de présence sur les marchés nationaux et internationaux (21% des destinations). Un objectif qui « sera surtout atteint par la réimplantation progressive de cépages autochtones (Niellucciu, Sciaccarellu...), qui représentent déjà environ la moitié du vignoble et qui contribuent, bien sûr, à sa forte spécificité », détaille Bernard Sonnet.

LES TENDANCES

  • Un déficit de visibilité dû à une production insuffisante
  • Une spécificité qui doit encore s'affirmer, par les terroirs et les cépages
  • Une production qui doit se valoriser compte tenu de la taille réduite du vignoble

Testez LeMoniteur.fr en mode abonné. Gratuit et sans engagement pendant 15 jours.

Toutes les actus de la consommation et de la distribution

je m’inscris à la newsletter

Article extrait
du magazine N° 3HSB2013

Couverture magasine

Tous les jeudis, l'information de référence de la grande consommation Contactez la rédaction Abonnez-vous

X

Eaux, sodas, jus, bières, vins, liqueurs et spiritueux : chaque semaine recevez les dernières infos et nouveautés du rayon Boissons.

Ne plus voir ce message