Le Vittel « pêche » mis au parfum par l'UFC !

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- La publicité de Vittel « goût Trop la pêche ! » occulte sa teneur en sucre qui le distingue d'une eau minérale. - En rayon en bouteille plastique, avec les eaux, dont la boisson a la couleur..., l'ensemble trompe les clients.

>Défendre l'équilibre nutritionnel est l'un des fers de lance de l'UFC-Que choisir. Le 16.12.2005, Nestlé Waters France, devenue Nestlé Waters Marketing & Distribution, est mise au parfum devant le tribunal de grande instance (TGI) de Nanterre.

Jusqu'en avril 2004, des bouteilles Vittel de 33 cl « goût Trop la pêche ! » trônaient dans les linéaires près des eaux minérales. L'étiquetage mentionne « boisson aromatisée à base d'eau minérale naturelle Vittel riche en calcium », suivi de la liste des ingrédients : « eau minérale naturelle Vittel grande source (93 %), sucre, acidifiant : acide citrique, arôme : pêche passion ». Rien sur la valeur énergétique du produit, remarque l'UFC. Cette publicité trompe les consommateurs sur la composition du produit et ses qualités substantielles (art. L. 121-1 du Code de la consommation). D'autant, ajoute-t-elle, que la boisson est en vente dans le même rayon que les eaux minérales, qu'elle en a la couleur et l'emballage et qu'elle porte la marque Vittel. « Autant d'éléments dont la combinaison est susceptible de semer la confusion dans l'esprit d'un consommateur moyen le laissant penser que le produit est aussi bienfaisant pour la santé qu'une eau minérale. » Elle assigne Nestlé en responsabilité délictuelle et réclame 20 000 E de dommages-intérêts.

Le groupe se défend. Ni le conditionnement ni l'étiquetage de sa boisson ne sont de nature à induire en erreur. Le consommateur moyen normalement avisé, familier des boissons aromatisées à base d'eau minérale (sur le marché depuis dix ans), ne peut se méprendre sur les mentions de l'emballage. Il sait que la boisson contient du sucre. L'action de l'UFC est déloyale, clame Nestlé. Dans sa lutte contre l'obésité, elle l'a choisie comme « valeur d'exemple », alors que l'obésité est un problème bien plus complexe : mauvaises habitudes alimentaires, manque d'exercices, temps prolongé devant la télé ou les jeux vidéo. Nestlé réclame 10 000 E de dommages-intérêts en réparation de la campagne de dénigrement menée par l'UFC à son encontre.

Huit morceaux par litre

Le TGI rappelle les textes de base, notamment l'article R. 112-17 du Code de la consommation : « L'étiquetage d'une denrée alimentaire doit comporter l'indication de la quantité d'un ingrédient utilisé [...] quand il est essentiel pour caractériser la denrée et la distinguer des produits avec lesquels elle pourrait être confondue en raison de sa dénomination ou son aspect. » La publicité en question « occulte l'exacte teneur en sucre de cette boisson alors que celle-ci en est manifestement l'un des ingrédients caractéristiques susceptibles de la distin- guer d'une eau minérale naturelle, lancent les juges. Cette circonstance, [...] dans un contexte général de nature à conduire le consommateur moyen à considérer cette boisson comme une alternative aux sodas, bienfaisante pour la santé, en la rapprochant dans son esprit de l'eau minérale commercialisée sous la même marque, apparaît caractériser une situation de publicité de nature à induire en erreur au sens de l'article L. 121-1 du Code. Voire à le tromper, dès lors que cette teneur en sucre ne peut être considérée comme de faible quantité puisqu'elle correspond en réalité à 50 g de sucre (8 morceaux) par litre, contre zéro pour l'eau minérale. »

La mise en rayon du produit près des eaux minérales naturelles et sa présentation proche de celle d'une bouteille d'eau ne sont pas, isolément, de nature à caractériser une publicité trompeuse, poursuit le TGI, mais « leur conjugaison, jointe au fait que le liquide litigieux a la même couleur que l'eau naturelle, le caractérise bien ». Le TGI alloue 3 000 E à l'UFC pour réparer le préjudice subi par la collectivité des consommateurs.

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Article extrait
du magazine N° 1942

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