Le vrac, une piste intéressante pour dynamiser le marché du bio

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Malgré un coup d’arrêt pendant la pandémie, le vrac a repris son développement et représente une piste intéressante pour dynamiser les ventes de bio. Avec de nombreux chantiers à mener.

Les ventes de vrac ont progressé de 8% en 2020, contre 40?% en 2019. (Archives)
Les ventes de vrac ont progressé de 8% en 2020, contre 40?% en 2019. (Archives)

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Touché, mais loin d’être coulé. Les ventes de vrac ont été beaucoup moins dynamiques en 2020, affichant un petit 8 % de croissance, contre 40 % en 2019. Mais cet accident de parcours, imputable à la situation sanitaire, n’est qu’un contretemps dans la marche en avant du vrac, intimement lié au bio, tant les deux partagent une convergence d’approche. « La partie de notre chiffre d’affaires liée au vrac a été bousculée, mais nous revenons progressivement aux volumes que nous faisions auparavant », expliquait début juin Lilian Corre, le directeur général du réseau de magasins bio Naturéo, lors de la journée organisée par LSA autour des nouveaux enjeux du bio pour maintenir la croissance.

Des enjeux dont le vrac fait clairement partie, alors que le bio marque lui aussi un peu le pas. « C’est un levier de croissance pour dynamiser l’offre bio car le zéro déchet est vraiment une tendance de fond », poursuit le dirigeant, qui ambitionne de faire passer son offre vrac de 300 références actuellement à 500/600 références en 2022. Ce faisant, la quote-part du vrac dans le chiffre d’affaires devrait passer de 5 % aujourd’hui à 10 % chez Naturéo.

Le développement passe par l’offre pour aller au-delà de l’épicerie, notamment vers les produits pâteux ou liquides. Avec également des avancées sur les produits d’hygiène et d’entretien. Dans les réseaux de grandes surfaces classiques, Léa Nature, avec sa marque So’Bio étic, a mis au point un meuble qui propose des gels douche et shampooings. Après six mois de tests concluants dans un Hyper U et un Intermarché, l’entreprise va déployer le concept au niveau national.

Soutenu par la loi

Plusieurs distributeurs planchent également sur la digitalisation du vrac bio, pour le rendre accessible en drive. Les grandes marques expérimentant, elles, avant tout sur des références conventionnelles.

La progression du vrac bio repose aussi, mathématiquement, sur l’équipement de plus en plus de magasins, un phénomène qui touche les épiceries spécialisées, type Day by day, et les grandes surfaces classiques qui ont pris le train en marche plus tardivement.

Pour quelle raison principale achetez-vous des produits en vrac ? 
Source: NielsenQ Panel Views, sondage décembre 2020

Célia Rennesson, cofondatrice et directrice générale de Réseau Vrac, rappelle que la très grande majorité du vrac alimentaire vendu en France est bio, pour des raisons historiques (le vrac est arrivé via les magasins bio à l’origine) et liées à l’environnement, et que le secteur est sur une tendance très positive. « Avant la création de notre réseau en 2016, on comptait une vingtaine d’épiceries vrac. Il y en a plus de 800 aujourd’hui », explique la dirigeante. La proportion des GMS dans le secteur (50 % en valeur environ, contre 45 % pour les magasins bio et 5 % pour les épiceries) n’a, elle, pas fini d’augmenter. Car la loi Climat et résilience, rappelons-le, prévoit que les magasins de plus de 400 m² consacrent 20 % de leur surface aux produits sans emballages primaires, dont le vrac, d’ici à 2030.

Chez Intermarché, plus de 400 points de vente sur 1 800 proposaient de l’épicerie vrac en 2017, contre 1 400 aujourd’hui. « Il y a quatre ans, nous avons identifié le vrac comme un des leviers pour booster notre place sur le bio. En 2025, nous visons 100 % de notre parc équipé. Il y a quelques années, le drive était un marché où il y avait un problème de rentabilité, mais aujourd’hui personne n’imagine ne pas avoir de drive. Le vrac suivra probablement ce même état d’esprit », soulignait en juin Séverine Jegou, chef de projet stratégies marchés émergents chez ITM Alimentaire international (Intermarché).

La question de la rentabilité reste néanmoins un vrai sujet. « Il est plus coûteux de vendre en vrac qu’en libre-service car il y a toute une maintenance, cela demande la présence de collaborateurs pour le nettoyage. Il y a aussi la formation des salariés pour l’utilisation de certains appareils et faire de la pédagogie vis-à-vis des clients », détaille Lilian Corre. Si la tendance est bonne pour le vrac bio, le ralentissement de 2020 a provoqué des inquiétudes chez certains entrepreneurs. Franck Bonfils, le patron de Juste Bio, entreprise française de produits bio en vrac à destination de la grande distribution présente dans 6 000 GMS, a investi l’an dernier 20 millions d’euros dans une usine ultramoderne, et subi un fort ralentissement des commandes. « Nous continuons à développer les ventes, mais il faudra faire beaucoup de pédagogie pour que le vrac ne soit pas sacrifié sur l’autel de l’hygiénisme », assurait-il fin 2020, tout en rappelant que le sujet du prix du bio n’était pas à oublier. Car ce frein reste essentiel.

Mais, cela tombe bien, à produit égal, le vrac est censé être moins cher. Chez Biocoop, on annonce ainsi que la décote atteint 20 %. Un argument de poids. 

Quels sont les avantages et les inconvénients du vrac ? 
Le point fort
La demande ne se dément pas pour le vrac, qui est très majoritairement bio.
Les écueils
La pandémie a modifié pour un temps le rapport à la manipulation des produits en vrac.
La gestion du rayon demande une expertise et la formation de personnel.
L’offre ne doit pas rester cantonnée à l’épicerie.
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Article extrait
du magazine N° 2668

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