Leader Price a perdu son ambassadeur, Jean-Pierre Coffe

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Jean-Pierre Coffe était l'ambassadeur de Leader Price depuis 2009. En plus de prêter son image à cette enseigne du groupe Casino, il avait été chargé de rénover les gammes. Une tâche qu'il avait prise très au sérieux mais qu'il n'a pas eu le temps de terminer. Il est décédé le 29 mars 2016 dans sa maison d'Eure-et-Loir. Il venait de fêter ses 78 ans.

Jean-Pierre Coffe allait chaque année, début octobre, chez Dominique Piron, viticulteur dans le Beaujolais (à droite sur la photo), pour goûter et assembler le Beaujolais Nouveau de Leader Price, cela avec Etienne Delannoy, acheteur vins de l'enseigne (à gauche). Un travail méticuleusement mené : le Beaujolais Nouveau signé Leader Price a été plusieurs années de suite élu Meilleur Beaujolais Nouveau, toutes enseignes confondues, par la Revue des Vins de France.
Jean-Pierre Coffe allait chaque année, début octobre, chez Dominique Piron, viticulteur dans le Beaujolais (à droite sur la photo), pour goûter et assembler le Beaujolais Nouveau de Leader Price, cela avec Etienne Delannoy, acheteur vins de l'enseigne (à gauche). Un travail méticuleusement mené : le Beaujolais Nouveau signé Leader Price a été plusieurs années de suite élu Meilleur Beaujolais Nouveau, toutes enseignes confondues, par la Revue des Vins de France.© LP

Il était impossible de se balader avec Jean-Pierre Coffe dans la rue sans que quelqu’un le hèle amicalement. Les Français aimaient sincèrement cet homme aux 1000 vies, qui disait sans ambages le fond de sa pensée. Ainsi avait-il confié à LSA combien il avait été meurtri par les articles, parfois terribles, écrits en 2009, au moment de sa nomination en tant qu’ambassadeur de Leader Price. "Aucun journaliste n’a pris la peine de m’appeler", avait-il regretté, amer. C’est vrai que, lorsqu’il était animateur gastronomique sur Canal + dans une émission de feu-Jean-Luc Delarue, il avait créé le buzz en gueulant : "C’est de la meeerde !!!!!!!", tout en balançant, d’un geste théâtral, un chapelet de saucisses par-dessus le plateau télévisé. Cette phrase et cette scène lui seront associées... pour toujours.

Jean-Pierre Coffe avait l’art de la mise en scène. Et pour cause ! L’une de ses premières vies fut dédiée à la comédie. Acteur dans plus d'une dizaine de films, cet homme que tous ceux qui le connaissaient vraiment décrivaient comme un homme de coeur et de fidélité avait  notamment joué le Docteur Déron dans Violette Nozière (Claude Chabrol, 1977) et le professeur de français dans La clé sur la porte d’Yves Boisset (1978).

L'héritage de sa grand-mère

L’essentiel de sa vie fut toutefois dédiée à la bonne bouffe, un précieux héritage légué par sa grand-mère, cuisinière chez "les riches" et par son grand-père, maraicher dans sa Lorraine natale. Cet héritage lui a permis d’ouvrir deux restaurants à Paris – La Ciboulette puis Chez Modeste – dans lesquels Jean-Pierre Coffe a laissé plus que sa chemise. C’est Michel Denisot qui, le premier, l’avait convaincu de devenir chroniqueur culinaire, ce qu’il fut tant à la télévision qu’à la radio. Les auditeurs de France Inter se souviennent encore de l’émission qu’il anima chaque samedi de 1998 à 2008 : "Ca se bouffe pas, ça se mange". En début d’émission, il prenait un malin plaisir à énumérer les industriels qu’il avait convié à venir débattre du thème du jour, en précisant ceux qui avaient accepté et... les autres.

Un ambassadeur exigeant

Ces industriels, il les a retrouvés quand Leader Price lui a demandé de devenir son ambassadeur. Un drôle de choix : Jean-Pierre Coffe n’était alors, en 2009, ni beau, ni jeune, juste très populaire auprès des Français pour son combat en faveur de la "bonne bouffe" et sa chronique dans Vivement Dimanche (France 2). Car, au-delà de prêter son image pour des pubs Leader Price, l’homme aux grosses lunettes dont les montures étaient soigneusement assorties à ses vestes, avait été choisi pour mener un énorme travail de rénovation des gammes. Cette lourde tâche l’amenait souvent chez les industriels qui fabriquent pour l’enseigne du groupe Casino. « Il était très exigeant, tant sur le plan gustatif que sur le plan nutritionnel. Il n'aurait pas toléré qu’on puisse lui reprocher de cautionner un mauvais produit", se souvient l’un d’entre eux. Jean-Pierre Coffe a eu le temps de revoir les produits festifs, les foies gras, les confitures, les yaourts, les vins, etc. Il sera difficile de lui succéder.

L'hommage de Leader Price

Dans un communiqué sobre et bref, l'enseigne Leader Price rend hommage à celui qui fut, sept ans durant, son ambassadeur : "Tout au long de sa collaboration, en étroite liaison avec les équipes, M. Jean-Pierre Coffe a défendu avec passion et conviction sa vision du bien manger permettant d’offrir des produits de qualité aux prix les plus bas aux clients de Leader Price. M. Jean-Pierre Coffe était  un homme sincère, attachant, généreux, toujours plein de projets au service des autres".

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