Leclerc : L'entrepôt franc du Havre, une porte ouverte sur le monde

Pour assurer la qualité de ses approvisionnements en provenance du monde , le groupement s'appuie sur son propre entrepôt franc, implanté sur les quais du port du Havre. Un investissement risqué, aujourd'hui gagné.

C'est au Havre, au niveau du Pont Rouge, à quelques encablures des terminaux à conteneurs, que la Société d'importation des produits Leclerc (Siplec, dont le siège social est à Issy-les-Moulineaux, dans les Hauts-de-Seine) a décidé d'implanter son entrepôt logistique d'import. C'est là, sur 30 000 m2, que la société Cedilec réceptionne, palettise, stocke et organise le transport des marchandises qui lui arrivent par conteneurs. Marchandises en provenance du monde, qui sont ensuite livrées par camions aux 16 entrepôts régionaux du mouvement.

Filiale à 100 % de la Siplec, la Cedilec (gérée par Pierre Leguil, adhérent aux centres Leclerc de Quimper et de Châteaulin) facture ses prestations logistiques à la Siplec, propriétaire du stock. Mais comme le remarque Jacky Targat, directeur de la Cedilec au Havre, rien n'est jamais acquis. « Tous les outils du mouvement Leclerc sont en concurrence avec leurs collègues de la profession et si nous sommes mauvais, Leclerc peut faire appel à un autre prestataire ! » Voilà sans doute pourquoi Jacky Targat garde toujours un oeil sur la palettisation comme l'étiquetage, le respect des horaires de livraison, la réactivité logistique en cas de commande inattendue.

C'est en 1990 que l'import a démarré chez Leclerc avec quelques familles de produits, mais la Siplec a, depuis, installé des comptoirs à Hongkong et à Madras (sud de l'Inde). Autant d'initiatives qui ont induit une formidable montée en puissance des marchandises importées. L'entrepôt devrait traiter cette année un volume de 350 000 m3, contre 150 000 m3 en 1994. Le développement de cette stratégie a été prise à la fois pour des raisons de coûts et parce que, souligne Jacky Targat - dix-huit années d'expérience dans ce secteur, au sein du mouvement -, la « qualité est au rendez-vous ».

Ces marchandises, qui viennent d'Asie pour 90 %, alimentent essentiellement le bazar (articles de jardinage, bricolage, camping, sport, plein air, jouets, décoration de Noël, maroquinerie, textile, chaussures ). En revanche, l'alimentaire (majoritairement des conserves), qui ne représente que 10 %, vient de l'Union européenne et d'Amérique du Sud. Mais Cedilec, qui a l'agrément de marchands en gros (terme qui désigne les alcools), importe du whisky en provenance d'Irlande pour la Scamark. En effet, si 95 % des volumes traités par Cedilec appartiennent à la Siplec, l'entrepôt fournit également la Scamark. Et Cedilec commence par ailleurs à mettre des moyens logistiques à la disposition de Système U, dans le cadre de l'Alliance.

Signe du développement de l'activité du Havre et de son intérêt pour le groupement, Cedilec s'est décidée, en 1992, à devenir propriétaire, après quatre années de location. La société possède en réalité les bâtiments, mais pas le terrain où elle a construit, qui se trouve sur le domaine public maritime, donc inaliénable. Pour mieux maîtriser sa croissance, Cedilec a obtenu l'agrément d'entrepôt franc, sans doute en raison du renom attaché à l'enseigne et de la confiance établie au cours des premières années d'exploitation. « C'est un avantage, commente Jacky Targat, car nous ne sommes pas limités dans le temps pour dédouaner la marchandise. »

Un pari gagné

Depuis 1994 et la réforme de la manutention portuaire au Havre, « la prestation de service portuaire s'est nettement améliorée et le port du Havre marche bien ». Ainsi, « quand un navire arrive le jour J, on peut espérer être en possession de nos conteneurs à J+2, voire J+1 après-midi. » L'expédition de la marchandise vers les entrepôts régionaux n'est toutefois pas assurée par Leclerc. « Nous n'avons pas de flotte de transport, chacun son métier. Le nôtre, c'est la logistique. » Cedilec recourt à différents types de transporteurs, à la fois des artisans, des PME et des entreprises présentes dans toute la France. Pour sécuriser l'approvisionnement des entrepôts, Cedilec retient deux ou trois prestataires par destination. L'implantation en 1992 « était un pari osé », se souvient le directeur, parce que « les prestations portuaires n'étaient pas du tout ce que l'on pouvait en attendre ». Mais, dit-il, le pari « est plutôt gagné aujourd'hui ».
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Article extrait
du magazine N° 1703

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