Leclerc prend racine à Pontault-Combault avec les Quatre Chênes

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En pleine « Vallée des Carrefour » quadrillant le territoire entre Ormesson, Pontault-Combault et Noisy-le-Grand, Leclerc est arrivé accompagné d'une douzaine de moyennes surfaces. Retour sur une rebondissante installation.

Deux grandes inaugurations peuvent en cacher une troisième ! C'est ce qui est arrivé le mercredi 4 avril 2012 pour celle du retail park des Quatre Chênes à Pontault-Combault (Seine-et-Marne). Les futurs exégètes des centres commerciaux pourront retenir cette date comme historique, puisque, ce même jour, on coupait aussi le ruban du centre Confluence à Lyon, tandis que l'Atoll à Angers ouvrait au public. Ces deux oeuvres de grandes foncières ont un peu raflé la vedette au nouvel équipement pontellois-combalusien installé par le promoteur local Promobuis, certes moins monumental que le paquebot lyonnais amarré par Unibail-Rodamco entre Saône et Rhône.

 

Résolument classique

Avec sa douzaine d'enseignes fidèlement tirées par un Leclerc flambant neuf (8 000 m²), il est résolument plus classique que le vaisseau spatial elliptique qui a atterri en terre angevine sous commande de la Compagnie de Phalsbourg. Il n'empêche, LSA a voulu en savoir plus sur ces Quatre Chênes plantés à la limite entre Seine-et-Marne et Val-de-Marne. Et leur a découvert des racines anciennes - un projet initié il y a dix ans - et des ramures commerciales neuves - l'installation de Leclerc en plein fief de Carrefour - capables de changer la donne dans le paysage local.

C'est justement l'enjeu de réhabilitation urbaine que met d'emblée en avant Daniel Chauvin, directeur de Promobuis. « La zone de la Tête de Buis au sud-ouest de Pontault-Combault, près de la RD 604, était totalement délaissée avec sa décharge et sa casse de voitures. » D'où l'appui sans réserve de Monique Delessard, maire de Pontault-Combault depuis 2007, dans la finalisation du projet. « J'ai été conquise par son engagement écologique et ses espaces verts, qui allaient enfin changer la face de notre entrée de ville, également porte du département. »

47 000 m² de surface, dont 32 000 m² de vente

14 UNITÉS dont Leclerc(8 000 m²) avec drive ; Bricoman (6 000 m²) ; Boulanger (4 000 m²) ; Fly (4 000 m²) ; C et A (1 200 m²) ; King Jouet (1 100 m²) ; Orchestra (500 m²)

500 000 habitants à vingt minutes comme zone de chalandise

140 M € d'investissement

Sources : Promobuis

 

Exit la centrale solaire...

Pourtant, si les Quatre Chênes restent verts, ils n'ont pas poussé l'engagement écologique aussi loin qu'initialement prévu. C'est « une centrale solaire... avec un centre commercial en dessous » qu'annonçait fièrement Redevco, le premier investisseur engagé auprès du promoteur Daniel Chauvin en 2005. En installant 35 000 m² de panneaux photovoltaïques sur le toit de l'équipement, la foncière aurait réalisé un prototype unique. « Mais toutes les conditions suspensives à notre protocole devant être levées au 21 mars 2010, Redevco alléguant un recours opposé sur le permis de construire se désengageait à cette date butoir », raconte Daniel Chauvin.

Raison économique aussi, car « EDF ayant entre-temps considérablement abaissé le prix de rachat du kilowattheure produit par les équipements solaires, le retour sur investissement n'était plus le même ». Adyton (investisseur et gestionnaire d'actifs pour compte de tiers) devenant le nouveau partenaire de Promobuis, le volet solaire sera définitivement fermé. Sans pour autant renoncer à une conception écologique avec 20% d'espaces verts, 750 arbres plantés, la mise en place d'un système de récupération des eaux pluviales. Et l'option plutôt originale pour un parc commercial d'enterrer 1 200 des 2 000 places de parking afin d'éviter la pollution visuelle. Même si les visiteurs habitués à se garer en surface n'ont pas forcément le réflexe de « descendre » à l'étage inférieur pourtant lumineux. Ce que corrigera le promoteur en élargissant les deux rampes d'accès.

 

... Et bonjour l'hyper

Mais un autre revirement a aussi changé la face du projet : l'intégration d'un hypermarché. Dans sa genèse, au tournant des années 2000, le projet inscrit sur un territoire déjà bien doté excluait toute surface alimentaire. Mais la fusion de Carrefour avec Promodès va donner à l'enseigne une hégémonie locale qui réveillera les envies de concurrence. Ne parle-t-on pas de « Vallée des Carrefour » avec l'ex-Continent historique d'Ormesson ouvert en 1972 et le Carrefour de Pontault-Combault trônant à quelques kilomètres seulement du futur site ? Sans compter celui des Arcades à Noisy-le-Grand, à quelques encablures. Une omniprésence si peu favorable à la guerre des prix que la décision est prise en 2005 de lancer un larron discounter dans la bataille.

Sans solaire, mais avec Leclerc pour locomotive, voilà donc l'ultime version des Quatre Chênes, qui, avec l'ouverture de ses deux restaurants début juin, est désormais en ordre de marche. « Hors l'alimentaire, nous avons tempéré la concurrence frontale, affirme le directeur de Promobuis. Avec Bricoman, en pendant du Brico Dépôt de Melun ; Boulanger, en alternative au Darty de Pontault-Combault, et Fly face à l'Ikea de Villiers-sur-Marne à une quinzaine de kilomètres. » Tout le monde n'est pas convaincu. « Ce débarquement de la division Leclerc pour prendre des parts de marché à Carrefour, et cette multiplication de surfaces dans une zone déjà bien équipée, au nom de la libre concurrence, ne vont guère dans le sens de l'aménagement du territoire que nous appelons tous de nos voeux », commente le directeur opérationnel d'une grande foncière.

Cela n'empêche pas Daniel Chauvin de programmer, déjà, une extension du site tournée vers les loisirs sur le terrain voisin de la Louvetière. « Le foncier est acquis, les permis de construire pourraient être déposés début 2013 pour l'installation de 13 000 à 14 000 m² incluant des cinémas, un bowling, de la restauration et des enseignes tournées vers le sport. »

La compétition est en tout cas déjà pleinement ouverte à Pontault-Combault sur le terrain commercial !

L'hyper cultive la visibilité et les prix

« Cela faisait trente-cinq ans que mon concurrent était tout seul », lance Paul Brunet, le patron du Leclerc de Pontault-Combault, sans citer l'omniprésent Carrefour. Mais avec la volonté de lui opposer un hype rinnovant. Mot d'ordre : « privilégier la visibilité. » Surtout pas d'hyper classique dans lequel on entre par le milieu, pour ensuite s'enfonce d'un côté vers les profondeurs de l'alimentaire ou de l'autre vers celles du non-alimentaire. « Nous avons voulu un magasin " court " qui, en laissant le seul espace multimédia-culture-maison à droite de l'entrée, ménage une sorte de rue traversant l'ensemble des offres pour aboutir au marché. » Plantée de quatre (faux) chênes, ladite rue débouche, en effet, sur une place d'où l'on peut embrasser d'un coup d'oeil l'ensemble du frais, grâce aux rayons rabaissés et par le biais des têtes de gondoles dégageant mieux les perspectives. Le dépôt des fruits et légumes sur meubles sans emballages et le traitement des rayons traditionnels façon artisan - comme la boulangerie avec vendeurs - parachèvent l'impression de marché. Mais l'autre grande promesse est celle des prix. « Nous sommes bien décidés à fournir les efforts nécessaires pour creuser l'écart et avons déjà été classés parmi les moins chers de l'Ile-de-France », affirme Paul Brunet.

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1 commentaire

fredito

11/06/2012 10h47 - fredito

Tant mieux si ça réanime la concurrence et fait baisser les prix des autres hyper du coin. Par contre le rond point de la rue de paris déjà saturé avant est devenu impraticable.

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Article extrait
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