Leclerc se frotte au hard-discount

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L'enseigne expérimente plusieurs formules de magasins de hard-discount. Si ces tests ont démarré avant le débat actuel sur la loi Galland, l'accélération du déploiement pourrait être liée à l'évolution du cadre législatif.

Michel-Édouard Leclerc a voulu faire coup dou- ble. En affirmant, le 12 oc- tobre, à l'Agence France Presse qu'il autorisait par avance « chaque adhérent Leclerc à ouvrir deux magasins de hard-discount s'il n'est pas possible de baisser le prix des grandes marques », le coprésident de l'ACDLec met la pression sur les pouvoirs publics. Il milite pour une réforme drastique de la loi Galland et pour une libéralisation du prix de vente des marques nationales. Mais sa prise de position est aussi une invitation aux membres du mouvement à ne pas s'endormir sur leurs 17,7 % de parts de marché. Car le hard discount continue de progresser à jusqu'à 12,8 %, et finit par faire de l'ombre à des points de vente Leclerc. Ce format, pour Michel-Edouard Leclerc, serait donc une nouvelle perspective de développement. Et certains adhérents avouent qu'il serait parfois plus rentable de développer une petite surface de hard-discount plutôt que d'agrandir leur magasin.

Des tests en cours

Pour appuyer son propos, le patron du mouvement Leclerc a été servi par l'actualité de son réseau. LSA révélait, il y a deux semaines, qu'un adhérent Leclerc testait un magasin de maxidiscount, sur une petite surface (617 m2) à Wattrelos, dans le Nord. Pour les médias, la coïncidence ne pouvait que confirmer le lancement d'une chaîne de magasins. Pourtant, le point de vente de Wattrelos joue plutôt la carte de la petite surface de proximité. Son assortiment mêle les produits premiers prix à la marque de distributeur et aux marques nationales. Les prix y sont équivalents à ceux d'un hyper Leclerc.

S'il n'y a pas de hard-discount à Wattrelos, il en existe ailleurs. « Deux ou trois tests sont en cours actuellement et deux ou trois autres sont prêts à démarrer », admet un adhérent Leclerc. Plusieurs concepts seraient à l'étude. Cela irait de magasins « 100 % Eco+ » (la marque de produits premiers prix de Leclerc, ndlr) sur le même modèle que l'enseigne Leader Price, à des formules plus souples mêlant les premiers prix et les marques de distributeurs.

Y aurait-il un lien entre le lancement d'une enseigne de hard-discount et le débat sur la loi Galland ? « Rien à voir. Les tests ont démarré bien avant le début de la polémique », précise-t-on chez Leclerc. En revanche, le passage au déploiement à plus grande échelle pourrait être lié au sort de la loi Galland. « Le contenu du rapport Canivet nous dira s'il y a lieu de changer de stratégie », conclut un adhérent Leclerc.

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Article extrait
du magazine N° 1879

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