Les 10 actions qui ont permis de réduire le gaspillage alimentaire de 22% (en trois mois)

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L’Ademe vient de rendre les conclusions d’une étude menée sur 10 magasins test. Pendant trois mois, ils ont mis en place des actions de lutte contre le gaspillage alimentaire (vente assistée de fruits et légumes, sensibilisation des salariés, etc.) ce qui s’est traduit par une diminution de 22% des volumes de gaspillage, et une économie de 70 000 euros par magasin. Ce qui laisse augurer des résultats encore plus spectaculaires si l’ensemble de la distribution s’implique.

Avec des actions simples, plusieurs magasins test ont réussi à diminuer de près d'un quart les volumes de gaspillage alimentaire, avec d'importantes économies à la clé selon une étude dévoilée par l'Ademe.
Avec des actions simples, plusieurs magasins test ont réussi à diminuer de près d'un quart les volumes de gaspillage alimentaire, avec d'importantes économies à la clé selon une étude dévoilée par l'Ademe.© TheStockCube - Fotolia

L’Agence de l'Environnement et de la Maitrise de l'Energie (Ademe) a créé il y a peu le hashtag #CaSuffitLeGachis, pour sensibiliser les Français à la lutte contre le gaspillage alimentaire. Mais elle ne s’est pas arrêtée là et elle a mené une étude avec 5 distributeurs (Auchan, Carrefour, Système U, Intermarché et Leclerc) pour mesurer les effets concrets de quelques mesures antigaspi appliquées en magasin. Au terme de trois mois de travail effectués dans 10 points de vente (2 par enseigne) et extrapolés sur une année entière, les résultats sont plutôt convaincants.

Les magasins concernés ont ainsi réduit leur gaspillage alimentaire de plus de 160 tonnes en un an, soit une baisse de 22% des volumes via 10 leviers déployés chez les uns ou les autres (liste complète ci-dessous). L’économie totale cumulée est de 700 000 euros, soit 70 000 euros par site. L’Ademe précise que le coût complet du gaspillage alimentaire (prix du traitement des déchets, logistique, etc.) atteindrait 4 millions d’euros pour les dix magasins, « ce qui représente en moyenne 0,9% du chiffre d’affaire alimentaire, soit sensiblement la marge nette des magasins sur l’alimentaire ». Un argument incitatif très fort pour procéder à des actions.

15 000 euros économisés sur la casse de fruits et légumes et 2 emplois créés à Auchan Boulogne sur Mer

Fréderic Vaccaro, directeur de l’hypermarché Auchan de Boulogne sur Mer (Pas de Calais) a travaillé en particulier sur le rayon des fruits et légumes, très sujet à la casse et au gaspillage (il en représente 30% à lui seul). « Nous avons mis en place un système de vente assistée sur un certain nombre de produits fragiles. En deux mois, nous avons économisé 15 000 euros ! C’est un cercle vertueux  sur trois points car nous réduisons le gaspillage, et nous avons embauché 2 personnes. Enfin le client est satisfait car il retrouve du contact humain, comme sur le marché » témoigne le directeur, qui a aussi travaillé sur la juste gamme, à savoir faire le ménage dans des gammes obsolètes. L'initiative sur les fruits et légumes a d'ailleurs suscité des visites intéressées des autres magasins de la région.

Pour Thomas Pocher, de Leclerc (à l’origine du social business Bon et Bien dans son magasin de Templeuve), « il faut que tous les collaborateurs adhèrent à la démarche antigaspi » mise en place. Carrefour a rappelé la présence de coach antigaspi dans ces magasins, qui restent plusieurs semaines pour diffuser des bonnes pratiques, et son objectif de réduire de 50% les déchets alimentaires en 2025 (par rapport à 2016). Pour y arriver, le groupe a travaillé sur l’allongement de la DLC pour près de 500 références de MDD. D’autres témoignages ont été faits, comme celui d’Intermarché et son travail sur les fruits moches, les biscuits moches et récemment les conserves moches, des produits qui n’ont pas les canons habituels de beauté ou de calibre mais qui sont tout à fait comestibles. Chez U, un dispositif d’enregistrement des DLC permet d’aller directement dans le bon rayon pour gérer les produits à date courte et les retirer au bon moment, évitant le gâchis par la même occasion.

Avec 1,4 million de tonnes de produits alimentaires « gaspillés », la distribution représente 14% des volumes annuels du gaspillage alimentaire en France selon l’Ademe. « Même si la grande distribution n’a pas à rougir de ses actions, il n’en reste pas moins qu’il existe encore beaucoup de marges de progression » a commenté Bruno Lechevin, président de l’agence. Sur la base des résultats constatés sur 10 magasins, « si toute la grande distribution appliquait ce modèle il y aurait 300 000 tonnes de produits économisés, soit 700 millions d’euros » a-t-il mesuré. « Et il y a d’autres marges de progression sur le long terme, avec les fournisseurs, les associations »… On n’a pas fini d’entendre parler du gaspillage alimentaire, un thème sur lequel LSA s’est penché dans le détail il y a quelques semaines.

Les 10 initiatives recensées dans le cadre de l'étude de l'Ademe sur 10 magasins :

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