Les 10 piliers d'une révolution commerciale

|
Twitter Facebook Linkedin Google + Email Imprimer

DossierEn France, on dénombrait entre 650 et 750 drives début octobre 2011.

0n attendait la percée de l'e-commerce dans la distribution alimentaire et c'est le « d-commerce », l'un de ces avatars, qui est en train d'exploser. D pour « drive(s)», ces magasins-entrepôts où l'on charge les courses dans le coffre de sa voiture après les avoir commandées sur internet. Ils poussent comme des champignons, en général accolés aux magasins en place. Comme un constat d'échec de ces derniers à offrir à leurs clients des courses rapides, pratiques et agréables. Mais qu'importe, puisqu'il faut en être. Ils s'épanouissent aussi de plus en plus à distance de leur magasin « mère » (adossés), voire en autonomie (solos).

Combien sont-ils ? Les chiffres varient. Entre 600 et 750. L'Atlas LSA en dénombre près de 700. Nielsen estime que, depuis le début de l'année, une centaine d'entrepôts ont été bâtis, soit dix par mois. Leclerc à lui seul dit en inaugurer un à deux par semaine et se voit bien demain - dans moins de dix ans - à la tête d'une flotte de plus 1 000 entrepôts. 1 000, c'est le cap symbolique que ce nouveau format devrait franchir dès l'année prochaine, tant les états-majors de la distribution s'enflamment pour ce nouveau format. Pas une conférence de presse ou un point stratégique sans que ne soit évoquée la question du développement des drives, un format considéré comme encore marginal il y a seulement deux ans.

Oui mais, depuis, la greffe a commencé à prendre, ces points de vente d'un nouveau genre ont trouvé un public, des clients. Plus d'un million de foyers français (1,15) ont choisi de faire remplir leurs coffres sur les « pistes » de récupération de commandes. Des mères de famille, beaucoup, des gens pressés, tous las de perdre des heures à remplir leurs chariots hebdomadaires.

Les prévisionnistes s'emballent devant ce qu'il faut bien appeler une nouvelle révolution commerciale. Kurt Salmon évalue le marché à 4 milliards d'euros de chiffre d'affaires dès 2015, contre à peine 500 millions en 2010, et 350 millions en 2009... Une extrapolation de Kantar, dévoilée par Casino, chiffre même à 20% la part des ventes de produits de grande consommation qui pourrait être accaparée par les courses à distance et, principalement, par le drive d'ici à dix ans, contre 1% l'an dernier. Essentiellement aux dépens des hypermarchés.

Fantasme de consultant ? Rien n'est moins sûr. Sur le terrain, même si les pionniers Auchan et Chronodrive ne se disent toujours pas rentables, le modèle économique s'apparente furieusement aux plus belles heures du commerce moderne, quand un hyper était rentabilisé en une poignée d'années. Le retour sur investissement d'un beau drive adossé se fait en quatre ans seulement, avec une rentabilité avant impôts qui peut atteindre 5% du chiffre d'affaires, plus de deux fois plus qu'un hyper ! Le tout pour une mise de départ cinq à dix fois inférieure à celle d'un supermarché, et un chiffre d'affaires qui peut grimper jusqu'à 10 millions d'euros.

Pour décrypter et comprendre ce nouveau format, la rédaction de LSA est allée enquêter sur le terrain, en se penchant sur les 10 piliers sur lesquels repose ce nouveau modèle. Tous au drive !

LE PHÉNOMÈNE EN CHIFFRES

  • 1 à 1,5 Mrd € de CA en 2011, selon les estimations
  • 1,15 million de ménages ont fréquenté ce circuit entre juin 2010 et juin 2011 (Kantar)
  • 63 € de panier moyen (Kantar)
  • De 150 000 à 300 000 € d'investissement pour un simple drive en picking
  • 2 à 4 M € d'investissement pour un gros drive-entrepôt adossé
  • De 2 et 10 M€ de CA pour drive accolé
  • Chez Leclerc, une voie de retrait génère 600 000 € de CA par an en moyenne
  • De 1 200 à 2 000 m² de surface pour drive-entrepôt
  • 5% de rentabilité nette avant impôt pour un drive-entrepôt

Source : LSA, d'après distributeurs

Testez LeMoniteur.fr en mode abonné. Gratuit et sans engagement pendant 15 jours.

Article extrait
du magazine N° 2200

Couverture magasine

Tous les jeudis, l'information de référence de la grande consommation Contactez la rédaction Abonnez-vous

X

Recevez chaque matin tous les faits marquants sur les stratégies digitales, omnicanales et e-commerce des distributeurs et sur les solutions technologiques conçues pour les accompagner.

Ne plus voir ce message
 
Suivre LSA Suivre LSA sur facebook Suivre LSA sur Linked In Suivre LSA sur twitter RSS LSA