Les 3 Suisses abandonnent le bon vieux gros catalogue

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Deux fois par an, les Français l’attendaient avec impatience. Et il trônait, ensuite, en plus ou moins bonne place dans le salon familial. Qui ça ? Le bon vieux catalogue de vente de vêtements, pardi.

Le gros catalogue bi-annuel des 3 Suisses sera bientôt une vieille histoire.
Le gros catalogue bi-annuel des 3 Suisses sera bientôt une vieille histoire.

Cette époque est révolue. Pour ce qui concerne les 3 Suisses en tous cas car La Redoute, elle, continue dans cette voie. Reste que cela sonne comme la fin d’une époque. Un tournant stratégique majeur. Et risqué, surtout. Les 3 Suisses arrêtent la diffusion de leur catalogue bi-annuel annonce Les Echos.

L’édition printemps-été 2014, actuellement dans toutes les bonnes maisons, sera donc la dernière. Avis aux nostalgiques pour conserver ce qui restera comme l’ultime exemplaire du genre. Un pavé de 930 pages, édité à près de 8 millions d’exemplaires, indique le journal Les Echos.

Un pari risqué

Pourquoi une telle décision ? Des questions de coûts, évidemment. Imaginez donc. Un boulot de mise en page terrible et des coûts d’édition et de diffusion colossaux. Le tout pour un retour sur investissement pas forcément au rendez-vous. Disons difficilement quantifiable. Mais comme toutes opérations de catalogues ou prospectus, finalement. Lesquelles ont surtout des intérêts d’image. Recevoir le catalogue, et l’avoir en main, ne serait-ce que fugacement, avant de le jeter à la poubelle, c’est au moins avoir une pensée pour la marque. Donc être susceptible de penser à elle quand l’appel de l’achat sera le plus fort.

L'obligation de trouver une parade à la fast fashion

L’autre raison a trait au renouvellement des collections. Ces catalogues ont des durées de vie de six mois. Beaucoup trop long quand l’heure est à la « fast fashion » - Un Primark, en magasins, change ses gammes toutes les six semaines minimum. Six mois contre six semaines… Intenable, on s’en doute. Comme faire vivre une collection six mois durant ? Comment lutter avec la concurrence ? On parle de celle des enseignes classiques bien sûr, mais celle, aussi, des e-commerçants.

Qu’on se rassure (un peu), cependant : 3 Suisses, maintenant sous le giron du groupe allemand Otto, va continuer à publier des catalogues. Mais de plus petits, « plus ponctuels, plus thématiques et plus réactifs », indique Les Echos. Qu’on ne s’y trompe pas, cela dit : cela signe bien la défaite des « véadistes ».

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