Les acteurs de la puériculture se mobilisent contre le décalage du versement de la prime de naissance

LÉGISLATION - LOIS Dans le cadre du projet de loi de financement de la sécurité sociale voté en 2014, le versement de la prime de naissance a été décalé : depuis début 2015, au lieu d'être versée au septième mois de grossesse, elle est distribuée à la fin du deuxième mois de l'enfant. Un non-sens selon la Fédération française des industries jouet puériculture (FJP) qui fustige un détournement des objectifs de cette prime.

Michel Moggio, directeur général de la Fédération française des industries jouet puériculture (FJP) s'insurge contre le report au deuxième mois de l'enfant du versement de la prime de naissance.
Michel Moggio, directeur général de la Fédération française des industries jouet puériculture (FJP) s'insurge contre le report au deuxième mois de l'enfant du versement de la prime de naissance.© Philippe Dobrowolska DR

"C'est exactement comme si on versait la prime de rentrée scolaire au mois de novembre : insensé !". C'est ainsi que Michel Moggio, directeur général de la Fédération française des industries jouet puériculture (FJP) résume la problématique posée par le décalage du versement de la prime de naissance du septième mois de grossesse au deuxième mois de l'enfant. 

Une prime détournée de ses objectifs

De fait, ce décalage de cinq mois du versement de cette prime a été décidé dans le cadre du projet de loi de financement de la sécurité sociale de 2014. Un bien curieux décalage quand on sait que la vocation de cette prime est d'aider les foyers à s'équiper pour l'arrivée d'un bébé. Las, versée depuis début 2015 au deuxième mois de l'enfant, elle rate désormais sa cible, les parents ayant déjà dû s'équiper de lit, poussette et autres sièges-auto bien avant que le bébé ne fête son deuxième mois !

"Les effets de cette disposition sont maintenant mesurables par la filière des articles de puériculture qui constate une forte baisse de son activité et demande donc le retour au dispositif antérieur avec un versement au septième mois de grossesse", souligne Michel Moggio. En effet, déjà pénalisé par une baisse des naissances (-3% au premier semestre 2015) et handicapé par la montée des achats d'occasion, le marché de la puériculture n'avait pas besoin d'un nouvel handicap : "cette disposition met en péril une filière qui génère plus de 200 millions d'euros de TVA chaque année et emploie 10 000 personnes", rappelle la FJP. 

1500€ de budget en moyenne

Selon la Fédération, un foyer dépense en moyenne 1500€ pour s'équiper en vue de l'arrivée de bébé, dont 60% sont réservés à l'achat des gros articles de puériculture. Ainsi, 86% des poussettes sont achetées pendant la grossesse ! Or le montant de la prime de naissance (non réévaluée en 2015 et attribuée sous condition de ressources) s'élève à 923,08€. Une somme qui serait probablement plus utile aux parents avant l'arrivée de leur nouveau-né. Une simple question de bon sens !

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