Les Allemands croquent toujours plus de bio

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Dossier Le succès historique de ce marché se confirme outre-Rhin. Tous les distributeurs ont joué le jeu, reste à poursuivre les conversions.

La demande se développe et le potentiel de croissance reste important. Mais le secteur doit être davantage soutenu par une politique proactive du gouvernement.

Prinz zu Löwenstein, président de Boelw (première association de producteurs et distributeurs de produits bio en Allemagne)

Le bio continue de se développer en Allemagne. L’an dernier, les ventes du secteur ont augmenté de 7,2%, à 7,55 Mrds €. Ce chiffre assez impressionnant ne doit toutefois pas cacher le fait que moins de 4% des aliments consommés en République fédérale sont cultivés et élevés selon des cahiers des charges très stricts (pas d’engrais chimiques ni de pesticides de synthèse ou d’OGM). Ce pourcentage est inférieur à celui enregistré au Danemark, en Suisse ou en Autriche. C’est donc peu dire que la marge de croissance est encore gigantesque…

Le succès du bio outre-Rhin n’est pas dû au hasard. La fibre « écologique » de nos voisins (soutien historique aux Verts lors des élections, promotion des énergies renouvelables à grande échelle, avec 50% de l’électricité locale issus du soleil, du vent, de l’eau et du biogaz), a poussé les ventes d’aliments « naturels ». Des revenus souvent plus élevés que ceux de leurs voisins ont également permis aux Allemands de s’offrir ces produits généralement pas beaucoup plus coûteux.

La production à la peine

Les distributeurs locaux ont parallèlement encouragé l’essor du bio en proposant des gammes très complètes d’aliments labélisés. C’est le cas des supermarchés traditionnels, mais aussi, plus surprenant, des discounters comme Aldi et Lidl. Ce n’est donc pas un hasard si 60% des aliments bio sont vendus aujourd’hui chez des distributeurs non spécialisés en Allemagne. Les enseignes bio, comme Alnatura, ont, quant à elles, une part de marché nationale de 32% (et 8% pour les pure players).

Le frein qui pourrait ralentir l’essor du bio n’est pas à chercher dans la distribution, mais dans les campagnes allemandes. De nombreux agriculteurs, en effet, rechignent encore à passer au bio. L’an dernier, les surfaces cultivées certifiées ont ainsi augmenté de… 0,4%, ce qui ne rassure pas les professionnels de ce secteur. La complexité des cahiers de charges, la faiblesse des aides gouvernementales et la concurrence d’autres cultures refroidissent l’ardeur de nombreux cultivateurs et éleveurs à passer le cap. L’avenir du bio en Allemagne se joue peut-être là. En attendant, les producteurs étrangers et notamment français peuvent profiter de cette situation pour tenter de vendre leurs produits en République fédérale. À bon entendeur… 

Les raisons du succès

  • Une fibre « écolo » très forte dans le pays
  • Des revenus confortables qui permettent aux consommateurs de s’offrir ces produits souvent plus chers
  • Une forte implication des distributeurs qui proposent une gamme complète de produits certifiés

7,55 Mrds €

Le CA du bio en Allemagne en 2013, à + 7,2% vs 2012

Source : Boelw

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Article extrait
du magazine N° 2319

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