Les alternatives au sucre explosent

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FOCUS Portée par les solutions « naturelles », stévia en tête, l’offre d’alternativesà l’aspartame se multiplie. Sucralose, fructose, sucre allégé, sirops d’agaveou d’érable… Par facilité, la clé d’entrée du rayon reste la marque.

«L’aspartame et ses produits de dégradation sont sûrs pour la consommation humaine aux niveaux actuels d’exposition », a conclu l’Efsa, en décembre 2013. L’Autorité européenne de sécurité des aliments a ainsi mis un terme à des années de controverse, mais cela ne suffira pas à faire remonter la cote de l’aspartame dans l’opinion des consommateurs.

D’autant que, en France, l’offre a été chamboulée depuis l’autorisation par l’Afssa, en 2009, de la stévia. Merisant a été le premier à l’introduire en GMS sous la marque Pure Via, puis progressivement sur Canderel. Parmi les atouts de la stévia, son origine naturelle. Mais avec un inconvénient pour les papilles sensibles : son goût réglissé. Pour l’atténuer, les industriels lui ajoutent des arômes masquants (vanille) ou la mélangent à du sucre, ce qui réduit les calories de moitié par rapport au saccharose seul. C’est ce compromis sucre et stévia qui tire le marché aujourd’hui. De plus, « mélangée au sucre, la stévia peut afficher un prix plus abordable ; pure, elle coûte huit à douze fois plus cher que le sucre ! » constate Marc de Forsanz, directeur marketing de Saint Louis. Les marques historiques y trouvent une légitimité. CristalCo (Daddy) est entré avec Truvia, Saint Louis avec Tutti Free, et Tereos (Béghin Say) avec Ligne sucre & stévia. « Le consommateur est d’abord séduit par une promesse, mais il ne rachètera le produit que si le goût lui plaît », remarque Isabelle Quellier, directrice marketing de Béghin Say.

Un naturel si vendeur

Il existe une autre alternative, artificielle sans calorie, le sucralose, en croissance depuis cinq ans. « Ses propriétés organoleptiques sont proches du sucre, et il convient bien à la pâtisserie », note Marie-Laure Eychenne, directrice marketing de Canderel et Pure Via. Avec 57,5% de part de marché sur ce produit, Canderel a basculé, depuis 2012, la majorité de sa gamme en sucralose, l’aspartame n’est plus vendu qu’en format de 400 comprimés.

Le « naturel » est si vendeur que, dans les magasins diététiques, arrivent moult nouveaux sucres : maltitol, érythritol, tagatose… Dans certains hypers, sirops d’agave et d’érable sont passés du rayon diététique à celui goût sucré , parfois en MDD. Et le sirop d’agave bio Daddy n’est pas anecdotique. « Comme le sucre de canne, l’agave répond à la volonté de consommer naturel, analyse Olivia Pfeiffer, responsable de Truvia et Daddy. La caution de Daddy dans un rayon très fréquenté et le positionnement accessible vont accélérer le recrutement. » Les distributeurs y croient aussi. Carrefour a obtenu l’exclusivité de la version foncée de ce sirop bio. 

La stévia s’impose

En quatre ans, la stévia a généré 28?millions d’euros, soit un tiers du chiffre d’affaires des sucres nutritionnels.

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Article extrait
du magazine N° HSEPICERIE2014

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