Marchés

Les ampoules halogènes font de l'ombre aux fluocompactes

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Évolutions croisées entre les deux principaux segments du marché de l'éclairage, avec d'un côté les fluocompactes qui déclinent et, de l'autre, les halogènes qui sont en plein boum. Explications.

Le grand écart ! À la lecture des chiffres GFK 2011, le marché de l'éclairage a connu des performances contrastées entre ses deux familles reines, les fluocompactes (CFL) d'un côté - avec un chiffre d'affaires en repli de 14,3% versus 2010, à 155,8 M € -, et les halogènes de l'autre - en très nette hausse de 37,8%, à 152,8 M €.

 

Quand le CFL séduisait...

Analyser les raisons du déclin des fluocompactes renvoie à un examen de leur essor passé, entamé en deux phases, à l'automne 2009 et 2010, via l'entrée en vigueur des directives européennes bannissant respectivement la commercialisation des lampes à incandescence de 100 W et 75 W. « Les reports d'achat des consommateurs se sont alors opérés des incandescentes vers les fluocompactes, observe Jacky Brossaud, membre de la division lampes du Syndicat de l'éclairage, le tout appuyé par une campagne médiatique de grande ampleur soutenue par le Grenelle de l'environnement et la convention entre distributeurs et autorité pour la promotion des lampes fluocompactes. » « Les CFL ont pu également compter sur le concours d'EDF, qui a déployé de gros efforts sur le terrain de la communication jusqu'à fin 2010 », poursuit Franck Pochard, directeur commercial chez Megaman. Citons aussi « le phénoménal essor des MDD, aussi bien en largeur qu'en profondeur de gammes, ainsi que les actions promotionnelles en magasins qui ont permis à cette famille de produits d'atteindre un taux d'équipement dans les foyers tout à fait significatif », complète le directeur.

En 2010, renversement de tendance : les CFL montrent leurs premiers signes de déclin. « Les rayons ont commencé à être inondés de multitudes de formes et de design, créant une certaine confusion dans l'esprit des chalands, habitués, jusque-là, à s'équiper en modèles incandescents aux lignes d'une grande simplicité », analyse Delphine Dépont, directrice marketing et communication grand public chez Osram. « La trop longue durée de temps de chauffe de cette technologie et les multiples polémiques médicales ont aussi fini par perturber les consommateurs, poursuit Jacky Brossaud, en dépit de leurs indéniables atouts en matières de qualité de lumière délivrée et d'économie d'énergie. » Sans oublier la durée de vie parfois trompeuse annoncée sur certains étiquetages, « et plus encore sur les familles des MDD », note un industriel du secteur. Autre facteur de déclin des CFL : leur difficulté à intégrer la filière du recyclage en raison de l'intégration dans leur composition d'agents polluants, tel le mercure.

 

L'halogène prend le relais

Fin 2011, les chiffres publiés par GfK sont sans appel : la part des fluocompactes sur le marché des ampoules a atterri au seuil des 38%, soit 7,3 points de moins qu'en 2010. Une dégringolade qui a profité aux halogènes. « Un transfert pur et simple s'est opéré, à partir de début 2011, au niveau des achats entre la famille des CFL et celle des halogènes », se rappelle-t-on à la direction commerciale chez Megaman.

 

« La plus belle des lumières »

Il faut dire que cette technologie présente de nombreux atouts. Au premier rang desquels « son prix, insiste Franck Pochard, qui plus est dans ce contexte de crise, plus proche de celui des modèles à incandescence que la technologie CFL. » « Outre ses formes, identiques à celles des lampes à incandescence, l'ampoule halogène livre un allumage instantané et une excellente qualité de lumière, pour une économie d'énergie, par rapport aux modèles à incandescence, entre 20 et30 % », poursuit Jacky Brossaud. « Un autre avantage des halogènes par rapport aux fluocompactes est de pouvoir fonctionner sur variateur », appuie Delphine Dépont. Et le Syndicat de l'éclairage de compléter : « L'halogène, " la plus belle des lumières ", s'adapte à tous les types de luminaires et sait parfaitement mettre en valeur les couleurs et l'espace. »

Dans ce contexte, l'halogène est-il promis à un avenir doré ? Pas sûr... En effet, une troisième technologie devrait faire prochainement parler d'elle : celle du led. « Il prendra le pas sur l'halogène, c'est incontestable, parie Jacky Brossaud. Et 2016 devrait s'avérer être une étape décisive avec le bannissement des halogènes de la plupart des lampes non classées C en performance énergétique à ce jour. »

 

Le led sous les feux de la rampe

Située à 7,2 % en valeur en 2011, la part de marché des leds (+ 1,2 point par rapport à 2010), « flirte déjà avec la barre des 13 % sur le circuit des GSB, remarque Delphine Dépont, même si sa diffusion reste plus confidentielle dans la grande distribution alimentaire ». Forte d'une durée de vie comprise entre une et trois décennies selon les modèles, pour une consommation d'énergie 90 % inférieure à celle des lampes à incandescence, l'ampoule à leds voit également, depuis plusieurs mois, son prix de vente sensiblement baisser, « à la faveur notamment de la multiplication du nombre d'acteurs sur ce segment de marché », analyse un industriel. « Il y a deux ans, on pouvait se procurer un modèle en 2 W pour 10 €. Aujourd'hui, en déboursant cette même somme, le consommateur peut acheter un modèle jusqu'à 4 W », observe Franck Pochard. Le directeur commercial de Megaman de conclure : « La lampe led reste une technologie nouvelle, qui demande encore à être apprivoisée par le client final. Mais nous parlons bien là de la solution d'avenir. »

L'halogène a la cote

Très en vogue, les ampoules à halogène multiplient les avantages : le prix, un allumage instantané, une excellente qualité de lumière, une économie d'énergie et la durée de vie (deux à trois ans).

Le fluocompact à la peine

Après une phase de forte croissance, portée par l'interdiction des ampoules à incandescence de 100 W et de 75 W, les fluocompactes sont délaissés par les consommateurs.

L'avenir passera par les leds

Megaman concentre une grande part de ses efforts dans la recherche sur le led, qui apparaît aux yeux de nombreux acteurs comme la technologie d'avenir. Cette famille de produits draine aujourd'hui 60 % de son activité. Osram commercialise plus de 60 gammes de lampes dotées de la technologie led.

Les tendances

408,8 M €

Source : GfK

Le marché de l'éclairage a clos l'année 2011 à + 2,1% vs 2010

- 14,3% La technologie CFL a enregistré, en 2011, une chute brutale de ses ventes

+37,8% L'an passé, les ventes de modèles halogènes, plus économiques et moins énergivores, ont explosé

1,2 point Le gain de part de marché de la technologie led en un an, à 7,2% en valeur fin 2011

45,6% La part de la GSB dans les ventes d'éclairage, principal canal de distribution, contre 36,9% pour les hypers et 17,5% pour les supermarchés

 

Législation, les prochaines échéances

Calendrier du bannissement progressif des lampes énergivores

  • 1er septembre 2012 Fin des lampes à incandescence de 25 et 40 W et halogènes supérieures ou égales à 25 W de classes D et E
  • 31 décembre 2012 Fin des modèles supérieurs à 25 W classés E, F et G (uniquement en GSA).
  • 1er septembre 2013 Fin des lampes à culots S14, S15 et S19
  • 1er septembre 2016 fin des lampes claires C (sauf lampes à culots R7s et G9)

Source : Syndicat de l'éclairage

 

L'halogène a la cote

Très en vogue, les ampoules à halogène multiplient les avantages : le prix, un allumage instantané, une excellente qualité de lumière, une économie d'énergie et la durée de vie (deux à trois ans).

Le fluocompact à la peine

Après une phase de forte croissance, portée par l'interdiction des ampoules à incandescence de 100 W et de 75 W, les fluocompactes sont délaissés par les consommateurs.

L'avenir passera par les leds

Megaman concentre une grande part de ses efforts dans la recherche sur le led, qui apparaît aux yeux de nombreux acteurs comme la technologie d'avenir. Cette famille de produits draine aujourd'hui 60 % de son activité. Osram commercialise plus de 60 gammes de lampes dotées de la technologie led.

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