Les Baud organisent leur défense

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affaire - Le fondateur de Franprix et Leader Price s'estime « spolié » par Casino et injustement poursuivi. Un livre sur sa saga entrepreneuriale et un site internet - famille-baud.net - servent de socle à sa défense.

La perplexité. C'est le sentiment qui prévalait à la sortie, jeudi 19 juin, de la première conférence de presse jamais organisée par Jean Baud, le très discret fondateur du groupe qui porte son nom. L'événement n'a pas permis d'en savoir beaucoup plus sur le fond des dix procédures qui l'opposent à son ancien allié Casino qui l'a débarqué lui, ses fils et son gendre de leurs postes de direction début 2007. « C'était une expulsion » pure et simple, accompagnée de menace physique et de harcèlement judiciaire, s'indigne en substance le vieil homme âgé de 89 ans. « Il n'y a pas eu de brutalité, réplique Casino. Après de nombreuses demandes d'explications restées sans réponse pendant plusieurs mois et devant les contre-performances de l'enseigne, il était de notre devoir d'actionnaire majoritaire de mettre un terme aux mandats des Baud. »

Un véritable système

Cette résiliation de contrat fait l'objet d'un examen en tribunal arbitral dont les résultats ne devraient pas être connus avant au moins un an. Elle conditionne, ou non, l'exercice possible par l'une ou l'autre des parties de leur droit à vendre ou à acheter (putt et call) les 5 % d'actions Franprix et 25 % d'actions Leader Price que les Baud possèdent encore.

À cette procédure se sont ajoutées depuis neuf plaintes en pénal. Car, Jean Baud doit répondre à de graves accusations d'abus de biens sociaux et de fraudes portées par Casino. En épluchant les comptes 2006 et 2007 qui leur étaient jusque-là fermés, Casino et ses auditeurs auraient découvert un « véritable système » de surfacturation et de fausses factures évaluées à un montant d'une quarantaine de millions d'euros, mais aussi des pratiques sociales coupables, comme la perception de la participation des salariés de Baud SA par Jean Baud, ses fils et son gendre alors même qu'ils étaient mandataires sociaux. « Nous n'avons jamais eu ni parachute doré, ni stock option, s'est défendu Jean Baud, et je ne me payais qu'un salaire de 12 000 E par mois », oubliant au passage ses rémunérations au titre des autres sociétés du groupe et ses très confortables dividendes d'actionnaires. La justice tranchera.

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Article extrait
du magazine N° 2051

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