Les bazars discount résistent bien à la crise

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POSITIONNEMENT - Un choix large et des petits prix, le modèle économique développé par les enseignes spécialisées dans le bazar leur permet de traverser la crise sans trop d'encombres. Les deux poids lourds du marché, GiFi et Foir'Fouille, continuent de croître.

Foir'Fouille affiche une progression de 4 % de ses ventes cette année, le numéro un, GiFi, vient d'annoncer une hausse de 3,1 % pour l'exercice 2007-2008. Sans être explosifs, les scores des rois du bazar sont très honorables. Mieux, sur le seul second semestre, le chiffre d'affaires de GiFi a bondi de 12,3 % ! Un succès que le spécialiste numéro un du bazar doit pour beaucoup à la diminution des stocks qu'il avait engrangés il y a quelques mois pour profiter de l'euro fort.

Une politique d'achat optimisée

Pour l'instant, l'opération lui a réussi, car si les stocks ont diminué, c'est bien qu'il y a eu des clients pour acheter les produits. « Une politique d'achats et de communication se prépare des mois à l'avance. Aujourd'hui, nous récoltons le fruit de notre travail, malgré un contexte difficile qui ne nous permet aucune erreur d'achat », se félicite Philippe Ginestet, PDG du groupe.

Outre une optimisation de sa politique d'achat, via un accroissement des approvisionnements gérés par sa filiale en Asie, c'est aussi la réévaluation de sa stratégie prix qui explique ses performances. Alors que, en 2006, le prix moyen d'un produit chez GiFi était de 3 E, il est passé à 6 E cette année. Cette tactique confirme le virage amorcé depuis quelques années par ce groupe, à l'origine soldeur sur un positionnement de spécialiste des premiers prix. Alors que les références à moins de 5 E représentaient 82 % de son assortiment en 2006, elles n'en constituent plus que 76 %. Revers de la médaille, la fréquentation des magasins GiFi a faibli en 2008. « La notoriété et le concept du groupe ont été bâtis sur les articles à bas prix, et je trouve un peu dangereux que GiFi tente d'en sortir. Il n'y a rien de dramatique pour l'instant, mais le risque en termes d'image existe, il ne faudrait pas que l'évolution de l'offre vers des prix plus élevés soit durable et importante », remarque un analyste financier. Foir'Fouille n'a pas effectué les mêmes choix tactiques, ses performances n'en sont pas moins probantes. Ces bonnes dispositions se sont confirmées récemment : les ventes ont progressé de 5 % en octobre et de 4 % en novembre, qui comptait un week-end supplémentaire cette année. « Nous avons eu quelques craintes les premiers jours de décembre, car les ventes étaient un peu lentes, mais elles se sont accélérées depuis », précise Éric Chapus, directeur du développement de Foir'Fouille.

À l'inverse de GiFi, Foir'Fouille a glissé de la solderie vers le discount et maintient ce positionnement. « Nous n'avons pas modifié notre politique de prix, nous proposons toujours des produits à 1 E comme à 5 E », reprend Éric Chapus. À l'avantage de Foir'Fouille, le taux de fréquentation de ses magasins a augmenté. « En 2009, je pense que notre chiffre d'affaires dépassera 450 millions d'euros. Nous sommes très confiants, car le concept de bazar discount répond à une vraie attente des clients en cette période de crise. » Un optimisme rare à l'approche des fêtes.

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Article extrait
du magazine N° 2071

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