Les boissons sans alcool s'ancrent dans le développement durable

Les boissons sans alcool s'ancrent dans le développement durable

Dossier Recherche de nouveaux emballages, poursuite de la réduction du poids des bouteilles, création de filières d'approvisionnements en France.... Les industriels des boissons se démènent pour être irréprochables en termes de développement durable.

bouteille d'eau
bouteille d'eau © DR

Le développement durable s'est peu invité dans la campagne présidentielle. Dommage, car il continue d'être un élément majeur de la stratégie des acteurs de l'économie. Pour les aspects « bon pour la planète » et citoyen, bien sûr, mais aussi pour les économies substantielles générées par les réductions d'emballages et autres efforts logistiques, pour ce qui concerne les boissons. Des économies qui tentent de compenser les inquiétantes hausses des prix des matières premières. « C'est un enjeu majeur et de longue haleine, assure Manuel Machado, directeur de l'unité de production Antartic (Groupement des Mousquetaires). Nous nous en préoccupons depuis 2005 car, en tant que producteur d'eau de source, nous devons préserver notre ressource. Depuis, nous ne cessons de faire des efforts. » Ainsi, les bouteilles d'eau de 1,5 litre produites par Antartic sont passées de 32 à 25 grammes de PET en dix ans, et la quantité d'eau utilisée pour un litre de produit fini est passée de 3,5 à 2 litres sur l'ensemble de la gamme. Et les chantiers sont loin d'être terminés. Ainsi, Coca-Cola Entreprises (CCE) vient d'entamer une nouvelle phase. « En 2011, nous nous sommes fixé un nouvel objectif, celui de réduire d'un tiers notre empreinte environnementale d'ici à 2020, explique Arnaud Rolland, responsable développement durable de CCE. À ce jour, une bouteille de 1,5 litre, le standard retenu pour l'affichage environnemental, émet 35 grammes de CO2 pour 100 millilitres. » De son côté, Orangina Schweppes France, qui a économisé 4 000 tonnes de matériaux par an depuis 2006, innove « durable » comme, en 2012, en lançant Pampryl Envie avec des bouteilles composées à 50% de R-PET (PET recyclé). « La dimension environnementale fait partie intégrante de notre politique d'innovation, témoigne Élodie Delplace, directrice du développement. Globalement, nos actions en faveur de l'environnement tournent autour de trois axes : l'optimisation de nos emballages, l'origine de nos fruits et la protection de nos ressources en eau. »

 

31% des contenants boissons en PET

De fait, l'optimisation des emballages reste le chantier sur lequel les acteurs font le plus d'efforts. En réduisant le poids des bouteilles, en incorporant du R-PET et, dans quelque temps, en lançant des bouteilles en PET à 100% d'origine végétale. Les acteurs américains PepsiCo et Coca-Cola recherchent activement la bonne formule, celle qui protégera aussi bien le contenu que le PET classique. Déjà, Volvic et Coca-Cola intègrent un peu de PET issu de mélasse de canne à sucre dans certains formats de bouteilles. Sous toutes ses formes, le PET est le matériau le plus largement utilisé dans les contenants de boissons : 31% au niveau mondial, selon Sidel. L'acier (22% des emballages boissons) n'est pas en reste. « En 2011, nous avons diminué de 17% le poids d'acier de nos formats 1,5 litre, ce qui nous a permis d'économiser 40 tonnes d'acier sur l'année », assure Jean-François Hettler, directeur marketing de Britvic, gros utilisateur d'acier pour ses bidons de sirops Teisseire.

Comme le PET, l'acier se recycle. Sauf qu'on le sait peu. « Nous nous en sommes rendu compte au cours d'une étude consommateurs. En 2012, nous avons ajouté le pictogramme " Donnez une deuxième vie à ce bidon " sur nos packagings », poursuit Jean-François Hettler. Car un autre enjeu, commun à tous les industriels, est bien d'inciter les consommateurs à mieux trier leurs emballages, la seule manière d'obtenir suffisamment de matériaux recyclés.

 

Filière française

À ce jour, 51% des bouteilles en PET sont recyclées. Un taux à augmenter pour éviter la pénurie de R-PET. « Au fur et à mesure que nous renouvelons nos emballages, nous apposons un logo d'incitation au tri, explique Jean-Raphaël Hétier, directeur commercial GMS et développement durable de PepsiCo France. Nous travaillons aussi beaucoup cette question en hors-domicile, dans les universités notamment. »

Du côté du contenu, les produits cultivés « près de chez vous » ont la cote. Mais, jusque-là, les Français ignoraient que, à 90%, leur jus de pomme provient des vergers du Val de Loire ou de Normandie. Alors, la filière « pomme » s'est organisée pour créer le logo « 100% pommes de France », à apposer sur l'emballage. Les consommateurs disent même qu'ils sont prêts à payer un petit surplus pour un jus de pomme français. Alors, si le développement durable rime avec valorisation des produits, tous les espoirs sont permis.

LES AXES DE TRAVAIL

  • Réduction du poids des emballages 
  • Utilisation du R-PET et/ou du PET d'origine végétale
  • Sensibilisation des consommateurs au tri - Optimisation de la logistique
  • Création de filières plus locales pour les jus de fruits

 

UNE DÉMARCHE NÉCESSAIRE FACE À L'ENVOLÉE DU PRIX DES MATIÈRES PREMIÈRES

Augmentation, en %, des prix des jus de fruits, des emballages et de l'énergie entre le 1er janvier 2009 et le 1er janvier 2012

Source : Unijus

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Article extrait
du magazine N° 2226

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